En ce moment, le site Loom a des airs de magasin soviétique et (bien naturellement) vous vous demandez pourquoi il y a autant de produits en rupture de stock.

Non, on n’est pas en train de mettre la clef sous la porte. Ni de pousser la logique du “moins mais mieux” jusqu’à n’avoir plus que trois produits en vente. En fait, on a été un peu dévalisés avant l’été… et on voudrait vous expliquer pourquoi le réassort nous prend autant de @&#$! de temps.

1/ Le temps de faire mieux

Chez Loom, on a une petite particularité : avant de relancer une production, on demande à tous ceux qui ont acheté le produit ce qu’on pourrait améliorer. Et puis on re-travaille pour que la V2 soit encore meilleure que la V1. Ça demande parfois de faire 1, 2, 3 ou 10 prototypes avant d’arriver à un résultat satisfaisant. Et ça, ça peut prendre entre 15 jours (si on change juste le zip par exemple) et 6 mois (si on change carrément de tissu, de coupe ou de fournisseurs).

2/ Le temps de chercher

Changer de fournisseur : parfois, c’est indispensable. Mais c’est aussi super compliqué : trouver une bonne usine, quand on fait des vêtements, c’est le nerf de la guerre. Et la plupart des marques gardent jalousement leurs secrets d’approvisionnement. Certains interdisent même à leurs fournisseurs de divulguer qu’ils travaillent ensemble…

Ce qui nous complique encore plus la tâche ? C’est qu’on ne demande pas aux usines la même chose que les autres marques. D’abord, on veut des vêtements qui durent longtemps. Mais quand on pose des questions sur la qualité de la fabrication, dans 95% des cas, on nous regarde avec des yeux ronds : les marques se bornent souvent à se renseigner sur les prix, les délais ou les nouveautés…

En plus de ça, on est vigilant sur l’impact environnemental et social de la fabrication. Ça veut dire être attentif aux matières premières utilisées, par exemple en évitant les fibres synthétiques, premières responsables de la plastification des océans. On s’interdit aussi de travailler dans des pays dont la législation du travail n’est pas assez protectrice.

Vous imaginez bien que ces convictions ne nous font pas gagner du temps.

3/ Le temps de tester

Une fois qu’on a trouvé les bons fournisseurs, il faut encore évaluer la qualité de leur boulot. Jusqu’à maintenant, on testait la durabilité de nos produits dans des laboratoires indépendants, mais on s’est rendu compte que parfois, ceux-ci passaient à côté de trucs importants. Par exemple, notre première ceinture obtenait d’excellentes notes aux tests de traction du cuir et d’oxydation de la boucle, mais les deux épaisseurs se décollaient à l’usure. Depuis cet été, on a donc décidé de tester les produits sur nos propres machines. On leur fait passer des dizaines de cycles de lavage/séchage, et on mesure à chaque fois le rétrécissement, le boulochage, l’altération des couleurs et tous les autres petits trucs qui marquent l’usure d’un vêtement. En plus, on a développé nos propres systèmes de notations, en comparant nos produits avec les autres sur le marché. Ça nous prend bien sûr un temps de dingue, mais c’est la seule manière d’être sûrs de la durabilité de nos vêtements.

On a toujours été convaincu que pour bien faire, il faut prendre le temps et on est d’accord pour ne quasiment rien vendre pendant cette durée. Pour qu’à l’heure où on mettra notre prochain produit en vente, on ait tout fait pour qu’il dure le plus longtemps possible.

 

 

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