Cette ceinture vous survivra

 Rome ne s’est pas faite en un jour et on n’a pas réussi à faire une ceinture vraiment résistante du premier coup. Ni du deuxième. On vous raconte dans cet article toutes nos péripéties pour finalement faire une ceinture qui vous survivra.

Le problème de nos précédentes ceintures

La première génération de notre ceinture, on l’a sortie en 2016 et on pensait vraiment avoir tout bien fait : cuir italien pleine fleur à tannage végétal, boucle italienne en Zamak (un alliage très solide de zinc, d’aluminium, de magnésium et de cuivre), fabriquée en Bretagne. C’est en demandant aux personnes qui l’avaient achetée ce qu’on pouvait améliorer qu’on est redescendu sur terre : sur certaines pièces, le cuir de notre ceinture se décollait au milieu.

ceinture se décolle

Quelques images du problème de décollement de notre ceinture première génération

Bien entendu, on a remboursé/offert une nouvelle ceinture à toutes les personnes qui nous ont remonté ce problème. On a aussi arrêté de la vendre jusqu’à l’avoir « réparée », en rajoutant une surpiqûre qui empêche le décollement.

loom ceinture génération 1 couture
La couture sur les bords de la ceinture évite qu’elle ne se décolle. 

Cela nous a permis de limiter la casse mais au final cette histoire nous a coûté cher :

  • Économiquement : notre fabricant n’a pas voulu reconnaître sa responsabilité (et donc ne nous a pas rendu un sou). Bref, on a perdu de l’argent.
  • En termes d’image : on vous laisse imaginer ce que les clients ont pensé de nous en voyant leur ceinture s’ouvrir en deux.
ceintures mécontent
Note de 3,9/5 et 30% des gens qui pensent que notre ceinture n’est pas résistante : les ingrédients d’une dépression pour l’équipe Loom.

C’est aussi à cette époque qu’on a compris 2 choses. 1/ on ne peut pas faire aveuglément confiance à nos fournisseurs. 2/ les tests (en laboratoire et en conditions réelles), c’est vraiment hyper important. À partir de cette mésaventure, on a mis en place un process de tests et de contrôles qualité systématiques, process qu’on continue à améliorer chaque jour. 

Bref, un an plus tard, en 2017, pour le développement de la deuxième génération de notre ceinture, on pensait VRAIMENT avoir tout fait comme il faut : cuir pleine fleur à tannage végétal, boucle en Zamak, rivets métalliques, made in France, et une seule couche de cuir pour éviter tout décollement. Ah et aussi, on avait fait tester la résistance du cuir en labo et les résultats étaient tellement bons qu’on s’est dit : cette fois c’est la bonne, cette ceinture, on peut la garantir 10 ans.

newsletter ceinture v2
La newsletter qu’on a envoyée en novembre 2017 pour annoncer la sortie de la deuxième génération de notre ceinture.

A ce jour, personne n’a encore fait jouer sa garantie : la deuxième génération de notre ceinture tient bien le coup. Et la note que lui donnent les clients est tout à fait honorable :

loom ceinture résistante notes
Note donnée par les clients après 2,5 ans d’utilisation.

Sauf que quelques mois après le lancement de cette ceinture : 

email guillaume

loom ceinture boucle zamak
Erreur, Sherlock Guillholmes : il s’agissait de la boucle en Zamak, dans la veranda, avec le chandelier.

Là encore, on demande des explications à notre usine, qui nous adresse cette réponse :

email fournisseur 1
Si une ceinture qui subit des frottements est une ceinture mal utilisée, on se demande comment il faudrait la porter…

Il était donc temps de :

1- Changer d’usine.

2- Se mettre en quête d’une boucle vraiment inusable.

À la recherche de la boucle inusable

Cette nouvelle recherche, elle a commencé en août 2018 et a duré un an. On a posé des questions à une dizaine de fournisseurs sur ce qui fait la durabilité des boucles sans jamais trouver d’explications satisfaisantes. Certains nous parlaient du Zamak comme le top de la qualité, d’autres nous vantaient le laiton comme étant le plus résistant, d’autres encore nous affirmaient que c’était pareil. Bref, impossible de démêler le vrai du faux. On était un peu en train de lâcher l’affaire quand soudain :

email anne

Cette cliente Anne s’est révélée être une mine d’or d’informations :

email anne 2

En deux heures au téléphone avec elle, on venait de comprendre ce qu’on avait passé un an à chercher : une boucle qui résiste, ce n’est ni une boucle en Zamak ni en laiton : c’est une boucle en acier inoxydable (inox pour les intimes).

L’explication scientifique : le Zamak ou le laiton s’oxydent avec le temps et ternissent. On doit donc y ajouter une finition, comme par exemple un plaquage de nickel qui donne une couleur argentée et une protection contre l’oxydation. Par-dessus cela, on rajoute un vernis à cause des potentielles allergies au nickel. Mais si cette finition est un tout petit peu attaquée par des chocs, des frottements ou la transpiration de nos mains, l’oxygène de l’air entre en contact avec le métal en-dessous et l’oxydation commence.

boucle zamak oxydation
Un exemple assez costaud d’oxydation.

Mais l’acier, lui, est inoxydable : pas besoin d’appliquer de finition. C’est le métal brut qui est moulé à la forme de la boucle, puis poli – aucun risque d’avoir une finition qui s’écaille. Et pour éviter tout risque de réactions allergiques, on a choisi de l’acier inoxydable qualité 316L (le même qui est utilisé pour les montres haut de gamme).

Ça c’est pour la théorie. Mais comme vous l’avez compris, maintenant on préfère vérifier systématiquement par nous-mêmes. On a lancé un test de quatre boucles différents en vieillissement accéléré en laboratoire : une en acier, une en laiton, une en Zamak d’une marque dite “haut de gamme” et notre ancienne boucle en Zamak.

test ceinture loom
La machine de torture pour tester nos boucles

Les résultats confirment ce que nous a dit Anne : la boucle en acier ne bouge pas quand toutes les autres sont détériorées par les frottements et le temps. 

tests boucles ceintures loom

Bref, cette boucle, vous pourrez la transmettre à vos enfants et à vos petits enfants.

Mais alors pourquoi toutes les marques ne font-elles pas des ceintures avec des boucles en acier ?

  • Parce qu’elles ne savent pas que c’est mieux ? Maintenant, plus d’excuse.
  • Parce que la plupart des fournisseurs n’en proposent pas ? C’est vrai qu’il faut demander un développement spécial (et donc supporter les coûts qui y sont liés).
  • Parce que c’est bien plus cher ? La vraie réponse elle est là : une boucle en Zamak coûte environ 1,50€, une boucle en acier…cinq fois plus, soit 7€. L’immense majorité des marques n’est pas prête à payer 5 fois plus cher leur boucle., même si cela permet d’allonger énormément (voire éternellement) la durée de vie d’une ceinture.

À la recherche d’une nouvelle usine

Une fois la bonne boucle en poche, il fallait trouver un partenaire de confiance pour monter cette ceinture. On a contacté plusieurs ateliers en France, au Portugal et en Espagne et puis en discutant avec Atelier Joly (les fabricants de nos chaussettes)…

email atelier joly
OOOOh Xaxa(vier)

Deuxième fois qu’on travaille avec un fournisseur de la région de Castres et deuxième coup de coeur : Xavier est effectivement sympa, bosseur et il a le goût des finitions soignées. C’est lui qui nous a suggéré un montage qui permette de changer la lanière de cuir facilement et de réutiliser la boucle à l’infini. 

ceinture loom montage
Il suffit de dévisser le rivet métallique pour raccourcir la ceinture ou changer la bande en cuir.

À la recherche du bon cuir

Il ne nous restait qu’à trouver un bon cuir. Et pour ça, on n’a pas été très loin : on a repris le même que nos ceintures précédentes, qui avait reçu des super notes, aussi bien de la part des clients que des tests labos.

On a tout à fait conscience que le cuir est une matière controversée, surtout pour les marques éco-responsables. On avait déjà essayer de comprendre les dessous de cette industrie avant de lancer nos baskets en cuir – notre (long) article est disponible ici. C’est une des questions les plus difficiles qu’on ait jamais eu à traiter, car elle demande de prendre en compte quatre facteurs parfois contradictoires : notre confort, le bien-être animal, la pollution environnementale et la question sociale. Pour nos baskets, nous avions conclu que – pour l’instant – le choix du cuir animal était préférable.

Pour notre ceinture, notre conclusion est similaire. 

D’abord, le cuir apporte un confort que les matières synthétiques peuvent difficilement atteindre : c’est une matière vivante qui change de forme pour épouser la courbure de votre taille sans craqueler ni s’abîmer.

evolution ceinture cuir
C’est cette courbure qui est la preuve du confort et de la résistance d’un cuir.

D’autre part, si le cuir est bien entretenu et que la boucle est solide, une ceinture peut tenir plusieurs décennies. Surtout si on choisit du cuir “pleine fleur”, la partie la plus solide de la peau d’une bête – là où la densité de fibres est la plus forte.

Et pour minimiser ses impacts négatifs en termes d’écologie et de bien-être animal, nous nous sommes imposés les contraintes suivantes :

  1. Il faut que la tannerie soit située en Europe car la loi l’oblige à protéger la santé de ses salariés et à traiter ses eaux polluées : on travaille donc avec Lo Stivale, une tannerie italienne réputée.
  2. Il faut que les peaux viennent d’Europe, là où les pratiques sont a priori plus respectueuses du bien-être animal et beaucoup moins polluantes que celui des autres continents : les nôtres proviennent d’élevages situés en Bretagne.
  3. Il faut si possible choisir du tannage végétal : c’est plus écologique et surtout, ça fait que le cuir se “patine” avec le temps – au fur et à mesure des années, les griffures ou éraflures marqueront un peu le cuir et sa couleur va se foncer. Ce n’est pas un signe de manque de qualité, au contraire : le temps qui passe va donner une personnalité unique à cette ceinture.

Voici comment elle vieillira

Récemment, on a demandé à nos clients de nous envoyer des photos de leur ceinture Loom qu’ils portent depuis deux ans et demi, pour avoir une idée plus précise de comment le cuir de notre ceinture vieillit, et voici le résultat :

ceinture deux ans
2 ans et demi d’utilisation plus tard.

Vous pouvez remarquer que le cuir est marqué à l’endroit où appuie la boucle. 

La seule solution pour atténuer ce marquage, ça serait de fabriquer une ceinture en trois couches : un « sandwich » avec deux bandes de cuir et au milieu une matière plastique plus solide. Mais c’est précisément ce qu’on avait fait pour la première génération de notre ceinture et vous imaginez bien qu’il est hors de question de prendre le risque que ça se décolle à nouveau. Autre option : assembler le sandwich non pas avec de la colle mais avec des coutures : c’est sûr que ça tiendra plus longtemps mais une couture c’est une zone de fragilité : il suffit qu’un bout du fil saute et toute la ceinture est ruinée (et aussi, on est moins fans de l’aspect esthétique). Donc on a choisi d’accepter ce problème somme toute mineur.

Mais pour que vous vous fassiez votre propre idée, voilà d’autres images de ceinture Loom portée pendant plusieurs années :

evolution du cuir

Et voici ce qu’en disent les personnes qui la portent depuis plus de 2 ans :

ceinture loom avis clients

Les limites de notre ceinture

Même si c’est déjà la troisième génération de cette ceinture, elle n’est toujours pas parfaite. Il y a notamment deux choses sur lesquelles on doit s’améliorer :

  • La boucle est fabriquée en Chine. On essaye de pousser notre fournisseur (français) à trouver une solution pour la produire plus localement (mais il nous dit qu’on obtiendra pas la même qualité) et on cherche en parallèle d’autres fournisseurs qui produisent en Europe et dont on peut aller visiter les usines.
  • Notre packaging : avant, notre ceinture était emballée dans une belle boite en carton… fabriquée en Chine. On a voulu trouver la même boite mais made in France… mais ça coûtait 3€ (si vous suivez, c’est 2 fois le prix d’une boucle en Zamak made in Italie). En attendant de trouver un packaging éthique mais plus abordable, on a donc opté pour la solution que nous a proposé Xavier : des pochons en tissu transparent fabriqués en Roumanie, qu’il utilise pour ses autres clients.

Et voilà le travail

loom ceinture résistante
Elle est pas belle cette ceinture 3e génération ?

Même si le chemin a été tortueux pour sortir la 3ème génération de cette ceinture, on est vraiment contents du résultat : pour la deuxième fois, on a réussi à faire un produit made in France de bien meilleure qualité que ce qui se trouve sur le marché, même chez les marques haut de gamme. Pour y arriver, on n’a pas essayé de rogner sur les coûts (parce qu’on sait que souvent, ça diminue la qualité ou l’éthique) : étant donnés tous les choix qu’on a décrit plus haut, cette ceinture coûte 50% plus cher à produire que la précédente génération : 20,80€ au lieu de 13,50€. On a fait nos calculs et on a décidé de la vendre 55€ : c’est vraiment un rapport qualité-prix imbattable pour nos clients et clientes et nous, ça nous laisse une marge raisonnable pour vivre.

>> Voir la ceinture <<

 

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44 commentaires

  1. Tres interessant je viens de commander 8 t shirts pour les mon frere mon pere et moi et je vais me laisser tenter par une ceinture loom. Je vous suivrai ou que vous irez ! Continuez ainsi

  2. Je lis vos articles avec plaisir. Je n’ achèterai la ceinture que quand vous arriverez a la produire 💯 en Europe.
    La Chine c’est vraiment plus possible…

    1. Ce qui veut dire que vous vous passez de ceinture pour l’instant vu que personne n’est capable d’en fabriquer sans passer par la Chine ?

  3. Bravo pour la démarche qui tranche par rapport à ce que l’on voit d ‘habitude, juste vendre sans se soucier de la qualité et de la durabilité du produit. Je vous souhaite pleine réussite.
    Joachim YEME

  4. Comme d’hab, top cette ceinture. C’est la prochaine que je me prends dès que nécessaire (celle que j’ai actuellement n’est pas Loom… elle ne va pas durer) ! Est-ce que vous envisagez de vendre la ceinture sans la boucle un jour (pour ceux qui voudront réutiliser leur boucle à la fin de la vie de la ceinture) ?

    1. Hello Maxime, merci pour le soutien. Et oui, on voudrait vendre la lanière séparément un jour, et plein d’autres trucs pour allonger la durée de vie des vêtements Loom. Bon on est loin d’être prêt mais c’est dans notre agenda 😉

  5. Merci pour cet article hyper complet et hyper transparent.
    C’est rare de vouloir faire à ce point des vêtements increvables !
    Je rebondis sur cette phrase « L’immense majorité des marques n’est pas prête à payer 5 fois plus cher leur boucle., même si cela permet d’allonger énormément (voire éternellement) la durée de vie d’une ceinture » > l’immense majorité des marques ne sont pas prêtes à vendre des vêtements qui ne s’usent pas. C’est aux antipodes de la fast fashion. « Pourquoi s’embêter à faire une accessoire qui dure alors que mon client peut racheter ce même accessoire 1 an plus tard ? » 🙂
    Longue vie à vous

    1. Bonjour JG,
      c’est vrai même si je pense personnellement que cela est en train de changer : depuis quelques années, nous sommes plusieurs marques à revendiquer la durabilité des produits comme caractéristique essentielle et les « gros » sentent le vent tourner, ils ne devraient pas mettre longtemps à tous s’y mettre. Regardez Uniqlo par exemple : leur succès vient de la qualité de leur vêtements. En réalité, je pense que toutes les marques sont d’accord pour faire des produits qui durent longtemps, et qu’avec un peu d’énergie, elles peuvent apprendre à le faire. Par contre ce qui est sûr, c’est que toutes les marques ne sont pas prêtes à en payer le prix.
      Bonne journée et longue vie à vous aussi !

      Julia

  6. Bonjour LOOM, merci pour cet article plein de détails !
    J’ai actuellement une ceinture achetée par correspondance sur un gros catalogue et j’adore son système de fermeture (pas le taquet qui se glisse dans le trou de la ceinture : la « boucle » a un taquet en dessous qui vient s’enfoncer dans les trous de la ceinture). Ça change des autres fermetures… Et c’est juste pour vous titiller un peu maintenant que vous avez trouvé la boucle parfaite !
    Bref, la votre est superbe et très recherchée mais j’attendrais que la mienne dont le cuir est encore en très bon état me lâche…
    Et je suis contente de voir que vous n’avez pas prévu une ceinture trop large ! Rien de pire qu’une ceinture qui ne passe pas dans les passants des jeans féminins (si, si, promis ça existe !)
    Bonne continuation !

    1. Hello Emi, franchement c’est super ce genre de titillement. Est-ce que vous pouvez nous envoyer une photo de cette boucle sur hello@loom.fr ?
      Et bravo de ne pas céder aux sirènes de la consommation : notre ceinture sera encore là dans 1, 2, 5 ans, le jour où la votre vous lachera.

      Bonne journée !

  7. Bravo pour la clarté de vos articles et votre travail d’amélioration continue. J’ai déjà une ceinture (Levis) très vieille et très robuste. Mais si un jour elle me lâche je payerai 53€ avec plaisir. Je pense que ça peut même valoir plus pour une telle durabilité.

  8. Pour info (mais vous le saviez peut-être déjà) l’inox 316L est aussi utilisé pour la fabrication des instruments chirurgicaux, qui sont amenés à être stérilisés plusieurs fois à la vapeur. C’est donc un très bon choix pour éviter l’oxydation. Il ne reste plus qu’à trouver des fabricants un peu plus près d’ici. Bon courage et bravo pour ce que vous faites et votre transparence.

  9. Bravo pour votre transparence, votre honnêteté et pour votre persévérance dans l’engagement envers des valeurs plus saines. Je suis votre marque de près. Comme Philippe, je suis convaincu que ne plus produire en Chine est indispensable. Je suis sûr que vous trouverez tout dans l’UE et peut-être même en France. J’espère que votre emballage « organza » est 100% en soie (des soieries existent d’ailleurs en France).
    La pliure est très marquée sur certaines photos, je suis étonné qu’après 2 ans ce soit possible. Des trous plus rapprochés permettraient peut-être de meilleurs ajustements avec moins de tensions, et la ceinture s’ajusteraient plus facilement aux variations de tour de taille ?

    1. Bonjour Yoan et merci pour vos encouragements.
      Nous sommes aussi convaincus que produire plus localement est indispensable, mais nous savons aussi que pour ça, il faut que des entreprises existent localement et dans le textile, bien souvent, ce n’est plus le cas. Par exemple, il n’y a plus de filature de lin en France alors que la France est le premier producteur (heureusement, il y a 2 projets de relocalisation de filature qui se mettent en place). Donc nous avons 2 options : ne pas sortir notre produit tant qu’il n’est pas 100% parfait, ou bien accepter ses défauts, les mettre au grand jour et travailler à les améliorer. Nous avons choisi l’option 2 car 1) on n’est pas assez riche pour se permettre d’attendre éternellement ou pour relocaliser nous-même toute une industrie textile 2) le produit parfait n’existe pas, il y a toujours qqchose à améliorer. Mais je pense aussi que, pour le cas de la boucle, on trouvera en Europe à terme. Cela se ressentira bien sûr sur le prix de la ceinture.
      Non, notre emballage n’est pas 100% soie. Juste pour que vous ayez une idée, un pochon en 100% coton fabriqué en France coûte 5€, la soie c’est bcp bcp plus cher, je pense que le pochon de soie made in France est à peu près au prix de revient de notre ceinture. Et je suppose que nos clients et clientes ne sont pas prêt à payer ce prix, juste pour un emballage. En fait, la soie c’est un produit de luxe et nous ne sommes pas une marque de luxe : bref, nos packaging ne sont pas dans cette matière.
      Enfin pour la pliure, je ne crois pas que cela soit lié à une tension. Comme expliqué dans l’article « La seule solution pour atténuer ce marquage, ça serait de fabriquer une ceinture en trois couches : un « sandwich » avec deux bandes de cuir et au milieu une matière plastique plus solide. Mais c’est précisément ce qu’on avait fait pour la première génération de notre ceinture et vous imaginez bien qu’il est hors de question de prendre le risque que ça se décolle à nouveau. « . Mais nous discutons avec divers experts en la matière, peut-être que nous trouverons une solution un jour, qui sait^^
      Bonne journée !
      Julia

  10. Super article sur les coulisses, et merci pour la transparence.
    J’aimerai vous soutenir en la commandant mais comme Philippe qui commente plus haut : « la Chine, c’est vraiment plus possible ».
    Allez, courage, vous y etes presque !

    1. Bonjour Benoit,
      « J’aimerai vous soutenir en la commandant » => c’est très sympa de votre part mais on ne vous encourage pas à le faire. Même pour soutenir des projets cool, on vous déconseille d’acheter des produits dont vous n’avez pas l’usage. Achetez nos vêtements seulement si vous en avez besoin, la planète vous en sera reconnaissante ^^.
      « la Chine, c’est vraiment plus possible »=> c’est un engagement très noble. Pour ma part, je me rend compte qu’il est presque impossible d’acheter des objets dont aucun élément ne provient de Chine (la crise du covid nous l’a bien montré)…sauf à ne rien acheter, ce qui me semble être un bon choix de vie. Mais comment vous faites quand vous avez vraiment besoin d’un produit ? par exemple, j’ai cherché une gourde en inox made in Europe et je n’ai pas trouvé. J’aurai pu attendre que l’industrie relocalise mais j’avais vraiment besoin d’une gourde donc…

      Allez courage à vous aussi !
      Julia

  11. Hello Loom,
    Merci pour votre transparence et votre engagement 😉
    Je rebondis sur le packaging. Dans une démarche éco-responsable qu’est la vôtre, pourquoi ne pas simplement supprimer ce packaging ?
    Réduction de matière (que je considère inutile) = moins de déchets.
    Réduction du coût = amélioration de votre marge pour continuer de vous développer et de nous apporter des produits encore plus élaborés.
    Réduction du poids du colis = moins de consommation d’énergie pour le transport.

    Bravo pour la ceinture 😉
    Je vous souhaite une belle et longue vie.

    1. Bonjour Thomas,

      alors on voulait faire ça au début, mais du coup la ceinture risque de marquer pendant le transport. Et donc, certains clients risquent de nous la renvoyer parce qu’elle n’est pas impeccable. Du coup : taux de retour élevé + ceintures un peu marquées impossibles à vendre en ligne => gros gâchis. Donc dans ce cas, un petit packaging c’est plus écolo.

      Bonne journée !

  12. Coucou,
    Je suis Loom depuis longtemps et testerais surement la ceinture, mais voici quelques remarques:
    Depuis 1 ans et demi, je mets tout les jours une ceinture Smart Belt (la v2 sortie sur kickstarter), la v3 est en ce moment ici : https://www.kickstarter.com/projects/1410511531/smart-belt-ultimate?ref=7n140r

    1. On a 2 couches de cuire avec du kevlar au milieu. Je n’ai aucun décollement des cuirs. La forme a évoluer, cf la photo de courbure que vous avez mis, mais c’est tout.
    2. La ceinture utilise des crans, pas une boucle classique avec un morceau en metal qui transperce la ceinture. Le cuir n’est donc pas marqué, et c’est super pratique pour ajuster la taille en fonction de la journée (vraiment super pratique)
    3. 2 couches de vernis sur ma boucle, et à force, le vernis s’enlève. Sur ce point j’espère que ça sera mieux chez vous. La v3 de la ceinture Smart Belt a une couche de plus mais bon… c’est pas une vrai solution. Pensais aussi à tester des choses plus inhabituelle: la transpiration par exemple, des ventres qui débordes et frottes sur la boucle une fois assis, c’est peut-être un teste que vous avez déjà fait ?

    J’attends le caleçon avec impatience !

    1. C’est vrai qu’elle est bien cette ceinture Kickstarter et merci de votre retour éclairé (sur la boucle notamment) ! On ne l’avait pas vu passer. On trouve le côté Kevlar intéressant si ça peut renforcer la solidité et la boucle est maline si ça évite de marquer ! Mais pour être franc, cette ceinture ne correspond pas trop à notre philosophie « moins mais mieux » : le fait de pouvoir régler la boucle au fur et à mesure de la journée a certes une utilité, mais ça veut aussi dire que ça consomme plus de matière et d’énergie lors de la fabrication et que ça crée de la fragilité long terme pour un confort un peu marginal 🙂

  13. Je vous félicite de commenter toutes les étapes de votre travail de conception et surtout d’être aussi transparent sur vos choix, vos fournisseurs, les coûts d’achats, les erreurs. C’est rare et c’est rassurant.
    Je vous suis depuis longtemps et toute votre démarche fait du bien. Je vais utiliser mon pouvoir de consommer mais de manière intelligente.
    Corinne

  14. Super article! On en a marre des produits chinois, ne lâchez pas l’affaire on est beaucoup à etre pret a payer un peu plus cher (pour ne pas avoir a acheter deux fois…)

    Et bravo de réduire votre emballage, on n’en a que faire du unpacking video.

  15. On ne peut que féliciter et encourager des personnes passionnées et déterminées comme vous ,Bravo !
    Bonne continuation !
    Hélène

  16. Bonjour,
    retour d’expérience très intéressant, mais pour mois la chine c’es rédhibitoire et le packaging quand on parle de développement durable devraient être inexistant. Personnellement j’aurai aucun soucis à acheter une ceinture made in France une centaine d’euro même sans le moindre packaging. mais payer 55€ pour du made in china très peut pour moi.
    Continuez comme ça vos produits on du potentiel et votre vision et la bonne, j’ai déjà les chaussette j’attend avec impatience mes sneeker, mais pitiez ne cédez pas au made in china, c’est en refusant de travailler avec des fournisseurs incapable de relocaliser qu’on finira par faire revenir le savoir faire chez nous, c’est une hérésie de mètre des paquebots sur les mers ou des avions dans les airs pour faire fabriquer de simple boucle de ceinture.

    1. Bonjour Galais, je tiens quand même à préciser que cette ceinture est made in France : comme expliqué, notre boucle vient de chine car nous n’en avons pas trouvé d’aussi bonne qualité faite en Europe, mais nous cherchons cela d’arrache-pied. Nous ne cédons pas au made in china, on donne juste de la transparence sur toutes les étapes de fabrication quand la plupart des marques vous cachent ce qui pourrait vous rebuter à l’achat. Et si les fournisseurs sont « incapables » de relocaliser, c’est aussi parce que toutes ces marques sont parties acheter ailleurs. Ne nous voilons pas la face : notre entreprise est minuscule et, seuls, nous n’avons pas le pouvoir suffisant pour faire relocaliser une industrie.
      Quand au packaging, comme expliqué dans un commentaire plus haut « la ceinture risque de marquer pendant le transport. Et donc, certains clients risquent de nous la renvoyer parce qu’elle n’est pas impeccable. Du coup : taux de retour élevé + ceintures un peu marquées impossibles à vendre en ligne => gros gâchis. Donc dans ce cas, un petit packaging c’est plus écolo ». Je sais que tout à l’air simple et que parfois on a l’impression « qu’il suffit de » mais en réalité, tout est plus complexe quand on doit faire vraiment.
      Merci pour votre fidélité en tout cas !

      Julia

  17. Beau produit qui me fait regretter mes 2 ceintures Levis, d’après vos infos et étant donné leur état au bout d’1 an elles ne vont pas tenir longtemps.
    En revanche j’ai une Celio depuis +15ans qui tient super bien! Comme quoi…

  18. Superbe article : détaillé, instructif et transparent !
    Quand est-ce que vous arrivez dans le 10 pour qu’on puisse venir faire des essayages ?

  19. Quel manque d’honnêteté de la part de la « première » usine!!
    Bravo pour votre travail. Mon frère travaille dans le luxe (hôtellerie) et porte quotidiennement une ceinture, il achète et jette après un an ses « belles » ceintures de marques de luxe…scandale au prix qu’elles coûtent. Je vais lui envoyer votre passionnant article de ce pas.
    Pourquoi n’êtes vous pas sous mention Nature&Progrès??
    Bonne continuation à vous

    1. Bonjour Eva,
      ah super intéressant pour votre frère ! Après, que les ceintures tiennent seulement un an, cela me surprend quand même. Peut-être est-il obligé d’avoir des produits impeccables quand il travaille et que la moindre griffure rend la ceinture importable ?
      A propos de Nature&Progres : à ma connaissance, c’est un certificat plutôt pour les agriculteurs et fabricants, et nous ne sommes ni l’un ni l’autre, nous sommes une marque^^. Et je crois que je n’ai jamais entendu parlé de qqun certifié Nature et Progrès dans le textile. https://fr.wikipedia.org/wiki/Nature_et_Progr%C3%A8s

      Bonne continuation aussi !
      Julia

  20. joli article ! La prochaine fois que vous cherchez des savoir-faire industriels français venez jeter un œil à Entrepairs.fr. Nous référençons les capacités de production disponibles des entreprises industrielles pour les faire connaitre aux acheteurs. Nous permettons ainsi aux donneurs d’ordre de travailler en circuits court avec des sous-traitants de confiance.
    Par exemple pour la boucle de ceinture nous avons une entreprise de fonderie qui travail avec l’industrie du luxe comme luis Vuitton, Chanel; etc. il font entre autre, des boucle de ceinture des porte clé… ils auraient j’en suis sur pu répondre à votre besoin.

    Pour vos projets futur, je vous invite à vous inscrire sur Entrepairs c’est gratuit et vous gagnerez beaucoup de temps.
    Amicalement,
    Alexia

    1. Waou super ce site. Par contre, j’ai essayé de chercher « boucle  » « usinage » « acier » « fonderie » et je n’ai pas trouvé l’entreprise que vous mentionnez. Et la difficulté pour nous est de trouver une usine capable de faire des boucles en acier, pas seulement des boucles. Car l’acier se travaille différemment que le Zamak ou le laiton : le premier est usiné quand les deux autres sont moulés.
      Merci en tout cas !

  21. Encore un article que j’ai lu avec plaisir, et tout autant les commentaires.

    Je suis interpellée par les commentaires « non à la Chine » c’est une vision assez réduite de la réalité.
    Les ordinateurs ou téléphones utilisés pour laisser ces messages ont surement été fabriqué tout ou partie en Asie.
    Il faut arrêter de penser que tout ce que fait la Chine est de mauvaise qualité.
    Parfois, pour proposer du made in local, la qualité des produits est réduite pour diminuer les coûts, et on se retrouve avec des produits qui ne durent pas. alors que pour le même prix, en made in ailleurs, le produit peut durer une éternité. (vous avez su trouver le compromis entre les deux avec Loom, je ne vous en remercierai jamais assez)
    On ne peut que constater que la France a perdu beaucoup de savoir faire ces dernières années, et il faut accepter que ce savoir faire est ailleurs.

    et petite analogie, on serait choquée de ne plus exporter de vins sous prétexte que tout le monde veuille boire du vin local. Le monde fonctionne avec les échanges internationaux depuis toujours, et c’est très bien (dans une certaine limite hein, je ne fais pas l’apologie du capitalisme !)

    bonne journée !!

    1. Je suis d’accord avec vous qu’en Chine, on arrive parfois (même souvent) à faire de la meilleure qualité qu’en France. Voir des choses qu’on ne sait plus faire en France. Je pense cependant qu’il faut lutter contre ça, pas par chauvinisme pur, mais pour notre autonomie (alimentaire, sanitaire etc..), pour arrêter d’exporter notre pollution et aussi pour être vraiment certain des conditions de travail et de vie : la répression et l’exploitation des Ouïgours est un violent aperçu de comment sont produits les objets là-bas. Mais il y avait plein d’autres signaux avant celui-là, comme les suicides dans les usines apple etc…

      Donc ce serait assez hypocrite de dire « non à la chine » depuis un ordi ou un téléphone qui y est produit. Tout simplement parce que pour plein d’objets, nous n’avons pas le choix de consommer local. Mais en tant que marque, on peut essayer de faire des choix pour dire plutôt « oui au local, oui à l’éthique » et on s’y efforce^^

      Bonne journée à vous !

  22. Bonjour,
    Bravo pour ce magnifique travail et un résultat qui donne envie.
    Quand distribuerez vous une ceinture marron? Je suis dubitatif sur la couleur cognac.
    Dommage car votre philosophie et votre travail me tentent beaucoup.
    Bon courage…

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