Il arrive que nos chaussettes, socquettes et chaussettes en laine boulochent après quelques mois de port pour différentes raisons :
Sur nos chaussettes et socquettes en coton, vous pourrez constater des petites bouloches au niveau des zones de frottement, en particulier au niveau du tendon d’Achille. En effet, pour retarder l’apparition des trous sur ces zones, on a ajouté un fil de polyamide plus solide. Mais la contrepartie, c’est qu’il retient des bouloches qui se seraient plus facilement détachées sur un tissu 100% coton. Bref, ces petites bouloches sont un sacrifice esthétique à payer sur l’autel de la durabilité.
Vous constaterez également des bouloches dans les zones de frottement de nos chaussettes en laine car les fibrilles de la laine s’entremêlent les unes aux autres et forment des bouloches. Bonne nouvelle : une fois vos chaussettes en laine déboulochées, vous aurez éliminé la majorité des petites fibrilles, donc les bouloches se formeront de moins en moins rapidement. On vous en parle plus amplement dans cet article.
Si ces bouloches ne vous dérangent pas (et on est plutôt de cet avis chez Loom) vous pouvez aussi les laisser vivre leur vie de bouloches : personne ne les verra à part vous et elles ne fragilisent pas vos chaussettes.
Si ces bouloches vous dérangent vous pouvez très bien les éliminer à l’aide d’un rasoir à bouloches électrique comme celui-ci à 29€ (malheureusement, on ne le trouve que sur Amazon et ça nous fait bien mal au cœur) ou comme celui-ci, trouvable chez Darty où son prix oscille entre 24€ et 50€ selon les périodes. Ça n’abîmera pas vos chaussettes et ça vous prendra moins de deux minutes :
Vous commencez à nous connaître, on ne recule jamais devant l’occasion de vous montrer un avant / après satisfaisant :
Faites bien attention à ne pas trop appuyer le rasoir à bouloche sur votre vêtement, en particulier pour les mailles texturées. C’est le cas par exemple pour le haut de nos chaussettes qui est tricoté en point “nid d’abeille”, et dont les mailles peuvent se glisser dans le rasoir si on appuie trop l’appareil. La lame du rasoir pourrait alors couper un fil de laine et former un trou.
Qui suis-je pour vous parler d’entretien de vos vêtements ? Je m’appelle Claire et je suis chargée de suivre la production chez Loom. En gros, j’essaye d’éviter les ruptures de stock sur notre site (bon c’est pas encore parfait, mais j’y travaille) et je m’assure tout au long des étapes de fabrication que les vêtements sont conformes à nos exigences de qualité.En plus de ça, je suis passionnée par tout ce qui permet d’allonger la durée de vie de nos vêtements : entretien, réparation et autres astuces de grand-mère. J’aime donner des “petits suppléments d’âme” aux vêtements, les retravailler, les réparer, leur redonner une chance quand plus personne ne veut d’eux. Sur ces pages, j’essaierai de vous transmettre ce que je sais et qui pourrait vous être utile.Dernière chose : toutes les astuces que vous trouverez sur ce site, je les ai vraiment testées et je me suis assurée personnellement qu’elles marchent (en d’autres termes, ce n’est pas un copié-collé de recherches sur internet). Si vous en avez des nouvelles à me suggérer, n’hésitez pas à laisser un commentaire en dessous de cet article.
En 2016, c’était les débuts de Loom et on voulait créer la chemise qui n’aurait pas les problèmes des autres chemises. Et ce que nous remontaient les gens, c’est que la première raison pour laquelle on jette ses chemises blanches, ce sont les taches. La solution paraissait évidente, il fallait fabriquer…
Cliquez ici pour voir comment on s’amusait bien à l’époque.
Août 2017. Le site BonneGueule, référence de la mode masculine en France, sort un article où sont comparées les chemises de différentes marques. Dont notre chemise intachable. Et leur analyse fait mal :
Aïe.
Ouille.
Ouch.
Ouin ouin.
Bouhou !
Bref, notre chemise n’était vraiment pas top. Et en plus de ça, on avait affirmé des choses complètement fausses.
Peut-être que vous êtes tenté de nous laisser le bénéfice du doute, vous vous dites que BonneGueule s’est trompé, ou a été particulièrement dur avec nous ? Vous êtes vraiment sympa mais on a dû se rendre à l’évidence : toutes leurs critiques étaient bien justifiées.
Partie 2 : On remet tout à plat
Un nouveau confectionneur
La première chose qu’on a faite, c’est écrire à notre confectionneur de chemise : comment ça on n’a pas des boutons en nacre ? Comment ça nos coutures ne font pas 7 points par centimètre ?
On se rend compte alors que ces “manquements” sont en partie de notre faute : on n’avait pas été assez clairs dans nos demandes écrites.
On revoit donc notre manière de travailler avec nos usines : dorénavant, on enverra un fichier très spécifique qui précise tous les détails des vêtements qu’on produit : un “techpack” comme on dit dans le milieu. Et on change bien sûr la page de cette chemise sur notre site, en enlevant toutes les promesses injustifiées.
Un exemple de fichier qui précise à nos usines à quoi doivent ressembler nos vêtements. On appelle ça un “techpack”.
Mais on se rend aussi compte qu’on n’est pas les seuls fautifs dans l’histoire : quelques semaines plus tard, ce même confectionneur nous livre une cargaison de chemises avec des erreurs de mesures dans tous les sens. On comprend alors que la production a été sous-traitée à une autre usine, qu’on ne connaît pas.
La confiance est rompue, on décide donc d’arrêter de travailler avec lui et de partir à la recherche d’un nouveau partenaire. Plusieurs personnes de confiance nous redirigent vers Supercorte.
Comment savoir si cette usine fait de la bonne qualité ?
En regardant la liste de ses clients : Supercorte bosse plutôt avec des marques haut de gamme, voire de luxe.
En discutant avec eux : pour le coup, on a la sensation de parler le même langage de qualité.
En regardant la qualité des productions : tous les prototypes qu’ils nous fabriquent sont nickels.
En regardant leurs prix : les chemises nous coûtent un peu plus cher qu’avant. Normal : la qualité, ça se paye.
Des contrôles qualité
Pendant longtemps, on ne contrôlait que les prototypes, et pas les vêtements issus de nos grosses productions. Pourtant, quand on est attaché à la durée de vie des vêtements, la conformité à un tableau de mesure, par exemple, est aussi importante que la solidité d’un tissu : si une chemise est trop étroite de 2 cm aux épaules, elle n’est pas portable. On a donc mis en place tout un tas de choses pour minimiser ces risques de “non-conformité” : tests, contrôles des mesures… et recrutement d’une personne spécialement dédiée à ce sujet.
Plus un danger public
Parmi toutes les critiques difficiles à lire de l’article, la plus inquiétante était quand même celle sur la matière :
Tout ça laisse penser que cette matière “intachable” contient des additifs chimiques pas tops du tout. Certes, ce tissu respectait bien la norme REACH exigée pour fabriquer et vendre des produits dans l’Union européenne (norme que tout le monde ne respecte pas, en particulier Shein comme l’a montré ce documentaire).
Pourtant, on dirait que ce tissu est clean non ?
Mais pour être absolument certains d’avoir un tissu inoffensif, on aurait dû demander la norme dite “OEKO-TEX” - ce qu’on exige désormais pour chacun de nos tissus.
En creusant ce sujet, on a compris qu’il valait mieux éviter tous les traitements censés donner certaines “super-propriétés” aux tissus : ils sont souvent à base de composés chimiques pas très cool, comme les “PFC” qui peuvent contaminer l’environnement pendant des siècles et qui ont des effets encore incertains sur la santé humaine (les fameux perturbateurs endocriniens…).
On a donc décidé d’arrêter de produire cette chemise intachable. Et puis, on s’est interdit tout ce qui est traitements “repassage facile” sur nos chemises, propriété “anti-odeur” sur les chaussettes, apprêt “séchage rapide” sur le tissu de notre maillot de bain… Est-ce que ça vaut le coup de risquer sa santé pour trois minutes de repassage de moins ?
De la connaissance textile
Cet article de BonneGueule, au même titre que les retours de nos clients, a fait tomber une de nos croyances : pour faire des vêtements de qualité, on ne peut pas accorder une confiance aveugle aux usines.
Les gens en usine font un travail très difficile et d’une grande valeur, mais ils sont loin de tout savoir. En particulier, contrairement aux marques, ils ne savent pas forcément comment les vêtements vieillissent. Chez Loom, on demande systématiquement à nos clients ce qu’ils pensent de nos vêtements un an après les avoir achetés. On connaît donc tous les points potentiels de fragilité et on sait souvent mieux que les usines sur quoi il faut être vigilant. Par exemple, sur un t-shirt, notre expérience nous a appris à faire très attention à la déformation. Et s’il est foncé, on sait qu’il faut être vigilant sur la tenue des couleurs car elles peuvent délaver avec le soleil et la transpiration.
Bref, si on veut vraiment améliorer la qualité de nos fringues, il est primordial de comprendre la science derrière la qualité des vêtements : la maîtrise technique doit aussi être de notre côté.
Et on s’y attelle tous les jours dorénavant, en lisant des études, des livres, en discutant avec les directeurs techniques des usines, les responsables de qualité d’autres marques, en faisant nos propres tests…
On a même un fil sur notre messagerie interne où on note TOUT ce qu’on apprend.
Aujourd’hui, à chaque fois qu’on apprend quelque chose sur la qualité des vêtements, on essaie de croiser les sources et de ne pas prendre seulement les chiffres ou les informations qui nous arrangent. À tel point que c’est devenu un de nos principes de communication :
Point n°7 de notre bible éditoriale.
Avec cette nouvelle manière de faire, on a re-questionné point par point ce qu’on prenait pour acquis sur les chemises ("est-il vrai que tel détail apporte de la solidité ?"). Et ça nous a conduit à faire pas mal de changements.
D’abord, on a décidé de ne pas utiliser de boutons en nacre : c’est vrai que cette matière est très belle (c’est pour ça qu’on en retrouve sur les chemises haut de gamme), mais on a constaté que ces boutons pouvaient casser en machine. On a donc opté pour des boutons en résine épais qui résisteront mieux aux lavages. Et on renforce aussi systématiquement leur fixation avec une machine Ascolite, qui entoure le pied du bouton d’un fil supplémentaire soudé à chaud (voir la machine en action ici).
Ensuite, on s’est posé la question des “hirondelles de renfort”, ces petits triangles de tissu entre l’avant et l’arrière de la chemise, censés renforcer leur solidité. On a pris une chemise de fast fashion sans hirondelles, on a tiré de toutes nos forces de chaque côté : elle n’a pas bougé. Encore un détail esthétique et non pas un élément renforçant la solidité : on a décidé de les retirer.
Une hirondelle de renfort, ça ne fait ni le printemps, ni la solidité.
Enfin, on a renoncé aux coutures anglaises et aux 7 points par cm : à une époque, il est possible que cela ait amélioré la résistance, mais aujourd’hui, les fils de couture les plus utilisés (en "polycoton'') sont particulièrement solides, rendant superflu ce genre de détails. Cela ne veut pas dire que les chemises qui ont ces coutures sont nulles, juste qu’il s’agit d’un choix esthétique et non de solidité.
Partie 3 : La rédemption
Au départ, comme vous l’imaginez, lire cet article de BonneGueule nous a un peu mis un coup.
Mais cet article nous a aussi fait du bien (c’est notre côté sado-maso) - il a été un des électrochocs nécessaires pour nous faire changer radicalement notre manière de développer des vêtements : arrêter de travailler avec des usines qui ne sont pas fiables, mieux contrôler la qualité de nos productions, vérifier ce que tout le monde prend pour acquis, développer notre connaissance textile… et enfin, arrêter de “surpromettre”.
Parce que c’est normal de ne pas arriver à faire des produits sans défaut, ce qu’on veut éviter, c’est d’affirmer qu’ils le sont. Et à l’époque, les superlatifs qu’on utilisait pour nos produits étaient prétentieux… et faux.
Oops I did it again for, I played with your heart, got lost in the game.
En fait, on était victimes de jaitoutcomprisme : quand on commence à s’intéresser à un domaine (la qualité des vêtements dans notre cas), on est souvent victime d’un biais de surconfiance.
La courbe du jaitoutcomprisme.
Dans notre cas, après avoir discuté 2h avec un directeur d’usine et lu 2 articles sur la longueur des fibres de coton, on pensait avoir craqué la recette de la longévité des vêtements. Sauf que la qualité textile est un sujet extrêmement complexe et qu’on n’aura jamais tout compris, même après une vie entière à s’y consacrer.
Notre courbe du jaitoutcomprisme à nous.
À l’époque, on promettait “les meilleurs vêtements du marché” et ça marchait : la plupart des gens ont envie d’y croire et ça faisait vendre. Mais sur le long terme, on a compris que ça créait beaucoup de déceptions : il y aura forcément un t-shirt de votre placard qui tiendra aussi bien voire mieux que votre t-shirt Loom.
On a donc renoncé à “sur-promettre” : dorénavant, on essaye d’être plus mesurés et factuels quand on vante les mérites de nos produits. Et on a même inscrit ce principe dans notre “bible éditoriale” :
Point n°17 de notre bible éditoriale.
Et finalement, cette volonté de faire les meilleurs produits du marché, et de prendre une position dominante, cela ne correspond plus à ce qu’on voudrait pour l’industrie textile : on pense qu’il faudrait un écosystème de milliers de petites et moyennes marques différentes plutôt qu’une poignée de multinationales qui dominent les autres, comme on l’avait écrit à la fin de l’article Du charbon dans le coton :
"Aujourd’hui, une poignée de marques mondiales géantes étouffent les autres avec la course aux prix bas et uniformisent les goûts vestimentaires du monde entier. Demain, elles pourraient laisser la place à des milliers de marques, plus locales, plus réfléchies, plus créatives, qui créent moins de misère et d’inégalités.
Aujourd’hui, on passe nos samedis après-midis à acheter toujours plus de fringues alors que nos placards débordent déjà, dans des rues commerçantes où l’on retrouve inlassablement les mêmes magasins, qu’on soit à Saint-Malo, Brive, Paris ou Nancy. Demain, on pourrait retrouver le plaisir de faire des achats réfléchis. De s’habiller avec des vêtements plus beaux et plus résistants. De (faire) recoudre un bouton au lieu de jeter une chemise. De découvrir une boutique qu’on n’aurait jamais vue ailleurs."
On est presque 5 ans après la publication de cet article de BonneGueule, on a revu de fond en comble notre manière de faire nos chemises, et on pense que le travail a payé :
4,7 c’est une super note.
Aujourd’hui, on est plutôt fiers des chemises Loom qu’on propose à la vente : elles sont robustes, pas mal coupées, produites localement, à un prix abordable et les clients en sont satisfaits.
Mais peut-être que dans 2 ans - avec les nouvelles connaissances textiles qu’on aura engrangées, les nouveaux retours de nos clients et clientes, les nouvelles innovations de l’industrie textile - quand on relira cet article, on se dira qu’on ne savait encore rien et qu’on était bien naïfs.
Si vous avez déjà commandé chez nous, vous savez peut-être que, un an après votre achat, on vous envoie un mail pour vous demander ce qu’est devenu votre vêtement et surtout si vous le portez encore. Parfois, vous nous dites que vous ne portez plus vos pulls parce qu’ils ont bouloché... et il n’y a rien qui me désole plus (sauf peut-être les Gargouilles ou les armoires chauffantes) parce qu’avec les bons outils, on peut enlever les bouloches hyper facilement. Et c’est ce que je vais vous montrer dans cet article.
Pourquoi votre pull bouloche ?
Les bouloches apparaissent sur les zones de frottement donc sous les bras, dans le bas du dos (si vous portez fréquemment un sac à dos), sur vos cols (si vous avez de la barbe)… La raison ? Avec les frottements, les fibrilles qui dépassent de la maille s’entremêlent les unes aux autres et forment des bouloches. Illustration :
Ça c’est la surface de votre pull, et les petits traits qui en dépassent ce sont les fibrilles qui deviendront des bouloches.
La bonne nouvelle, c’est que plus vous enlevez les bouloches, moins elles réapparaissent. Et oui, “déboulocher” élimine une partie des petites fibrilles qui forment les bouloches. Quand il n’y a plus de fibrilles, il n’y a plus de bouloches possibles !
Chez Loom, pour éviter au maximum ce phénomène de boulochage sur nos pulls, on procède en deux étapes :
On ne sélectionne que des laines à longues fibres - car elles comportent moins de fibrilles qui dépassent.
On teste en laboratoire (via le test Martindale) chaque laine sélectionnée pour voir comment elle résiste aux frottements. Cela nous permet d’exclure celles qui boulochent trop.
Le supplice du test Martindale, pire qu’un combat contre Cylindric le Germain.
Toute la subtilité ensuite est de trouver le meilleur compromis entre une laine plus pelucheuse qui sera douce mais qui aura plus tendance à beaucoup boulocher et une laine plus rêche qui boulochera très peu mais qui sera moins confortable.
Test des méthodes de déboulochage
Une rapide recherche sur internet vous révélera qu’il y a un paquet d’instruments qui permettent d’enlever les bouloches, du rasoir anti-bouloche électrique au peigne spécifique. Oui, mais est-ce que toutes ces méthodes marchent ? Et laquelle est la plus efficace ? La plus écolo ?
Pour répondre à nos interrogations, on a eu la chance de rencontrer Carole, une fille géniale qui tente toujours plein de “trucs”, depuis l’étude des biais dans le recrutement jusqu’à la conception d’un quiz dédié aux calembours. Et l’un de ses “trucs”, c’est le "bouloches project". Elle en avait marre d’être obligée d’acheter des rasoirs anti-bouloche électriques made in China pour retirer les bouloches, alors elle a décidé de détourner des objets du quotidien pour voir ce qui marche le mieux.
Le banc de test de Carole : 1 - peigne à poux, 2+3 - rasoirs et tondeuses électriques, 4 - éponge côté abrasif, 5+9 - gants de gommage, 6+8+11+12+13+15 - rasoirs anti-bouloche électriques, 7 - brosse anti-bouloche, 10 - gant en caoutchouc, 14 - rasoir jetable, 16 - pierre à déboulocher
Elle a testé tous les objets qui lui semblaient pertinents et elle les a notés selon 6 critères :
Est-ce que ça enlève vraiment les bouloches ?
Est-ce que ça abîme le vêtement ?
Est-ce que le déboulochage est rapide ?
Est-ce que l’objet va tenir dans le temps - ou bien faut-il en racheter un nouveau tous les 6 mois ?
Est-ce qu’il est fabriqué localement ?
Est-ce qu’il peut servir à d’autres choses ?
Voici les résultats les plus intéressants de son comparatif :
Oubliez les pierres et brosses anti-bouloches : les tests ont montré qu’elles sont inefficaces et abîment les mailles (peut-être qu’elles fonctionnent mieux sur des tissus en laine type manteau ? Un jour, on testera ça). Même chose pour les rasoirs jetables et autres éponges abrasives.
Peigne à poux ou rasoir anti-bouloche électrique ?
Mais c’est quoi le mieux alors ? En fait : ça dépend de ce que vous cherchez.
Pour Carole qui essaye d’avoir moins d’objets chez elle, le peigne à poux est sa solution idéale : il est petit et multifonction (sauf si vous n’avez pas d’enfant à la maison, ou que vous avez la chance inouïe qu’ils soient épargnés par ce fléau des cours de récré). Même si son utilisation est un poil plus longue que celle du rasoir anti-bouloche électrique, elle le préfère car c’est un objet “low tech”. Donc un outil sans technologie très sophistiquée, qui ne risque pas de tomber en panne au bout de 10 minutes d’utilisation, qui consomme peu de ressources et qui n’est pas fabriqué à l’autre bout du monde dans des méga-usines pas forcément soucieuses des gens et de l’environnement.
Vous en trouverez dans toutes les pharmacies. Pour enlever les bouloches avec cette méthode, il suffit de peigner votre pull en positionnant le peigne parallèlement à la maille et il arrachera les bouloches telles de vilaines lentes.
En ce qui me concerne, la patience n’étant pas ma plus grande qualité, la solution que je préfère, c’est le rasoir anti-bouloche électrique. Certes, ce n’est pas une solution low tech ni multifonction, mais si vous prêtez attention à certains détails pour choisir un bon rasoir électrique (que je détaille plus bas), vous garderez votre appareil de nombreuses années sans problème.
Le rasoir anti-bouloche électrique en action.
Faites bien attention à ne pas trop appuyer le rasoir à bouloche sur votre vêtement, en particulier pour les mailles texturées. C’est le cas par exemple pour le haut de nos chaussettes qui est tricoté en point “nid d’abeille”, et dont les mailles peuvent se glisser dans le rasoir si on appuie trop l’appareil. La lame du rasoir pourrait alors couper un fil de laine et former un trou.
Comment choisir un bon rasoir anti-bouloche électrique
Si cet article vous donne envie d’acheter un déboulocheur électrique, on vous conseille de veiller aux points suivants :
Pas de batterie : privilégiez une alimentation sur secteur parce que les batteries de ce type d’appareils s’usent trop vite. Et optez bien pour une prise française.
Avis clients : tous les rasoirs électriques ne se valent vraiment pas, donc je vous conseille de vous fier aux avis client et d’opter pour l’appareil ayant la meilleure note.
Je suis particulièrement satisfaite du rasoir à bouloche Beautureal à 29€, malheureusement, on ne le trouve que sur amazon et ça nous fait bien mal au cœur ainsi que du rasoir à bouloche Solac, trouvable chez Darty où son prix oscille entre 24€ et 50€ selon les périodes. En revanche, je vous déconseille le rasoir Philips dont la batterie est devenue extrêmement faiblarde en moins de deux ans. J’insiste donc : privilégiez les rasoirs qui se branchent sur secteur pour prolonger la durée de vie du produit.
Malheureusement, on ne trouve pas d’information concernant le pays de fabrication des deux rasoirs anti-bouloche électriques qu’on vous recommande (ce n’est pas indiqué sur le site web de la marque, ni sur le packaging, ni sur la notice…). Comme les autres rasoirs proviennent essentiellement d’Asie, on imagine qu’il en est de même pour ces deux modèles. Si vous connaissez un rasoir anti-bouloche électrique made in Europe, faites-nous signe !
Gang of bouloches
Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, vous faites désormais partie du gang des reines et rois de la bouloche. Vous verrez qu’une fois qu’on est bien outillé, on a envie de déboulocher tout ce qui nous passe par la main : tapis, rideaux, t-shirts, chaussettes… Jeter un produit car il est couvert de bouloches ne sera donc plus une option ;-)
Qui suis-je pour vous parler d’entretien de vos vêtements ? Je m’appelle Claire et je suis chargée de suivre la production chez Loom. En gros, j’essaye d’éviter les ruptures de stock sur notre site (bon c’est pas encore parfait, mais j’y travaille) et je m’assure tout au long des étapes de fabrication que les vêtements sont conformes à nos exigences de qualité. En plus de ça, je suis passionnée par tout ce qui permet d’allonger la durée de vie de nos vêtements : entretien, réparation et autres astuces de grand-mère. J’aime donner des “petits suppléments d’âme” aux vêtements, les retravailler, les réparer, leur redonner une chance quand plus personne ne veut d’eux. Sur ces pages, j’essaierai de vous transmettre ce que je sais et qui pourrait vous être utile. Dernière chose : toutes les astuces que vous trouverez sur ce site, je les ai vraiment testées et je me suis assurée personnellement qu’elles marchent (en d’autres termes, ce n’est pas un copié-collé de recherches sur internet). Si vous en avez des nouvelles à me suggérer, n’hésitez pas à laisser un commentaire en dessous de cet article.
J’imagine qu’en décembre nous sommes nombreux à avoir rappelé au Père Noël que nous n’avions besoin de rien et que si vraiment il était pris d’une fièvre acheteuse, nous l’encouragions à se tourner vers les sites de seconde main. Au même moment, plusieurs marques d'électroménager (LG, Samsung, Asko) ont jugé bon de nous vanter les mérites de leurs nouvelles armoires séchantes. Il s’agit de gros frigos super énergivores (194 kWh/an* = 5% de la consommation électrique moyenne d’un foyer français) qui promettent de sécher et de défroisser vos vêtements trois par trois (et pas un de plus) en une heure.
Vous la sentez cette douce brise qui caresse vos cheveux ?
Quelques chiffres pour vraiment prendre conscience de l’absurdité de ce produit
Fonction défroissante des armoires séchantes.
Fonction séchante.
Cette armoire séchante consomme donc, par vêtement, 5 à 7 fois plus d’énergie qu’un appareil électroménager classique selon la fonctionnalité utilisée (et on ne parle même pas de l’énergie grise consommée lors de la fabrication de ces appareils).
Nous pourrions nous arrêter là et conclure que cet appareil est une absurdité. Sauf que la marque LG sème le doute dans nos esprits avec cette campagne de pub où, à grands coups d’archets sur des violons bien culpabilisants, on nous explique que cette armoire séchante nous permettra de garder nos vêtements plus longtemps, et donc de léguer notre vieux sweat dinosaure à notre petit fillot. Il est donc légitime de se demander : pour quelles raisons finit-on par se séparer de nos vêtements ? Est-ce parce qu’on ne les a pas assez repassés ?
C’est fort peu probable et on est bien placés pour le savoir
Depuis quelque temps chez Loom, on vous contacte un an après votre achat pour vous demander ce qu’est devenu votre vêtement, et surtout si vous le portez encore. Vos réponses nous aident à améliorer nos produits, et permettent à nos futurs clients de porter leurs vêtements encore plus longtemps.
Sur les 2000 personnes qui ont accepté de nous répondre, 94% portent encore leur vêtements un an après leur achat. Les 6% restants ont délaissé leur vêtement pour les raisons suivantes (du plus cité au moins cité) :
Je ne l’aime pas : j’aurai dû vous le renvoyer
Inadapté à la saison, mais je vais le porter d’ici peu
S’est décousu / cassé
Trop détendu
Mangé par les mites
J’ai oublié que je possédais ce produit
Les couleurs sont ternes
A disparu de mon dressing
Taché
Bouloche
Le verdict est sans appel
Aucun de nos clients ne porte plus ses vêtements faute de repassage. Après de longs calculs, nous arrivons à la conclusion que cette promesse de garder ses vêtements plus longtemps grâce à cette armoire séchante est un mensonge.
Rassurez-vous : le LG styler n’est pas uniquement une armoire séchante extrêmement énergivore et inutile, il s’agit également d’un miroir dans lequel vous pourrez vous admirer. Merci LG !
Cet exemple d'armoire séchante peut paraître anecdotique mais il ne l'est, en fait, pas tant que ça. Cet objet illustre une fuite en avant technologique, où l’on cherche à inventer toujours plus d'objets pour résoudre des problèmes qui n'existent même pas. Ces objets vont par contre créer des problèmes écologiques bien réels (extraction des matières premières, épuisement des métaux rares, transport, consommation d’énergie donc émission de gaz à effet de serre et réchauffement du climat, impossibilité de réparer ou de recycler ces produits donc production de déchets etc…).Et franchement, on vient de dépasser la 5ème limite planétaire, on pourrait vraiment se passer d’objets inutiles qui viennent aggraver la situation.
P.S. : bien entretenir vos vêtements c’est assez simple et ça ne coûte pas 2000€. On vous explique sur cette page comment faire pour garder vos vêtements longtemps.
* Donnée fournie par LG pour le Styler S3MFC considérant les hypothèses suivantes : consommation d'énergie moyenne par cycle : 0,38 kWh, 500 cycles par an en moyenne.
Qui suis-je pour vous parler d’entretien de vos vêtements ? Je m’appelle Claire et je suis en charge de suivre la production chez Loom. En gros, j’essaye d’éviter les ruptures de stock sur notre site (bon c’est pas encore parfait, mais j’y travaille) et je m’assure tout au long des étapes de fabrication que les vêtements sont conformes à nos exigences de qualité. En plus de ça, je suis passionnée par tout ce qui permet d’allonger la durée de vie de nos vêtements : entretien, réparation et autres astuces de grand-mère. J’aime donner des “petits suppléments d'âme” aux vêtements, les retravailler, les réparer, leur redonner une chance quand plus personne ne veut d’eux. Sur ces pages, j'essaierai de vous transmettre ce que je sais et qui pourrait vous être utile. Dernière chose : toutes les astuces que vous trouverez sur ce site, je les ai vraiment testées et je me suis assurée personnellement qu’elles marchent (en d’autres termes, ce n’est pas un copié-collé de recherches sur internet). Si vous en avez des nouvelles à me suggérer, n’hésitez pas à laisser un commentaire en dessous de cet article.
Comme beaucoup de gens, nous aussi, nous apportons consciencieusement les vêtements dont on ne veut plus dans les bornes de recyclage, en pensant qu’ils seront donnés aux plus démunis. Mais dans l’émission “Sur le Front”, diffusée dimanche 19 décembre 2021 sur France 5, on apprend que plus de la moitié des vêtements collectés dans ces bornes sont envoyés dans les pays étrangers, notamment en Afrique où ils polluent la vie de millions de gens.Rien qu’au Ghana, avec ses 30 millions d’habitants, ce sont 15 millions de vêtements qui débarquent chaque semaine, dont 40% finissent par être entassés dans des décharges à ciel ouvert. Elles débordent tellement que les vêtements partent dans les égouts et finissent par s’accumuler sur la plage et dans l’océan.Ce que l’on comprend dans ce documentaire, c’est que l’Afrique est devenue la poubelle de la mode jetable.Ces déchets textiles viennent surtout de la “fast fashion”, qui nous propose en permanence de nouveaux vêtements à très bas prix. À cause de cette mode jetable, on achète trop : en moyenne, 42 vêtements par an ! Nous ne sommes pas mieux habillés pour autant – nous portons juste nos vêtements moins longtemps et nous les jetons plus vite. Nous jetons tellement que la France n’arrive plus à gérer ces montagnes de textile et doit les envoyer à l’étranger.Et ce n’est pas le seul problème de cette fast fashion :
Elle accélère le réchauffement climatique : fabriquer des vêtements, cela émet des gaz à effet de serre. Parce qu’elle produit trop, l’industrie textile représente aujourd’hui entre 2 et 8% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.
Elle exploite des gens partout dans le monde : les ouvriers textile à l’autre bout du monde sont extrêmement mal payés. La fast fashion est régulièrement impliquée dans des drames humains, comme l’exploitation des Ouïghours.
Elle pollue les pays qui reçoivent ces poubelles textiles mais aussi ceux qui produisent les vêtements, comme le Bangladesh, où des produits toxiques sont déversés directement dans les rivières.
Elle crée du chômage en France : la délocalisation de l’industrie textile a détruit 300 000 emplois en France en 25 ans.
Elle est une concurrence déloyale pour les industriels français : le salaire d’un ouvrier textile au Bangladesh est de 80€ par mois, de 23€ en Éthiopie. Comment les entreprises françaises peuvent-elles rivaliser face à un tel dumping social ?
Elle met en péril la filière de tri en France : en collectant des vêtements qui n’ont pas de valeur en France, l’équilibre économique de la filière du tri textile est en grand danger.
Malgré les grandes annonces des marques de mode, les volumes produits par l’industrie textile – et donc la pollution – n’arrêtent pas d’augmenter. Si rien n’est fait, la fast fashion continuera de grossir, générant toujours plus de déchets, de pollution et de misère.Pour arrêter d’envoyer nos déchets textiles en Afrique, nous devons développer les infrastructures pour les gérer localement, mais surtout, il faut “fermer le robinet” de la mode jetable, avec des lois !Le mouvement En Mode Climat, dont Loom fait partie, est un collectif d’entreprises qui cherche à faire changer les lois pour que l’industrie textile lutte vraiment contre le dérèglement climatique. C’est pourquoi nous demandons à Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique, de prendre les mesures suivantes :
Adopter un bonus-malus, comme il en existe dans l’automobile, allant jusqu’à 5€ pour les pires vêtements. Cette éco-taxe doit pénaliser les pratiques les plus polluantes et les marques qui poussent à la surconsommation (renouvellement effréné des collections, promotions artificielles, prix dérisoires).
Plafonner le nombre de vêtements de fast fashion importés en France, comme cela était fait jusqu’en 2005.
Arrêter d’envoyer nos déchets en Afrique et développer les infrastructures et débouchés pour les traiter localement, en France.
La fast fashion n’est bonne pour personne : ni pour la planète, ni pour les ouvriers, ni pour l’emploi, ni pour les habitants des pays à qui nous envoyons nos déchets. Certaines marques et consommateurs essaient de changer les choses, mais leurs efforts sont insuffisants s’ils ne sont pas accompagnés d’une action gouvernementale. Barbara Pompili peut prendre les mesures pour enrayer le développement de ce modèle destructeur. Nous avons tenté d’alerter plusieurs fois son ministère sans parvenir pour l’instant à le convaincre de prendre des mesures fortes. Sans vraie mobilisation citoyenne, les lobbyistes de la fast fashion arriveront toujours à bloquer les lois qui tentent de la réguler. Mais si nous sommes des milliers à signer et à relayer cet appel sur les réseaux sociaux, les médias pourront s’emparer de notre appel et les politiques nous écouteront.
- Proportion vêtements envoyés à l’étranger : le Relais - Chiffres Ghana : The OR Foundation - Émissions de Gaz à Effet de Serre Textile : McKinsey, Quantis, WRI - Emplois perdus : INSEE - Salaire Bangladesh : Éthique sur l’étiquette - Salaire Éthiopie : Centre Stern pour les affaires et les droits de l’homme de l’université de New York - Équilibre économique filière de Tri : FEDEREC
Quand on améliore un équipement, il devient moins cher ou plus facile à utiliser, et on finit par en consommer encore plus.
Et ça marche pour plein de trucs :
La voiture
Le chauffage des logements
La 5G
Les routes
Le TGV
Et puis bien sûr, c’est valable dans le secteur textile. Si on s’achète autant de fringues aujourd’hui, c’est d’abord parce que des milliers de machines ont permis de remplacer le travail manuel et donc de drastiquement baisser le prix des vêtements. Plus les machines tissent vite, moins les tissus sont chers, plus on achète. Quand on filait les fils de la laine à la main au rouet, ça dissuadait les gens d’acheter 10 t-shirts par an.
Tous ces effets rebond ont été décrits dans plein d’études scientifiques. Le problème a également été magnifiquement résumé par Jean-Marc Jancovici par cette phrase :
« Tout le monde confond dans cette affaire l’énergie par cafetière et l’énergie totale des cafetières. Ce qui compte, c’est l’énergie totale des cafetières. »
Pourtant, pour affronter la crise écologique, on travaille uniquement sur des moteurs encore plus efficaces, des technologies encore plus perfectionnées, des logements encore mieux isolés. Dans le textile, c’est aussi le cas. Pour réduire les émissions émises lors de la phase de fabrication, un des rapports qui fait autorité sur le sujet (Fashion on Climate du cabinet McKinsey) n’explore que des solutions technologiques et à aucun moment les sujets d’incitation à la consommation qui sont pourtant au cœur du problème.
Ne nous y trompons pas : cela peut être utile de chercher plus d’efficacité, mais notre priorité doit être la sobriété.
Pour résumer : le sujet principal, ce n’est pas de chercher comment mieux chauffer le ballon d’eau chaude…
Le vrai sujet, c’est de réduire la taille du ballon.
Qui on est pour dire ça ? Vous êtes sur La Mode à l’Envers, un blog tenu par la marque de vêtements Loom. L’industrie textile file un mauvais coton et c’est la planète qui paye les pots cassés. Alors tout ce qu’on comprend sur le secteur, on essaye de vous l’expliquer ici. Parce que fabriquer des vêtements durables, c’est bien, mais dévoiler, partager ou inspirer, c’est encore plus puissant. On ne fait jamais de pub : si vous aimez ce qu’on écrit et que vous en voulez encore, abonnez-vous à notre newsletter en cliquant ici. Promis, on vous écrira maximum une fois par mois.
C’est l’heure du du-du-duel ! Vous aussi vous trépignez d’impatience ?
Après avoir lu notre précédent article sur les Gargouilles, vous êtes plusieurs à m’avoir dit “Non mais dites donc, et les autres lessives prétendument naturelles et écolo, qu’est-ce que ça vaut ?”J’ai donc testé différentes méthodes de lavage qu’on peut qualifier “d’alternatives” et de “naturelles” et voici mes résultats. Mais avant cela une présentation des combattants s’impose :
À MA DROITE… la lessive à la cendre !
Vous la voyez venir la métaphore filée ?
Il n’y a pas si longtemps que ça, on lavait son linge à l’aide de cendre de bois car elle contient naturellement de la potasse (l’un des composants du savon) et elle était supposée être un excellent détachant.
Pour faire de la lessive à base de cendre, c’est donc très simple (si tant est que vous arriviez à vous procurer de la cendre) :
Mélangez dans un bocal une dose d’eau pour une dose de cendre,
Laissez infuser 2 jours en remuant 3 fois par jour,
Filtrez votre mélange à travers un torchon pour ne garder que la partie liquide,
Finito.
Vous constaterez qu’après avoir infusé 2 jours, le liquide est devenu très visqueux et sa texture se rapproche de celle de la lessive classique. Votre inconscient va sûrement se dire que si ça a la même texture que la lessive, alors ça a la même efficacité… No spoil - mais c’est faux.
2ème candidat : les noix de lavage
Elles étaient très à la mode il y a quelques années et étaient décrites comme LA solution la plus écologique pour laver son linge. Depuis, elles sont devenues assez difficiles à se procurer, à croire qu’elles ont été retirées des rayons des magasins bio pour y mettre à la place des boules de lavage(qui ne servent à rien, rappelons-le)…
Les noix de lavage sont les fruits du Sapindus mukorossi, dit “arbre à savon” et contiennent un agent émulsifiant et détergent : la saponine.
Pour laver son linge avec des noix de lavage, c’est encore une fois très simple :
Faites un aller-retour en Inde pour aller cueillir les fruits d’un arbre qui ne vous a rien demandé,
Mettez les noix dans un sachet en tissu,
Mettez ce sachet dans le tambour de votre machine à laver et lancez un programme coton 30°C,
Renouvelez les noix tous les 2 lavages.
On peut douter à juste titre de ma neutralité vis-à-vis des noix de sapindus, je vous l’accorde.
Dernier challenger : la lessive au lierre
Le lierre contient, comme les noix de lavage, de la saponine et peut donc également être utilisé pour en faire de la lessive.
Cueillez puis rincez 10 jeunes feuilles de lierre,
Faites bouillir les feuilles dans 20 cl d’eau pendant 15 minutes,
Coupez le feu et laissez macérer pendant 2 jours le liquide,
Filtrez votre mélange à travers un torchon pour ne garder que la partie liquide dans un bocal (et le liquide va mousser).
Les adversaires montant sur le ring.
Depuis mon article sur les Gargouilles, j’ai légèrement amélioré mon protocole de test. Voici comment je m’y suis prise pour comparer ces 3 lessives :
J’ai découpé dans un drap blanc en 100% coton 5 torchons de 30 cm de côté,
J’ai taché à tour de rôle ces torchons des 3 types de taches qui existent : les taches grasses (huile d’olive), les taches enzymatiques (chocolat noir fondu) et les taches oxydables (du vin rouge). Je me suis assurée que chaque tache fasse le même poids et le même diamètre sur chaque torchon,
Je vous laisse deviner qui est qui.
J’ai attendu 15 minutes et pas une minute de plus,
J’ai lavé mes torchons en machine avec un programme classique à 30°C en utilisant à tour de rôle : une dose de lessive conventionnelle, une dose d’eau du robinet, un sachet de 10 noix de lavage, une dose de lessive à base de lierre, une dose de lessive à base de cendre.
J’ai laissé sécher les torchons à l’air libre, à l’ombre.
Si on se base uniquement sur l’efficacité des lessives pour faire partir les taches (1 = le meilleur, 5 = le moins bon) :
La lessive conventionnelle se classe au premier rang avec, non loin derrière elle, l’outsider : la lessive au lierre et en troisième position les noix de sapindus. Coup dur pour la lessive à la cendre qui se classe bonne dernière, ex aequo avec l’eau.
Si on ajoute dans la balance d’autres facteurs tels que le prix, la provenance et la simplicité d’utilisation et de fabrication (parce que mon objectif n’est pas de faire de vous des Caroline Ingalls qui passent leur journée à faire la lessive), le classement devient à mon sens plus objectif :
La lessive au lierre se hisse alors au premier rang, ex aequo avec la lessive conventionnelle. L’eau du robinet remonte en troisième place, loin devant la lessive à la cendre et les noix de lavage.
Qu’est-ce qu’on retient de ce match endiablé ?
Je n’aurais pas parié là-dessus avant de me pencher sur ce sujet, mais mes tests montrent que la lessive au lierre et les noix de lavage fonctionnent mieux que le lavage sans détergent, en particulier sur certains types de taches : les taches enzymatiques type chocolat pour la lessive au lierre et les taches oxydables type vin rouge pour les noix de lavage. Néanmoins, le classement basé uniquement sur l’efficacité et le classement plus global tendent à la même conclusion : la bonne vieille lessive conventionnelle, celle qu’on achète en magasin, est la plus efficace malgré son prix et malgré le fait qu’elle ne pousse pas dans votre jardin (elle est généralement produite en France mais ce n’est pas toujours indiqué sur la bouteille).
À mon sens, ce n’est pas parce que quelque chose pousse dans un arbre qu’il faut le béatifier, surtout s’il vient du fin fond de l’Himalaya. À l’inverse, ce n’est pas parce qu’un produit sort d’une usine qu’il faut s’en méfier, surtout quand on vit dans un pays qui réglemente l’utilisation des produits chimiques, en particulier ceux dont l’usage est domestique. Si vraiment votre volonté est de ne verser que du biodégradable dans vos canalisations, souvenez-vous que laver à l’eau sans détergent ça lave aussi et ça suffit généralement pour les vêtements peu tachés du quotidien.
P.S. : Pourquoi je n’ai pas testé la lessive aux copeaux de savon ? L’objectif de ce test était uniquement de comparer les différentes techniques de lavage qui poussent telles quelles dans la nature. Je n’ai donc pas intégré à mon banc de test une lessive faite maison à base de copeaux de savon. Sans m’être trop penchée sur le sujet, j’imagine que ce type de lessive doit être plutôt efficace, presque autant que les lessives conventionnelles. J’émets juste un doute quant à l’encrassement des canalisations que peut engendrer ce type de lessive. Rien qu’à voir la vitesse à laquelle s’encrasse ma douche quand j’utilise un savon solide (et je ne vous parle même pas des savons saponifiés à froid…), j’imagine qu’il en sera de même avec une lessive faite à base de copeaux de savon. Si vous avez un avis plus fondé que le mien n’hésitez pas à m’écrire à hello@loom.fr, je suis toute ouïe !P.P.S. : « tâche » avec un accent circonflexe signifie « corvée », « travail », « besogne » alors que « tache » sans chapeau est un synonyme de « salissure ». Ne vous tuez pas à la tâche pour faire partir vos taches tenaces avec des noix de lavage. Utilisez plutôt de la lessive classique… Amis des beaux mots, bonsoir.
Qui suis-je pour vous parler d’entretien de vos vêtements ? Je m’appelle Claire et je suis en charge de suivre la production chez Loom. En gros, j’essaye d’éviter les ruptures de stock sur notre site (bon c’est pas encore parfait, mais j’y travaille) et je m’assure tout au long des étapes de fabrication que les vêtements sont conformes à nos exigences de qualité.En plus de ça, je suis passionnée par tout ce qui permet d’allonger la durée de vie de nos vêtements : entretien, réparation et autres astuces de grand-mère. J’aime donner des “petits suppléments d’âme” aux vêtements, les retravailler, les réparer, leur redonner une chance quand plus personne ne veut d’eux. Sur ces pages, j’essaierai de vous transmettre ce que je sais et qui pourrait vous être utile.Dernière chose : toutes les astuces que vous trouverez sur ce site, je les ai vraiment testées et je me suis assurée personnellement qu’elles marchent (en d’autres termes, ce n’est pas un copié-collé de recherches sur internet). Si vous en avez des nouvelles à me suggérer, n’hésitez pas à laisser un commentaire en dessous de cet article.
22 juin 2017 : les premiers clients Loom recevaient une newsletter pleine de promesses.
Eh oui les jeunes, ça c’est notre ancien logo.
En 2017, on sortait notre premier maillot de bain et on pensait sincèrement qu’il allait faire des vagues dans le milieu de la piscine (lol). Après tout, le tissu était fabriqué en France, déperlant grâce à un traitement dit “dryspeed”, le filet intérieur avait un traitement Teflon pour être plus doux et, révolution ultime, y avait même une poche zippée sur le côté pour y mettre les clefs. On se voyait déjà racheter Speedo.
On a appris l’humilité
Mais comme on demande systématiquement l’avis des personnes qui achètent nos produits un mois après réception (histoire qu’elles les aient déjà portés plusieurs fois), la réalité nous a vite rattrapés. Et – spoiler – elles étaient loin de trouver ce maillot aussi parfait qu’on ne l’avait annoncé.
Dans l’ensemble, ce n’était pas un mauvais produit (les clients lui donnaient en moyenne 4 sur 5) mais il y avait quand même de sacrés trucs à améliorer :
Chez une dizaine de clients, le filet se trouait (si c’est votre cas et qu’on n’a pas fait de geste pour vous, écrivez-nous à hello@loom.fr)
Le maillot ne séchait pas si vite que ça
La matière était trop rigide
L’étiquette grattait
Il était trop serré aux cuisses
On s’y est remis
Ce qui nous a pris le plus de temps pour construire la 2e génération de ce maillot de bain, c’est de comprendre pourquoi ce ?!*$ de filet se trouait. En fait, ce n’est pas le filet qui était trop fragile, mais la confection qui n’était pas la bonne : le filet était cousu directement dans la ceinture et les surpiqûres de la couture le fragilisaient. Pour éviter les trous, il fallait donc relier le filet à la ceinture via une petite bande de tissu intermédiaire.
Comment se fait-il que notre fabricant ait fait cette erreur de débutant ? Parce qu’il n’était pas spécialisé en maillot de bain.
On a donc cherché une nouvelle usine qui ne fasse que ça. Pas évident, car toutes celles qu’on recommandait étaient en Tunisie ou en Turquie (c’est là où sont fabriqués beaucoup de maillots vendus en France). Trop loin pour nous. La situation s’est enfin débloquée en 2020 : on a trouvé au Portugal l’usine Be Simple, familiale et sans prétention, et qui nous a montré qu’elle savait faire du bon travail.
À la recherche de la bonne matière
Un des nerfs de la guerre pour un maillot de bain, c’est le temps de séchage. Mais plus question d’utiliser un traitement déperlant : ils sont souvent à base de PFC, des composés chimiques pas très cool qui peuvent contaminer l’environnement pendant des siècles.
Et sur ce sujet, on dirait que vous partagiez notre avis.
Donc, pour que le maillot de bain sèche rapidement mais sans traitement chimique, il fallait trouver une matière suffisamment légère pour qu’elle sèche “naturellement”. C’est chez l’usine française Sofileta qu’on a trouvé notre bonheur : une matière plus légère que notre ancien maillot (120g/m2 au lieu de 140g/m2) mais solide. On a choisi la version recyclée : le polyester de ce maillot de bain est fabriqué dans le Nord de l’Italie à partir de bouteilles en plastique usagées. Idem pour le filet.
Attention : le polyester recyclé n’est pas une solution aux problèmes écologiques du textile, plus d’infos ici.
On avait un doute sur la résistance de la matière recyclée, on a testé la solidité des couleurs en labo et ça nous a rassurés : résistance de 5/5 à l’eau chlorée et 4/5 aux UV. Mais rien d’exceptionnel non plus : tous les autres maillots qu’on a testés obtiennent à peu près les mêmes résultats, de la fast fashion au plus haut de gamme. Bref, la teinture est de bonne qualité, mais c’est la norme du marché.
Et les autres problèmes ?
On s’est aussi attelé à résoudre tous les autres problèmes que nous avaient remontés les clients :
On a repensé la coupe pour qu’elle n’aille pas qu’aux petites cuisses
On a supprimé l’étiquette qui gratte dans le dos et on a mis à la place un logo brodé ton sur ton sur la cuisse
On a choisi un cordon assez fin pour qu’il sèche vite (parce que souvent, le tissu est sec mais la ceinture reste mouillée à cause d’un cordon trop épais)
On a enlevé le zip de la poche de côté qui faisait un peu mal aux mains : on l’a mis sur la poche arrière pour que vos clefs soient en sécurité
On a ajouté deux petits œillets brodés à l’arrière du maillot pour permettre à l’air de s’échapper quand vous plongez
Et voici la 2e génération de notre maillot de bain.
Le problème de l’élastique qui se détend
Quand on vous a demandé pourquoi vous finissiez par jeter vos maillots de bain, beaucoup d’entre vous nous ont parlé d’un élastique de ceinture complètement détendu.
Ce phénomène peut être dû à la chaleur (du soleil ou du sèche-linge) mais aussi à une réaction chimique qui se produit à l’intérieur de votre piscine : le chlore ne se contente pas de tuer les bactéries, il ronge aussi l’élasthanne.
Bonne nouvelle, il y a deux choses super simples que vous pouvez faire pour éviter que la ceinture de votre maillot ne perde trois tailles :
Rincez TOUJOURS à l’eau claire votre maillot de bain après la baignade
Ne mettez JAMAIS votre maillot de bain au sèche-linge
Ces conseils valent pour tous vos maillots de bain. Si vous les appliquez, même votre maillot super bas de gamme tiendra des années.
Non, ce maillot de bain n’est pas parfait
On ne vous promet pas que ce maillot de bain sera parfait : certains le trouveront trop large, d’autres trop serré, certains le jugeront trop brillant, d’autres estimeront qu’il ne sèche pas assez vite, etc. D’ailleurs, ce discours sur la perfection qu’on vous a tenu il y a quelques années, on le regrette : ça n’existe pas, un vêtement parfait. Plus on en apprend sur le textile, plus on comprend qu’aucun vêtement ne pourra plaire à tout le monde. Et puis quoi que l’on fasse, aucun vêtement ne sera jamais éternel. Enfin, on a compris que sur-promettre, c’est une incitation à vous faire acheter des trucs dont vous n’avez pas forcément besoin, et que c’est ce qu’on peut faire de pire pour la planète.
On a juste fait un maillot de bain a priori plutôt solide et bien coupé, fabriqué localement en France et au Portugal, et qui devrait faire le boulot. Mais franchement, si vous en avez déjà un, passez votre chemin : portez le vôtre le plus longtemps possible. Et rincez-le bien après la baignade ;) Si un jour il n’est vraiment plus portable, le nôtre sera toujours là.
Qui on est pour dire ça ? Vous êtes sur La Mode à l’Envers, un blog tenu par la marque de vêtements Loom. L’industrie textile file un mauvais coton et c’est la planète qui paye les pots cassés. Alors tout ce qu’on comprend sur le secteur, on essaye de vous l’expliquer ici. Parce que fabriquer des vêtements durables, c’est bien, mais dévoiler, partager ou inspirer, c’est encore plus puissant. Si vous aimez ce qu’on écrit et que vous en voulez encore, abonnez-vous à notre newsletter en cliquant ici. Promis : on écrit peu et on ne spamme jamais.
Pixels espions : pourquoi on a décidé d’arrêter de vous fliquer chez Loom
publié le
September 4, 2026
Mis à jour le
September 14, 2026
Temps de lecture
3
minutes
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This article was originally written in French (our mother tongue). We apologize in advance for any awkward phrasing. You can write to us at hello@loom.fr to help us improve these translations.
On a décidé de désactiver la mesure individuelle des ouvertures d'email par pixel de suivi – on vous explique pourquoi.
Ces dernières semaines, vous avez dû recevoir un paquet de newsletters vous parlant de leur « pixel de suivi » avec un bouton pour vous y opposer (c’est parce que la CNIL vient de dire que ces pixels, c’est comme les cookies de navigation : il faut vous informer de leur utilisation et vous demander votre accord).
Mais au fait c'est quoi, un pixel de suivi ? C’est une image vide, transparente et minuscule (elle mesure un pixel de large sur un pixel de haut). À chaque fois que vous ouvrez un e-mail, ce petit mouchard le signale à l’expéditeur (ainsi que l’heure et sur quel appareil vous êtes). D'où le surnom de « pixel espion ».
Le code informatique d'un pixel de suivi
Pourquoi les marques les utilisent ? Pour faire plein de choses :
Si vous n'ouvrez que les emails sur une thématique, on ne vous envoie plus que celle-là (pourquoi pas)
Si vous ouvrez souvent, vous êtes classé « lecteur engagé » et vous recevez encore plus d'emails (hum, plus embêtant)
Si vous n'avez pas ouvert, on vous renvoie le même email quelques jours plus tard avec un autre objet (pas cool)
Si vous n'ouvrez plus rien, la marque exporte votre adresse e-mail vers Insta, Google et Youtube pour retrouver votre profil et vous cibler avec des pubs sur ces plateformes (pas cool du tout).
Or, chez Loom, on ne fait rien de tout ça : pas de relance automatique, pas de segmentation basée sur vos ouvertures (de toute façon on sait pas faire et la flemme d’apprendre), pas d'export de votre adresse vers Instagram pour vous afficher de la pub (parce qu’on ne fait pas de pub). En fait, comme on s’interdit de pousser à la consommation, on n’a pas vraiment besoin de toutes ces fonctionnalités.
Nous avons donc désactivé la mesure individuelle des ouvertures d'email par pixel de suivi. Autrement dit, nous ne savons plus qui ouvre nos emails, ni quand. YEYEYEYE FREEDOM !
Ça veut aussi dire qu’on ne mesurera plus le « taux d'ouverture » de nos newsletters. Pour savoir si ce qu’on écrit est bien, il nous reste d’autres indicateurs comme le taux de désinscription… ou vos réponses (qui sont toujours les bienvenues) : quand une newsletter est nulle, on le sait très vite ;-)
La Commission nationale de l'informatique et des libertés, chargée de veiller à ce que l’informatique ne porte atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques.
On garde néanmoins une information dont on a besoin et que la CNIL nous autorise à conserver sans votre accord : la date de votre dernière ouverture (pas l'heure, pas le nombre de fois, pas le contenu… juste une date, écrasée à chaque nouvelle lecture). Elle nous sert à une chose : vous retirer de notre liste si vous n’ouvrez plus nos mails depuis longtemps, donc éviter que Gmail ou Outlook finissent par classer Loom en spam.
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