Bien qu’il ait la particularité de délaver, le jean est le pantalon le plus vendu au monde.
Si on aime tellement cette esthétique du denim qui change de couleur au fil du temps et des portés, c’est sans doute parce que Levi’s et Hollywood nous la vendent depuis bientôt 80 ans.
Le rêve américain version blue jeans
Et c’est vrai que ça peut être très beau un jean délavé : les marques de décoloration racontent l’histoire de la personne qui le porte.
Un jean de la marque Bonnegueule qui a joliment patiné (tiré de cet article de vrai denim head)
On peut dire que c’est un vêtement qui patine : on voit son vieillissement et on le trouve encore plus beau comme ça.
Sauf que, dans la vraie vie, la décoloration des jeans peut être moins glamour. Voici le genre de problèmes qu’on reçoit nous, au SAV chez Loom.
Problème n°1 : les marbrures. Si le jean est lavé sur l’endroit et/ou que la machine est très chargée, le tissu reste plié aux mêmes endroits et frotte contre le tambour : il en ressort avec de vilaines traces claires.
Problème n°2 : la marque du téléphone. Problemo classico de l’époque moderne quand il reste toute la journée dans la poche.
Problème n°3 : les décolorations des “vélotaffeurs”. Pour ceux qui pédalent beaucoup, c’est les frottements contre la selle qui font une décoloration localisée dans une zone… pas évidente à assumer.
Problème n°4 : les genoux. Décolorations symptomatiques des jeunes parents et des gens qui travaillent dans le bâtiment (deux activités qui impliquent d’être pas mal à genoux).
Difficile de parler de patine qui embellit le vêtement dans ces cas : en général, nos clients et clientes sont dégoûtés parce qu’ils trouvent que leur jean est devenu moche et/ou ne peut plus être porté dans un contexte un peu formel.
Pour être tout à fait honnête, on aurait pu le prédire (lol). Avant de construire notre premier jean il y a quelques années, on avait fait un petit sondage. Et à la question “c’est quoi le problème avec vos jeans ?”, environ 20% des répondants avaient déjà évoqué les problèmes de décoloration : “la teinture ne tient pas bien”, “la couleur part trop vite”, “le tissu se décolore”, etc.
À l’époque, comme on était encore bercés par le mythe du jean qui patine (et qu’on n’avait pas encore reçu toutes les photos ci-dessus), on ne l’avait pas vraiment considéré comme un problème à résoudre. 6 ans plus tard, on a décidé de lancer (aussi) un jean qui ne décolore pas.
Mais avant de vous expliquer comment on a fait, on doit faire un petit détour par la technique et vous expliquer pourquoi les jeans décolorent contrairement aux autres pantalons (eh oui : vous avez sûrement remarqué que la couleur tient beaucoup mieux sur vos chinos que sur vos jeans).
Colorant indigo vs. colorants réactifs
D’abord, une petite explication technique. Un jean (bleu) c’est un tissu avec des fils verticaux bleus (la “chaîne”) et horizontaux blancs (la “trame”).
Ces fils bleus sont teints avec un colorant un peu spécial : l’indigo, qui a la particularité de ne pas pouvoir se lier chimiquement avec la cellulose du coton. Pour une teinturerie, c’est donc très difficile de faire pénétrer ce colorant jusqu’au cœur du fil. Ça demanderait des bains beaucoup plus longs et concentrés, bien trop chers en termes industriels. Les fils bleus ne sont donc teints qu’en surface.
Si on faisait une coupe d'un fil bleu de jean, voilà ce qu'on verrait.
Alors pourquoi un jean délave ?
D’abord, les frottements lors des lavages et des portés finissent par laisser apparaître le coeur blanc à l’intérieur des fils.
En plus, avec les lavages, le colorant indigo migre des fils bleus vers les fils blancs, qui prennent une teinte légèrement bleutée.
C’est ça, le mécanisme derrière la “patine”. Ce n'était pas forcément voulu à la base : c’est surtout une conséquence des caractéristiques techniques de l’indigo.
À gauche : un denim ‘brut’, non lavé. On voit qu’il y a des fils très bleus et des fils très blancs qui s'entrecroisent. À droite : un denim délavé. On ne distingue plus vraiment le fil blanc du fil bleu.
Donc nous, si on veut un jean qui ne décolore pas avec le temps, il faut qu’on choisisse un colorant qui se lie chimiquement à la cellulose du coton pour pénétrer jusqu’au cœur du fil. Bonne nouvelle, ça existe depuis les années 50 : ce sont les colorants dits réactifs. Et ils sont utilisés sur la plupart des tissus en coton aujourd’hui.
Sauf, bien sûr, sur les jeans. Peut-être parce que l’esthétique hollywoodienne des jeans délavés a trop pénétré les esprits ? Peut-être parce que les usines de teinture d’indigo ont demandé beaucoup d’investissements et qu’on veut les rentabiliser ? Peut-être parce que les colorants réactifs sont légèrement plus chers que l’indigo ? C’est probablement un mélange de toutes ces raisons.
Du coup, pas évident pour nous de développer un jean teint avec des colorants réactifs : il fallait qu’on trouve un tisseur de jeans capable de teindre avec ces colorants alors qu’ils sont tous spécialisés dans la teinture indigo.
Heureusement, on a eu un petit coup de pouce, venu de loin : celui des consommateurs chinois.
La Chine, le pays des vêtements qui ne décolorent pas
Si l’esthétique hollywoodienne des jeans patinés et délavés a profondément marqué les consommateurs occidentaux, c’est beaucoup moins vrai en Chine. Au contraire : les Chinois se méfient des tissus qui déteignent. Et l’histoire du pays aide à comprendre pourquoi.
Dans les années 30, l’entreprise de chimie allemande IG Farben cherche des débouchés pour un colorant bleu très solide dit “indanthrène” : elle fait alors des campagnes de pub massives pour pousser son adoption en Chine. À Shanghai, la robe de coton bleu devient alors l’uniforme des étudiantes et des femmes modernes, et le tissu bleu indanthrène qui ne déteint pas devient presque le “tissu national”.
Pub des années 30 pour les tissus teints avec le colorant indanthrène. À droite, il est écrit “pourquoi est-elle si joyeuse ?”. La réponse est à gauche : parce que sa robe “ne passe pas, même en plein soleil”.
Ça ne s’arrête pas avec l’arrivée du communisme, au contraire. Dans les années 50, l’industrie textile est mise sous tutelle de l'État, qui impose des contraintes fortes aux usines pour éviter les pénuries. Par exemple, à la fin des années 50, les teintureries généralisent la teinture des tissus à cœur pour faire disparaître le “défaut du cœur blanc qui existait depuis longtemps” (exactement le phénomène qui fait la patine des jeans). Une obsession qui se lit jusque dans les affiches de propagande.
Affiche de 1972. Son titre : “La couleur ne passera jamais”
Cette exigence pour la solidité des couleurs n’a pas disparu avec l’ouverture au capitalisme : depuis 2003, une norme chinoise interdit même la vente de vêtements qui décolorent trop avec les frottements. Autrement dit, un jean avec un beau tissu japonais, qui bleuit un peu les doigts ou le canapé, serait probablement interdit à la vente en Chine.
Ces dernières années, l’absence de décoloration est même devenue un argument de vente pour les marques de jeans chinoises. Sur les sites Taobao ou JD (les Amazon chinois), on lit souvent des promesses pour les jeans du type bù yì tuì sè (“ne passe pas facilement”) ou encore bù diào sè (“ne déteint pas”).
Une fiche produit typique de jean sur le site JD.com. Pour les (rares) non-bilingues qui nous lisent, ça dit que c’est un denim haut de gamme qui ne déteint pas facilement grâce à une teinture réactive.
Notre premier prototype
Pourquoi on vous raconte tout ça ? Parce qu’il y a un an, l’usine italienne Candiani (notre principal fournisseur de tissus denim) a lancé un tissu de jean “stay blue”, c’est-à-dire teint avec des colorants réactifs pour… le marché asiatique.
Quand on l’a appris, on leur a tout de suite demandé quelques mètres de ce tissu pour faire monter un prototype. Et le résultat nous a ravi.
D’abord, la couleur est très belle, et elle fait très “jean”. Et ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, car il n’existe pas de colorant réactif qui reproduise exactement le même spectre lumineux que l’indigo. Ce dernier est un bleu sombre légèrement violacé (le fameux “red cast” que cherchent les amateurs de denim). Il faut donc créer un mélange de colorants réactifs qui s’approchera le plus possible de l’indigo, avec notamment un peu de colorant rouge pour reproduire ses reflets typiques. Avec en plus une contrainte : trouver des colorants réactifs qui ont tous à peu près la même solidité au lavage ou à la lumière, pour que la couleur du jean ne "vire" pas avec fil du temps.
Ensuite le tissu aussi est beau : ses fils comportent des “slubs”, c'est-à-dire de légers épaississements par endroits qui lui donnent de la texture et du caractère.
Maintenant, reste à savoir comment ce jean va tenir dans la durée : est-ce que le brut restera bien brut ? Est-ce qu’il n’y a pas d’autres problèmes qu’on n’a pas anticipés ?
Pour répondre à ces questions, le juge de paix, c’est de beaucoup porter et laver le vêtement. Et ça, on a l’habitude de le faire chez Loom.
Suivi des vêtements qu’on teste “au porté”. Ou pourquoi Guillaume n’achète jamais de vêtements.
Résultat : après des mois à le porter souvent et le laver n’importe comment (à 60°C, sur l’endroit, avec une machine remplie – cascade à ne pas reproduire chez vous) :
À gauche notre jean “stay blue” neuf, à droite le même jean, mais porté et lavé pendant 10 mois par Guillaume.
La tenue de la couleur, et en général la qualité du jean, sont bluffantes. On décide donc de lancer la fabrication. Hélas, la vie n’est pas un long fleuve tranquille.
L’heure du compromis
Quand on a écrit à Candiani pour passer commande du tissu, coup dur : ils nous annoncent que leur partenaire italien qui faisait la teinture réactive a fermé. En plus, la période est compliquée pour les usines italiennes et le prix de la teinture a beaucoup augmenté : ils envisagent d'arrêter de produire ce tissu de jean “stay blue”.
On leur écrit un mail pour les supplier de continuer à le proposer, en leur expliquant qu’on penserait sûrement en vendre un paquet et que notre jean pourrait peut-être même donner envie à d’autres marques de développer aussi un jean stay blue avec leur tissu. Ils nous répondent alors que la seule manière de continuer à proposer ce tissu, c’est d’aller le produire dans une grosse usine qui sait faire du denim teint en réactif… en Egypte. Cette grosse usine a l'avantage d'être plus solide financièrement : elle ne risque pas de mettre la clef sous la porte dans les prochains mois.
Pour nous, il y a un premier deuil à faire : bien sûr, la confection de notre jean sera toujours faite au Portugal mais cette impossibilité de faire tisser et teindre notre denim en Europe est un signal inquiétant pour l’avenir de l’industrie de notre continent.
Autre renoncement : le coton. Sur cette première production, le tissu ne sera pas fait avec du coton bio certifié GOTS mais avec du coton dit “régénératif”, une certification un peu bullshit. Si vous trouvez que ça n’est pas si grave, vous pouvez lire ou relire cet article : la question du coton bio n’est pas un détail en termes d’impact sur l’environnement et la santé.
Malgré tout, on a décidé de passer commande du tissu. D’abord, le renoncement au coton bio est, on espère, seulement temporaire : si nos jeans se vendent bien et que le tissu tient ses promesses, on pourra commander de plus grosses quantités de tissu et atteindre les minimums de production pour passer au coton bio. Et en ce qui concerne la production en Égypte, on doit être lucide : la fermeture des usines européennes comme cette teinturerie italienne est une lame de fond qu’on ne pourra pas freiner avec nos seules commandes. Et qui sait, peut-être qu’un jour, si le “stay blue” se démocratise en France, Candiani décidera de réimplanter une unité de teinture réactive en Italie.
À quoi ressemble notre premier jean “stay blue”
Pour cette première production de denim “stay blue”, on lance une nouvelle coupe dans le vestiaire homme : le jean large.
C’est une coupe plus ample que notre jean droit, mais pas baggy non plus (et assez stylée si vous voulez notre avis absolument pas biaisé).
Et c’est surtout une coupe qui marche très bien avec ce tissu stay blue 100% coton (sans élasthanne) et épais (14 ¾ oz) : pas besoin d'élasthanne ou d’un tissu léger s’il y a suffisamment de place pour les jambes. Disponible uniquement en coloris brut (puisque c’est principalement cette couleur qui pose des problèmes de décoloration).
Attention, on ne veut pas vous faire de surpromesse : aucun colorant n’est éternel. Les lavages, les UV, les frottements attaquent la teinture. Dans cinq ans, le jean ne sera probablement pas aussi bleu qu'au premier jour (et vous ne serez probablement jamais aussi beau que Brad Pitt, même si votre jean est plus bleu que le sien). Mais vous pourrez toujours le reteindre (le jean, pas Brad) pour une dizaine d’euros (notre tuto ici).
Et la suite ?
On attend d’avoir les retours des acheteurs de ce jean large, après plusieurs mois (voire années ?) de portés. Si tout se passe bien, on pourra rajouter la couleur “stay blue” à la gamme de notre jean droit (à la place du brut), voire de notre jean large femme (il arrive bientôt) et passer ce tissu en coton bio. Bref, maintenant on attend et on vous écoute.
De afgelopen weken heb je vast een hele reeks nieuwsbrieven gekregen over hun « trackingpixel », met een knop om bezwaar te maken (dat komt doordat de CNIL onlangs heeft bepaald dat deze pixels hetzelfde zijn als browsercookies: je moet erover geïnformeerd worden en er moet om je toestemming worden gevraagd).
Maar wat is een trackingpixel eigenlijk? Een leeg, transparant en piepklein plaatje (één pixel breed en één pixel hoog). Telkens als je een e-mail opent, meldt dit kleine verklikkertje dat aan de afzender (plus het tijdstip en het apparaat waarop je zit). Vandaar de bijnaam « spionagepixel ».
De code van een trackingpixel
Waarom merken ze gebruiken? Voor van alles en nog wat:
Open je alleen mails over één onderwerp, dan krijg je voortaan alleen nog dat onderwerp (waarom niet)
Open je vaak, dan word je ingedeeld als « betrokken lezer » en krijg je nog meer mails (hm, al vervelender)
Heb je een mail niet geopend, dan krijg je hem een paar dagen later opnieuw, met een andere onderwerpregel (niet cool)
Open je helemaal niets meer, dan exporteert het merk je e-mailadres naar Insta, Google en YouTube om je profiel te vinden en je op die platforms met advertenties te bestoken (helemaal niet cool).
Bij Loom doen we niets van dat alles: geen automatische herinneringsmails, geen segmentatie op basis van wat je opent (we zouden niet eens weten hoe, en we hebben geen zin om het te leren), geen export van je adres naar Instagram om je advertenties te laten zien (want we maken geen reclame). Sterker nog: omdat we onszelf verbieden om consumptie aan te wakkeren, hebben we al die functies eigenlijk helemaal niet nodig.
Daarom hebben we iets uitgezet: het individueel meten van e-mailopens met een trackingpixel. Met andere woorden: we weten niet meer wie onze mails opent, en ook niet wanneer. YEYEYEYE FREEDOM!
Het betekent ook dat we het « openingspercentage » van onze nieuwsbrieven niet meer meten. Om te weten of wat we schrijven goed is, hebben we nog andere indicatoren, zoals het aantal uitschrijvingen… of jouw reacties (die altijd welkom zijn): als een nieuwsbrief slecht is, weten we dat heel snel ;-)
Weet je waar het meeste beddengoed wordt gemaakt dat in Frankrijk wordt verkocht? Voor meer dan de helft is dat in Pakistan. Door de concurrentie uit lagelonenlanden zijn er in Frankrijk namelijk bijna geen fabrieken voor bedlinnen meer over. Toen we dat doorhadden, wilden we ons steentje bijdragen om de laatste Franse fabrieken overeind te houden. Temeer omdat we beseften dat we dit beddengoed konden verkopen voor prijzen die niet eens zo ver af liggen van die van beddengoed dat aan de andere kant van de wereld wordt gemaakt. Hoe dat kan?
Reden nr. 1: beddengoed is een eenvoudig product
Om te beginnen is het verschil in productiekosten tussen beddengoed made in France en made in Pakistan veel kleiner dan bij kleding. Want ook al heb je behoorlijk wat machines nodig om beddengoed te maken (weefgetouwen, verfmachines…), er komt veel minder naaiwerk bij kijken dan bij bijvoorbeeld een overhemd. Je hoeft geen tientallen stukken stof aan elkaar te naaien – het gaat vooral om zomen en afwerkingsdetails. Kortom: bij huishoudtextiel wegen de hoge Franse loonkosten minder zwaar dan bij het maken van kleding (als het onderwerp je interesseert: we hebben er een heel artikel over geschreven).
Zomen naaien bij Vogimex, onze confectiefabriek in de Vogezen, in het noordoosten van Frankrijk (nee, dat is niet ons beddengoed op de foto)
Reden nr. 2: er is "overkwaliteit" op de markt
Op de markt voor bedlinnen pakken merken vaak uit met katoenperkal van “120 draden per cm2” als kwaliteitsargument. Het verschil met perkal van 80 draden is dat de draden fijner zijn. En hoe fijner de draden, hoe duurder de stof.
Het klopt dat een fijnere draad de stof zachter maakt. Maar bij onze labtests merkten we dat de stof daardoor ook iets minder bestand is tegen gaten en scheuren.
Begrijp ons niet verkeerd: beddengoed van katoenperkal is zacht en van topkwaliteit, of het nu 80 of 120 draden is (in beide gevallen zijn de draden al heel fijn). Maar we vinden perkal van 80 draden een beter compromis: daarmee kunnen we kwaliteitsbeddengoed aanbieden dat niet alleen betaalbaarder en steviger is, maar ook beter ademt en minder kreukt (hoe fijner de draden, hoe meer de stof kreukt – en eerlijk, wie strijkt er nou graag zijn lakens?).
Perkal van 80 vs. 120 draden: de strijd (resultaten van onze labtests)
Reden nr. 3: we hanteren een lage marge
Tot slot: dat we dit beddengoed voor betaalbare prijzen kunnen aanbieden, komt door ons bedrijfsmodel. We hanteren een lage marge omdat we geen collecties maken (die geld zouden kosten aan ontwikkeling en onverkochte voorraad), geen reclame (waarvan we de kosten zouden moeten doorrekenen in de producten) en geen kortingsacties (waardoor we de rest van het jaar duurder zouden moeten verkopen).
Kortom: dit beddengoed made in France kunnen we verkopen voor prijzen die in lijn liggen met de rest van het premiumsegment: € 80 tot € 90 voor het dekbedovertrek, € 35 tot € 40 voor het hoeslaken, € 18 voor de kussensloop. Temeer omdat het van biologisch katoen is (GOTS-gecertificeerd), terwijl het meeste beddengoed dat in Frankrijk wordt verkocht van gangbaar katoen is gemaakt (oftewel vol pesticiden gespoten).
Beloofd: de keuze van de 3 kleuren was niet expres
En we zijn er heel trots op dat we het in de Vogezen hebben laten maken, in drie fabrieken die thuis zijn in hoogwaardig bedlinnen:
Tissage Mouline Thillot, een weverij die in moderne machines heeft geïnvesteerd om concurrerend te blijven toen veel fabrieken naar Azië vertrokken.
Crouvezier, onze ververij, die heel snel reageerde toen we tegen de (onvermijdelijke) productieproblemen aanliepen...
En dan Vogimex, dat al ons beddengoed met zorg heeft genaaid en zelfs doorwerkte tijdens de sneeuwstormen van januari in de Vogezen (in 10 jaar niet meer vertoond, schijnt het).
Beloofd: die worsteling met het dekbedovertrek is het waard.
Hier zijn Julia en Guillaume, de oprichters van Loom. We kruipen vandaag zelf in de pen om je te vertellen over een onrecht dat zwaar op ons weegt. Het gaat om de fijngebreide trui, waarvan net de 3e generatie is uitgekomen. Dit kledingstuk brachten we voor het eerst uit in 2019, in 100% merinowol. Zoals elke wollen trui is hij mooi en warm, verbleekt hij niet en lubbert hij niet uit. Maar hij heeft één groot nadeel.
Het soort foto’s dat we bij de klantenservice binnenkregen.
Verschillende klanten laten ons weten dat de trui door zijn fijnheid snel slijt bij de ellebogen. Dus stoppen we met de verkoop. En gaan we op zoek naar een oplossing. We storten ons in een wervelwind van labtests en prototypes om al onze hypotheses te bevestigen of te ontkrachten.
Hypothese 1: Slijten de fijne wollen truien van andere merken net zo snel als de onze? Ja, zelfs die van Uniqlo van € 39,90.
Roger leunt vast niet vaak met zijn ellebogen op een bureau.
Hypothese 2 : Werkt het om er een beetje synthetisch materiaal aan toe te voegen? Nee.
Mail aan de fabriek die onze truien breit, met de vraag om polyamide aan de trui toe te voegen. Spoiler: hij trok helemaal scheef.
Hypothese 3 : Kunnen we zo breien dat we alleen bij de ellebogen synthetisch materiaal toevoegen? Ja, maar dan wordt de trui onbetaalbaar…
Na een paar maanden moeten we het onder ogen zien: we moeten deze fijngebreide trui… in 100% katoen uitbrengen. Want qua slijtvastheid is er geen twijfel mogelijk: katoen is veel sterker dan wol.
In de labtest houdt ons prototype van de fijngebreide trui in katoen het 80.000 cycli vol, tegenover 14.000 voor de wollen variant.
In 2020 brengen we dus de 2e generatie van onze fijngebreide trui uit, in Egyptisch biologisch katoen met diepe kleuren. Dit keer hebben we geen last meer van gaten bij de ellebogen… maar zijn we de voordelen van wol kwijt: geurwerend, warm en vormvast. Begrijp ons niet verkeerd: deze trui is echt niet slecht (onze klanten geven hem gemiddeld een 4,8/5), maar zelf worden we er maar niet echt tevreden over. Dus besluiten we ook hier om hem niet meer te verkopen. We denken dat het ons nooit zal lukken om een warme én sterke fijngebreide trui te maken, en we laten het project varen. Tot we op een dag in februari 2024 van een fabriek horen over een garen van 53% wol en 47% katoen. En dan, EUREKA: zou dat de oplossing kunnen zijn voor een fijngebreide trui die warm, mooi, vormvast ÉN slijtvast is? Zonder aarzelen ontwikkelen we een prototype en testen we het in het lab. De resultaten:
Deze fijngebreide trui is bij de ellebogen 3 keer sterker dan een trui van 100% wol (die, ter herinnering, maar 14.000 cycli volhield).
Deze fijngebreide trui is 2 keer vormvaster dan een trui van 100% katoen.
Champagne! We vallen elkaar in de armen, we huilen, we zetten een polonaise in: eindelijk hebben we het revolutionaire procedé gevonden om een fijngebreide trui te maken die het houdt. Eindelijk kunnen we onze fijngebreide trui van de 3e generatie lanceren. Alleen: als we de rest van het team over deze ONGELOOFLIJKE innovatie vertellen, krijgen we op zijn best een ongemakkelijke stilte, maar meestal nauwelijks verholen spot: “wauw, jullie hebben een trui van een wol-katoenmix gemaakt…”
Gelukkig geldt: wat kan het de maan schelen dat de honden blaffen. Voor de prijsuitreiking nodigen we ze in elk geval niet uit wanneer we de eerste prijs winnen op de Concours Lépine, de beroemde Franse uitvinderswedstrijd.
Julia & Guillaume
De fijngebreide trui van de 3e generatie – mooi is hij ook nog, toch?
In juni 2021 brachten we onze eerste short uit (of bermuda, het komt op hetzelfde neer). Stevige stof, made in France, dubbele stiksel bij het kruis, versterkte tailleband, een “spijkerbroek”-knoop die niet loslaat, voorwassen om krimpen te voorkomen, rolverven voor een betere kleurvastheid, wastests voor de kleurechtheid... Kortom, we pasten min of meer hetzelfde recept toe als voor onze broeken, en we dachten alle ingrediënten in huis te hebben voor een short die jarenlang mee zou gaan.
Maar amper een maand na de lancering kregen we onze eerste klacht:
Eén klacht is niet zo erg: misschien een geïsoleerd geval. Behalve dat…
Het soort foto waar elke kwaliteitsverantwoordelijke nachtmerries van krijgt.
De short verkleurt niet alleen flink, hij verschiet ook nog eens van tint! De kleur antracietgrijs loopt bijvoorbeeld uit naar roodachtige tinten… Bij het 6e geval slaan we in paniek en zetten we de noodprocedure in gang: we halen de shorts uit de verkoop en starten labtests om de bron van het probleem te vinden.
Onze hypothese is dat deze verkleuring het resultaat is van de gecombineerde werking van UV en transpiratie – een beetje alsof onze shorts een flinke zonnebrand oplopen. Dus vragen we een test aan waarbij onze stoffen 32 uur lang worden blootgesteld aan UV in transpiratiebaden (geen echt zweet, hoor). En de resultaten doen pijn:
Au. Auw. Ouch.
Vertaling: onze short heeft inderdaad een groot verkleuringsprobleem bij de combinatie UV-transpiratie, vooral bij zogenaamd “alkalisch” zweet (dat wil zeggen met een basische pH).
Onze short is eigenlijk het slachtoffer van wat ververs het “golfersyndroom” noemen: de kraag van het poloshirt van golfers (die tientallen uren in de zon staan met zweet rond hun nek) verkleurt vaak door de gecombineerde werking van UV en transpiratie.
Voor ons is dat een ramp: we hebben honderden shorts verkocht die flink dreigen te verkleuren.
Dus besluiten we een grote productterugroeping te organiseren, een beetje zoals autofabrikanten die ontdekken dat er een probleem is met de remmen of de airbags.
Als jij ook een short of iets anders wilt verven, hier is het artikel in kwestie.
En de reacties laten niet lang op zich wachten:
We beseffen hoe groot de ramp is... en ook hoe toegeeflijk onze klanten zijn.
In de maanden die volgen, werken we samen met onze fabriek aan een verfrecept voor shorts dat beter standhoudt. Ze verbeteren het wat, maar niet genoeg. Eigenlijk lopen we tegen een muur aan: zelfs na tal van pogingen lukt het ons niet om een verf te maken die volledig ontsnapt aan UV-verkleuring. We moeten onze software herzien.
Het is niet de verf die je moet veranderen, het is de verfmachine
Op dit punt snappen we iets niet goed: we hebben al heel wat kleding gemaakt die aan zon en transpiratie wordt blootgesteld… maar zonder ooit zulke verkleuringsproblemen tegen te komen. Te beginnen met onze T-shirts. Waarom dan?
Onze hypothese is dat de verkleuring eigenlijk komt door de machines waarmee de shorts worden geverfd, die anders zijn dan die voor het verven van T-shirts.
Jazeker: ons T-shirt is namelijk gebreid (om het elastisch te maken), terwijl onze short gemaakt is van een stof die geweven is (om het juist stevigheid te geven).
Bron afbeelding: threadden.com
Omdat geweven materialen vrij stevig zijn, kunnen ze worden geverfd met zogenoemde “continue” machines: ze worden via een rollensysteem door een verfbad geleid, voordat ze worden uitgewrongen en gedroogd. Het is een vrij snel en economisch proces, met als voordeel dat het relatief weinig water en energie verbruikt.
Een continu-verfmachine, zoals die gebruikt wordt om de stof van onze shorts te verven (video hier).
Deze machines kunnen we echter niet gebruiken voor gebreidematerialen, die rekbaarder zijn en vervormd zouden kunnen raken door de spanning tussen de rollen. In plaats daarvan laten we ze urenlang draaien in een autoclaaf: een soort grote wasmachine, onder druk, bij een temperatuur van meer dan 100°C.
Voorbeeld van een autoclaaf, niet te verwarren met de kleine onderzeeër van kapitein Nemo.
Omdat de kleuren van onze T-shirts erg goed bestand zijn tegen UV en transpiratie, vragen we ons af of het geheim van die kleurvastheid misschien precies in dat urenlange warme bad bij hoge temperatuur en hoge druk zit. Misschien houdt dat de kleuren beter vast dan een snelle passage door een verfbad tussen twee rollen?
En inderdaad bestaat er ook een proces om kledingstukken van geweven materialen te verven in baden.
In de fabrieken noemen ze dat “garment dyed” (in gewoon Nederlands: “kledingstukverven”: verven als het kledingstuk al helemaal af is). In plaats van eerst de stofrollen te verven en pas daarna het kledingstuk te maken, doen we precies het omgekeerde: we maken eerst het kledingstuk en pas daarna stoppen we het in een verfbad. Met vrijwel dezelfde machines als voor het verven van de gebreide stoffen van onze T-shirts.
Kortom, “garment dyed” komt erop neer dat je al gemaakte kledingstukken in een wasmachine stopt (zoals deze) samen met verfstof (link video).
En dat interesseert ons enorm. We besluiten dan ook een prototype van een “garment dyed” short te lanceren.
Als we hem ontvangen, zien we dat hij er onregelmatiger en meer verweerd uitziet dan onze vorige short. Logisch: omdat deze nieuwe short al geconfectioneerd wordt geverfd, volgt de verf de onregelmatigheden van de naden, de bobbels van de knopen, en de plooien in de stof.
Als je goed kijkt, zie je kleurverschillen ter hoogte van de “hardere punten” (lusjes, zakranden...)
En dat is eigenlijk goed nieuws voor de veroudering: omdat de stof er niet perfect uniform uitziet, valt slijtage door het wassen of door UV veel minder op.
Oké, dat klinkt allemaal mooi, maar houden de kleuren van de “garment dyed” short beter stand tegen UV en transpiratie?
Wat het in de praktijk oplevert
Voordat we onze nieuwe shorts aan het grote publiek lanceren, en na het uitproberen van verschillende verfrecepten, laten we in het lab een kleurechtheidstest uitvoeren, die – gelukkig – heel overtuigend blijkt.
Je snapt er misschien niets van, maar dit zijn echt heel goede resultaten voor UV- en transpiratiebestendigheid – we hebben er zo lang over gedaan om kleuren te vinden die standhouden, dat we voorlopig niet van plan zijn die van onze shorts te veranderen.
We starten dus de productie van onze “garment dyed” shorts, en 6 maanden later beginnen we ze te verkopen… met een beetje spanning: gaan deze shorts uiteindelijk ook niet verkleuren?
En daar is-ie dan!
Om daarachter te komen, moeten we minstens een maand wachten, tot onze klanten een e-mail krijgen waarin we hen om hun mening over onze producten vragen (genoeg tijd om ze al wat te dragen en een eerste keer te wassen). En dan, eerste opluchting: niets te melden! Onze klanten zijn dol op de short.
Reacties van onze klanten op de short, een maand na aankoop.
Maar het echte oordeel kregen we in mei 2025, toen we de eerste reacties van onze klanten ontvingen, een jaar na hun aankoop (op dat moment sturen we hen een e-mail om te weten hoe hun kleding veroudert). En dan, halleluja: onze klanten zijn nog steeds superblij met de short. Op 65 beoordelingen geven ze een gemiddelde score van 4,7/5!
Stéphane weet in elk geval hoe je een compliment geeft
Oké, de kleur van de shorts verandert wel een beetje...
De foto’s die klanten ons sturen, een jaar na hun aankoop.
... maar deze keer verweert hij mooi, niet te sterk en zonder van kleur te veranderen.
Selectie van klantcitaten ter illustratie van het voorgaande punt. Met vriendelijke groet.
Praktisch, maar geen wondermiddel
Op dit punt vraag je je misschien af: waarom doen we dan niet aan garment dyed voor al onze Loom-kleding?
Omdat deze manier van verven ook nadelen heeft. Ten eerste, zoals we hierboven al zagen, kan het een licht onregelmatig uiterlijk geven: voor een short is dat helemaal geen probleem – integendeel – maar het kan wel storen bij een net kledingstuk, zoals een chino of een formeel overhemd. Ten tweede is het lastiger te beheersen in de fabriek: het kost wat meer (meer water- en energieverbruik), er is meer uitval, het is moeilijk om precies de juiste kleur te krijgen, en tot slot kan langdurige hitte de kleding soms verzwakken.
Kortom, garment dyed is geen wondermiddel. Hoe meer we begrijpen van textiel, hoe meer we beseffen hoe complex het is: om duurzame kleding te maken, moet je voor elk kledingstuk het juiste productieproces vinden.
En kledingstuk na kledingstuk beginnen we ook te begrijpen dat je niet alles tegelijk kunt hebben. Om een short te maken die helemaal niet verkleurt, zouden we kunnen kiezen voor een stof met polyester (kleur is makkelijker te fixeren op synthetisch materiaal), zoals steeds meer merken doen, maar dat zou minder comfortabel en minder mooi zijn. Of we zouden hem in Azië kunnen laten maken: daar gebruiken ze bepaalde bijzonder agressieve (en gevaarlijke) verfproducten die bij ons verboden zijn. Uiteindelijk is elk kledingstuk dat we ontwikkelen het resultaat van een compromis tussen allerlei aspecten: de prijs, de impact op het milieu, de esthetiek, de ethiek, het comfort, enzovoort. Voor onze short hebben we gekozen voor een short in biologisch katoen (een natuurlijk materiaal), dichtbij huis gemaakt (in Portugal), die mooi zal verouderen met de tijd.
Kortom, we hopen dat je deze short mooi vindt, dat hij je door talloze zomers begeleidt… en dat hij net zo goed veroudert als jij.
In plaats van het te dumpen (of het te verkopen), besluit je het te schenken aan een organisatie die kleding inzamelt, of het in een speciale inzamelbak te gooien (goed gedaan, want maar 30% van de mensen doet wat jij doet).
De inzamelbak: de eerste stap van de reis.
Nadat het is ingezameld, komt je t-shirt terecht in een groot sorteercentrum, waar experts op gevoel en oogopslag over het lot ervan beslissen, op basis van de staat, de samenstelling en de mogelijke wederverkoopprijs.
De lopende band van het sorteercentrum: in een paar seconden wordt beslist over de toekomst van je t-shirt (foto: Le Dauphiné Libéré).
Vanaf hier zijn er verschillende scenario's mogelijk:
Optie 1: De crème (5%)
Je t-shirt is in topstaat en kan voor een goede prijs worden doorverkocht in een tweedehandswinkel: dan zeggen we dat het bij de “crème” hoort (onthou dat woord goed, we komen erop terug), oftewel de 5% ingezamelde kledingstukken met de hoogste waarde.
Optie 2: De onderkant van de mand (45%)
Je t-shirt is in slechte staat. Het wordt ofwel “gedecycled” (dat wil zeggen omgevormd tot poetslappen of isolatiemateriaal), ofwel verbrand om energie op te wekken.
Is je t-shirt weinig waard, dan eindigt het zijn leven wellicht letterlijk in de muur.
Optie 3: de grote middenmoot (50%)
Je t-shirt is een doorsnee t-shirt: het is goed genoeg voor een tweede leven, maar het is ook niet de crème de la crème. Het wordt dus samengeperst in een grote baal kleding, om vervolgens te worden doorverkocht aan een buitenlandse importeur.
Een opslagplaats met balen tweedehandskleding: een soort vertrekhal voor kleren (foto : Amiratex).
Maar gaan de kleren die we doneren dan niet naar mensen die het nodig hebben?
Dat hangt eigenlijk af van aan wie je ze geeft:
Organisaties voor solidair hergebruik (bijvoorbeeld: Le Relais, dat bijna de helft van de 47.000 Franse inzamelpunten beheert). In dat geval komt jouw donatie ten goede aan een sociaal project: het sorteren en doorverkopen van kleding creëert banen voor mensen die weer aan het werk gaan, en de opbrengsten financieren hun solidariteitsacties.
Hulporganisaties voor kansarmen (bijvoorbeeld: le Secours Populaire, het Rode Kruis of Emmaüs): een klein deel van je donaties kan terechtkomen in solidariteitswinkels, waar de meest kansarme mensen gratis kleding kunnen krijgen (via zogenoemde “solidaire kledingbanken”).
Overig: in dat geval komen je oude kleren niet ten goede aan de armen, maar aan een gewoon commercieel bedrijf1.
Dus nee: de meeste kleding wordt niet “aan de armen gegeven”, simpelweg omdat de behoefte ruimschoots wordt gedekt door de bestaande donaties. Als je daarentegen waardevolle kleding aan organisaties schenkt, draag je bij aan een solidariteitssysteem: hoe "rijker" de “crème” die deze organisaties inzamelen, hoe rendabeler ze zijn en hoe meer ze mensen in nood kunnen helpen.
Zo werkt het in theorie. Behalve dat…
Vandaag de dag staat de Franse tweedehandssector met de rug tegen de muur. Sommige inzamel-, sorteer- en recyclingbedrijven verliezen geld en sluiten stuk voor stuk hun deuren.
Wat is er gebeurd?
Ten eerste: door de opkomst van platforms zoals Vinted zijn particulieren geneigd om te verkopen wat financiële waarde heeft en weg te geven wat minder waard is: de “crème” die overblijft voor de organisaties wordt magerder, wat hun economisch evenwicht ondermijnt.
Een campagne van Emmaüs die nepadvertenties op Vinted plaatste om te herinneren aan het belang van solidaire schenkingen (foto: Label Emmaüs).
Maar het is vooral de opkomst van fast fashion en low cost die het verdienmodel van tweedehandskleding een klap geeft: de waarde van de “crème” is structureel gedaald naarmate Shein, Primark, Leclerc en consorten marktaandeel wonnen. Ten eerste omdat de kwaliteit van de kleding afneemt, maar vooral omdat de nieuwprijzen van deze ketens zo laag zijn dat het voor organisaties moeilijk is om er bij wederverkoop geld aan over te houden. En juist op de wederverkoop van die “crème” steunt het hele verdienmodel van de inzamel- en sorteerbedrijven. Hoe goedkoper de kleding, hoe minder levensvatbaar de tweedehandssector. Niet verrassend dat organisaties als Emmaüs in deze context vragen om een regulering van het fast fashion- en low cost-model.
Er is nog een derde, meer contextuele verklaring voor de crisis in de tweedehandssector: de exportmarkten lopen vast. De Afrikaanse landen die traditioneel onze tweedehandskleding afnamen, wenden zich nu tot Chinese tweedehandskleding, en Frankrijk weet niet goed meer wat het aan moet met de miljoenen kledingstukken die het op zijn handen heeft.
Maar de crisis van tweedehandskleding in Frankrijk is slechts het topje van de ijsberg: de tweedehandssector maakt een wereldwijde crisis door, zowel economisch als ecologisch.
Weet je nog, je t-shirt dat je in een inzamelbak hebt gegooid? In de helft van de gevallen wordt het verkocht aan een buitenlandse importeur. Maar naar welk “buitenland” wordt je t-shirt eigenlijk gestuurd ?
B) De problemen van tweedehandskleding in Afrika
In meer dan de helft van de gevallen2, komen tweedehands kledingstukken in Afrika terecht, omdat het er (voorlopig) goedkoper is om westerse tweedehandskleding te kopen dan nieuwe kleding.
En in welk Afrikaans land dan wel? Voor jouw t-shirt is dat moeilijk precies te zeggen: na het sorteren en opnieuw sorteren in verschillende landen raak je het spoor van Franse kleding een beetje kwijt. Maar als we naar alle wereldwijd ingezamelde kleding kijken, zijn dit de belangrijkste Afrikaanse landen3 waar ze waarschijnlijk terechtkomen:
Hier hebben we het dus over wereldwijde stromen. Voor Frankrijk zijn de belangrijkste exportlanden Madagaskar, Benin, Togo, Haïti… kortom, de voormalige koloniën.
Wat gebeurt er met het kledingstuk zodra het in Afrika is aangekomen? Om dat te weten te komen, kijken we naar wat er in Ghana gebeurt, het Afrikaanse land waar het levenseinde van kleding het best is onderzocht, dankzij The Or Foundation, een ngo die daar zeer actief is.
Het kledingstuk wordt gelost in de haven van Accra, de hoofdstad, stevig verpakt midden in een baal tweedehandskleding, die op haar beurt is volgepakt in een container met tot wel 400 van zulke balen.
De kledingimporteur is geen liefdadigheidsorganisatie, maar een winstgevend bedrijf: hij verkoopt deze baal « blind » aan een lokale handelaar, een zogenoemde « wederverkoper », voor ongeveer 180 €. Deze wederverkoper (of "wederverkoopster", want het zijn vaak vrouwen) probeert de kleding vervolgens per stuk te verkopen op een van de kraampjes van de immense tweedehandsmarkt van Kantamanto.
Zo ziet een baal eruit wanneer die door een verkoper wordt gekocht. Geen enkele manier om te weten of er waardevolle kleding in zit of niet… een beetje zoals boosterpacks van Magic-kaarten.
De markt van Kantamanto in Accra, waar 30.000 mensen werken aan de wederverkoop, reparatie en upcycling van tweedehandskleding (foto: Green Views).
In 60% van de gevallen wordt het kledingstuk te koop aangeboden, soms na een wasbeurt of een strijkbeurt. Maar anders loopt het risico simpelweg… weggegooid te worden.
Waarom zo'n verspilling?
Als een kledingstuk naar Afrika wordt geëxporteerd, is dat omdat het over het algemeen in goede staat verkeert: naar schatting is 95% van de kleding in deze balen “draagbaar”.
Maar er zijn duizend-en-een redenen waarom een “draagbaar” kledingstuk niet “verkoopbaar” is: misschien zijn de naden een beetje verdraaid, misschien is er al veel van dit soort kleding te koop op de markt, misschien is het te warm voor het klimaat, misschien heeft het een snit, kleur of stijl die hier niemand mooi vindt, of misschien moet het worden gestreken en gewassen, maar is die investering het gewoon niet waard.
Als er weinig kleding beschikbaar was in Ghana, zou er zeker minder kleding worden weggegooid. Maar door de vloedgolf aan tweedehandskleding afkomstig van fast fashion, komen er al zoveel stuks per dag binnen dat de kans steeds groter wordt dat een kledingstuk onverkocht blijft… wat de wederverkopers in een kritieke economische situatie brengt.
En als het wordt weggegooid, wat gebeurt er dan met dit kledingstuk?
In Ghana zijn er wel degelijk officiële stortplaatsen, maar die raakten al snel overweldigd door de hoeveelheid ontvangen kleding. En bij gebrek aan ruimte wordt de overtollige kleding verbrand of achtergelaten op open stortplaatsen.
In Accra is de omvang van de stortplaats van Old Fadama in 5 jaar tijd 2 keer zo groot geworden (foto: Pouvoirs d'Afrique).
Een achtergelaten kledingstuk kan ook door de regen worden meegevoerd naar een goot, op het strand belanden en daar beginnen te ontbinden, met dramatische gevolgen: uitstoot van microplastics, impact op het onderwaterleven, de gezondheid van bewoners, de economie van de stad…
De kleding op de stranden van Ghana, zoals we die konden zien in verschillende recente tv-reportages (foto: Hugo Clément).
Even de situatie samenvatten:
goedkope nieuwe kleding overspoelt de westerse landen
hun waarde is te laag voor de lokale tweedehandsmarkt, dus worden ze doorverkocht naar het buitenland
er zijn er zoveel dat deze kleding grotendeels onverkocht blijft in Afrika
bij gebrek aan infrastructuur hopen ze zich uiteindelijk op in de natuur
Kleine kanttekening: het is onwaarschijnlijk dat het t-shirt dat je in Frankrijk in een inzamelbak gooide, op een strand in Ghana belandt — dit land ontvangt vooral tweedehandskleding uit de Angelsaksische wereld. Er zijn ook problemen met textielvervuiling in de landen waar Frankrijk zijn tweedehandskleding naartoe exporteert (bijvoorbeeld de lagune van Cotonou) maar waarschijnlijk in mindere mate dan in Ghana. Maar niets beschermt deze landen ertegen om op een dag door dezelfde textielvervuiling en economische crisis te worden overspoeld.
Hoe veranderen we dit systeem dan?
II. De schijnbaar goede ideeën om tweedehandskleding te redden
Voordat we op zoek gaan naar manieren om dit systeem weer recht te trekken, kijken we eerst naar de schijnbaar goede ideeën: ze lossen de situatie niet op, en riskeren die zelfs te verergeren… maar het zijn vaak wel de ideeën die steeds weer terugkomen in het publieke debat.
A) Slecht idee nummer 1: van de ene op de andere dag stoppen met de export van tweedehandskleding
Dit is vaak het eerste idee dat opkomt bij het zien van deze bergen textielafval: westerse landen zouden gewoon moeten stoppen met het exporteren van hun tweedehandskleding, of Afrikaanse landen zouden de invoer ervan moeten verbieden. In werkelijkheid is dat een heel slecht idee.
Ten eerste zou van de ene op de andere dag stoppen met exporteren neerkomen op het slopen van een hele economische sector, en dus op het aan de bedelstaf brengen van tienduizenden mensen in Afrika.
Maar vooral zou dat een ander probleem creëren: “We zijn er 100% zeker van dat als de export van tweedehandskleding morgen zou stoppen, die volledig zou worden vervangen door nieuwe fast fashion, wat nog erger zou zijn”, aldus de verantwoordelijken van de ngo The Or Foundation. Op de markt van Kantamanto, historisch gezien voorbehouden aan tweedehandskleding, komen er steeds meer kraampjes met nieuwe fast fashion. Een van de weinige dingen die vandaag een massale toestroom van nieuwe low-cost kleding naar Afrika tegenhoudt, is de dominantie van tweedehandskleding, die goedkoper blijft.
Dat gezegd hebbende, moeten we op middellange termijn inderdaad minder kleding naar het buitenland exporteren en de tweede levensfase ervan beter beheren binnen onze eigen landsgrenzen.
B) Slecht idee nummer 2: beter sorteren vóór export
De vervuiling van Afrikaanse stranden door tweedehandskleding wordt vaak herleid tot een kwestie van “slecht sorteren” in Frankrijk. Zoals we hierboven al zagen, is het probleem niet dat geëxporteerde kleding onvoldoende wordt gesorteerd: de redenen om kleding af te keuren op Afrikaanse markten zijn zo talrijk en complex dat “beter sorteren vóór export” onmogelijk is. Het echte probleem is dat er niet meer genoeg waarde zit in de ingezamelde kleding om het verdienmodel van alle spelers in de keten overeind te houden.
De mensen die kleding sorteren de schuld geven van de gevolgen van de opkomst van fast fashion, is oneerlijk… maar het leidt wel mooi de aandacht af van de werkelijke oorzaak van het probleem. Als het bad overstroomt, is degene die aan het dweilen is de schuld geven een manier om niet te hoeven zien dat de kraan wagenwijd openstaat.
C) Slecht idee nummer 3: alles recyclen
Op het eerste gezicht lijkt dit voor de hand liggend: waarom niet, in plaats van exporteren, in Frankrijk recyclen en onze oude kleding omvormen tot nieuwe kleding?
Helaas is het verdienmodel van recycling erg ingewikkeld: vezels die worden gerecycled uit oude kleding zijn over het algemeen duurder en van mindere kwaliteit dan hun equivalent in nieuw materiaal — en de recyclingindustrie blijft kwetsbaar. Dat bewijzen de recente problemen van Renewcell (nochtans gesteund door H&M), Carbios of Soex. Het resultaat: vandaag de dag wordt wereldwijd minder dan 1% van de oude kleding omgevormd tot nieuwe kleding.
We kunnen natuurlijk terugvallen op “decycling”, bijvoorbeeld door oude kleding om te vormen tot poetslappen of isolatiemateriaal. Maar ook dan is het voor lokale decyclingfabrieken niet zo eenvoudig om afzetmarkten te vinden: hun poetslappen en isolatiemateriaal kunnen al snel duurder uitvallen dan hun nieuw geproduceerde equivalenten aan de andere kant van de wereld. Om hun verdienmodel overeind te houden en hun ontwikkeling te stimuleren, zijn dus investeringen en subsidies nodig.
Dat is beter dan niets, en het is essentieel om zulke fabrieken te steunen. Maar als we de milieu-impact van textiel willen verminderen, mag deze decycling een optie zijn , maar alleen voor kledingstukken die te beschadigd zijn om nog gedragen te worden. We zouden er alles aan moeten doen om kledingstukken die nog draagbaar zijn opnieuw te dragen in plaats van ze om te vormen tot poetslappen. En om dat te bereiken is er maar één oplossing: fast fashion afremmen, zodat het stopt met tweedehandskleding te beconcurreren.
Om de badkuipmetafoor er nog eens bij te halen: alles inzetten op recycling, is alsof we ons geld alleen zouden investeren in waterzuiveringsinstallaties om het overstromende water te verwerken… in plaats van de kraan dicht te draaien, of op zijn minst de doorstroom te verminderen. Zou het niet logischer zijn om alleen kleding tot poetslappen te verwerken die zo lang is gedragen dat ze volledig versleten is?
Er is nog een lange weg te gaan om daar te komen, maar verandering is verre van onmogelijk.
III. Handleiding voor een écht circulaire textieleconomie
A) Ervoor zorgen dat het geld de kleding volgt
Zolang we zoveel kleding naar Afrika blijven sturen, kunnen we niet voorkomen dat een groot deel ervan afval wordt. Er zouden dus lokaal infrastructuren moeten worden ontwikkeld om het te verwerken: recyclingfabrieken, stortplaatsen, functionerende riolering, afvalwaterzuivering, verbrandingsovens. Maar er is een geldprobleem: aan de ene kant zijn de lokale bevolkingsgroepen afhankelijk van deze economie, maar aan de andere kant zijn de staten niet rijk genoeg om het afval te verwerken.
Hetzelfde geldt voor elektronisch afval uit westerse landen dat terechtkomt in Ghana, maar ook in India, Pakistan, Vietnam… (foto: documentaire “Prêt à jeter” van Arte)
Het geldgebrek zorgt ook voor kritieke veiligheidsproblemen. In januari 2025 brandde de markt van Kantamanto volledig af, bij gebrek aan een effectief brandpreventie- en beheersysteem. Nog een gevaar: het merendeel van de goederen wordt vervoerd door de kayayei — vrouwelijke “hoofddraagsters” — die zich door de smalle, volgepakte gangpaden van de markt wurmen, met lasten van wel 55 kg op hun hoofd. Dit werk is zwaar en gevaarlijk , en zou kunnen worden vervangen door vervoer met karretjes… als er genoeg geld was om de gangpaden te verbreden.
Er gebeuren ook drama's, wanneer een baal valt op de baby die de kayayei op hun rug dragen (foto: The OR Foundation).
Kortom, deze landen hebben geld nodig om onze tweedehandskleding te verwerken. En dat komt goed uit, want er bestaat al een systeem dat (in theorie) de financiering van het levenseinde van kleding mogelijk maakt: de REP, oftewel de uitgebreide producentenverantwoordelijkheid.
De REP is een systeem dat bedrijven verantwoordelijk maakt voor het levenseinde van de producten die ze op de markt brengen: kortom, de toepassing van het beginsel dat de vervuiler betaalt. Als een merk een kledingstuk op de Franse markt brengt, moet het een paar centen afdragen aan een “eco-organisatie”: ReFashion. Met het opgehaalde geld biedt deze organisatie financiële steun aan sorteerbedrijven, financiert ze een reparatiebonus voor kleding die je naar de kleermaker brengt, start ze communicatiecampagnes om consumenten bewust te maken, enzovoort.
Probleem: de buitenlandse landen die onze oude kleding ontvangen, zien niets van dat geld, want de financiering wordt uitsluitend binnen de eigen landsgrenzen besteed.
Maar als we spreken van “Uitgebreide” Producentenverantwoordelijkheid, zou het dan niet normaal zijn dat degenen die het merendeel van ons textielafval verwerken, ook middelen krijgen om de nodige infrastructuur te bouwen en te voorkomen dat kleding in hun rivieren of op hun stranden terechtkomt?
Eigenlijk, zou je ervoor moeten zorgen dat het geld van de REP de kleding volgt wanneer die Frans grondgebied verlaat. Deze “REP mondiale”, of Global EPR, is een terugkerende eis van ngo's en landen die afhankelijk zijn van tweedehandskleding.
B) Fast fashion afremmen… en laten betalen
Eerlijker zijn tegenover andere landen is belangrijk. Maar wat we vooral zouden willen, is op termijn een tweedehandseconomie die in Frankrijk zelf werkt, zonder dat we zoveel kleding naar de andere kant van de wereld hoeven te sturen.
Om te begrijpen hoe we daar komen, moeten we even teruggaan in de tijd. Waarom moest er een REP-keten voor textiel worden opgezet, oftewel: waarom moesten merken gaan betalen voor het beheer van het levenseinde van hun kleding?
Historisch gezien hoefde het tweede leven van kleding niet te worden gesubsidieerd: toen er nog weinig kleding was en die een hogere waarde had, repareerden mensen hun kleren en droegen ze tot op de draad versleten, of gaven ze door binnen de familie. En als de rijkeren zich van hun kleding ontdeden, vonden die makkelijk een nieuwe eigenaar. In de middeleeuwen was dat het werk van de oudkleerkopers: dit beroep hield zich niet alleen bezig met het doorverkopen van kleding, maar ook met het herstellen, reinigen en weer opknappen ervan. Deze business werkte fantastisch : in de 19e eeuw telde de markt van het Carreau du Temple in Parijs meer dan 1.500 oudkleerkopers.
Pas vanaf de jaren 80-90, met de opkomst van low cost- en fast fashion-merken, werd het verdienmodel van tweedehandskleding in Frankrijk onhoudbaar. Daarom moest in 2008 die beruchte “filière REP” worden opgezet: de staat vroeg merken om de tweedehandseconomie financieel te ondersteunen.
Op papier is dit een geweldig systeem.
Maar waar het misloopt, is dat alle merken dezelfde eco-bijdrage betalen, ongeacht hun verdienmodel : ongeveer 5 cent per kledingstuk, een bedrag dat de komende jaren zal stijgen om aan de nieuwe behoeften te voldoen. Dat is oneerlijk: het zijn juist de fast fashion- en low cost-merken die de winstgevendheid van tweedehandsspelers om zeep helpen, en zij zouden de kosten moeten dragen door hogere eco-bijdragen te betalen. Zo zou het beginsel dat de vervuiler betaalt, waarop de keten is gebouwd, worden gerespecteerd, en zouden deze merken worden aangespoord hun industriële en commerciële praktijken te herzien.
Hoe pak je dat aan?
Allereerst zou het bestuur van de REP-keten herzien moeten worden. Zoals we hierboven al zagen, wordt het beheer toevertrouwd aan een eco-organisatie: Refashion. Het bestek wordt opgesteld door de overheid, maar in de praktijk wordt het gefinancierd, aangestuurd en gecontroleerd… door de bedrijven die de meeste kleding op de markt brengen. Onder die omstandigheden is de kans klein dat Refashion een hogere eco-bijdrage zal vragen aan low cost- en fast fashion-merken. Wil deze eco-organisatie voorrang geven aan het algemeen belang, dan moet haar onafhankelijkheid worden versterkt, bijvoorbeeld door een onafhankelijke toezichthoudende instantie op te richten, zoals aanbevolen door dit recente rapport van de Inspection Générale des Finances.
Maar vooral is er echte politieke moed nodig om de eco-bijdragen die fast fashion betaalt significant te verhogen… En gelukkig begint dat stilaan te gebeuren. Met name dankzij de zogenoemde “anti fast fashion”-wet, die in maart 2024 unaniem werd aangenomen door de Assemblée nationale, met een bonus-malussysteem binnen de REP-keten dat kan oplopen tot 10 € per kledingstuk.
Toch zou het levenseinde van onze kleding veel duurzamer kunnen zijn, als er geen (of veel minder) fast fashion en low cost meer was. Als onze kleding weer waarde had, zouden we opnieuw leren hoe we ervoor zorgen en ze (laten) repareren: we zouden verschoten shorts opnieuw verven, kapotte naden van onze truien herstellen, mooie borduursels maken om gaten in onze sweaters te verbergen…
Eenmaal tot op de draad versleten, zouden onze kleren worden omgevormd tot poetslappen, isolatiemateriaal of kussenvulling. En als we ervoor kozen ze weg te doen terwijl ze nog in goede staat zijn, zouden ze makkelijk kunnen worden doorverkocht in lokale tweedehandswinkels, omdat ze genoeg waarde zouden hebben om alle spelers in de keten te laten voortbestaan: inzamelaars, herstellers en handelaars.
Kortom, dat zou een economie zijn die afval vermindert, die werkgelegenheid creëert in de regio's, welvaart voor alle schakels van de keten, vakmanschap en soevereiniteit… dat is toch een behoorlijk aantrekkelijke toekomstvisie, of niet?
P.S.: We hebben je hulp nodig
Frankrijk werkt momenteel aan een methode voor milieulabels op textiel, die een groot voordeel heeft: het bestraft prikkels om fast fashion te consumeren en moedigt duurzamere handelspraktijken aan. Er bestaat echter een risico dat Europa de tekst afkeurt en een minder gunstige methode oplegt. Help ons de Franse methode te steunen door deze online petitie te ondertekenen !
Noten
1 In sommige gevallen wordt ingezamelde kleding zonder te worden gesorteerd naar het buitenland geëxporteerd: dat heet export van origineel. De belangrijkste landen waarnaar Frankrijk exporteert zijn, in volgorde: Tunesië / België / de Emiraten / Pakistan (bron). Daar wordt de tweedehandskleding gesorteerd en geclassificeerd: de "crème" wordt weer naar Frankrijk (of andere westerse landen) geïmporteerd om te worden verkocht in tweedehandswinkels zoals Kiloshop. Waarom die heen-en-terugreis dan? Het is (zoals vaak) een kwestie van geld: in Pakistan is arbeid veel goedkoper. Uiteindelijk verplaatst de export van ongesorteerde kleding de sorteerfase naar lagelonenlanden. En van dat soort bedrijven zijn er best veel: ze zijn verantwoordelijk voor bijna de helft van de Franse kledingexport (bron: Refashion-rapport 2022: "Bijna de helft van deze stromen wordt niet door Refashion getraceerd, omdat ze worden geëxporteerd door niet-erkende partijen"). Wil je hier meer over weten, bekijk dan de documentaire Very Bad Fripes.
2 Ter verduidelijking: tweedehandskleding wordt soms eerst gesorteerd in centra in andere landen, zoals België of Pakistan, die het vervolgens naar Afrika sturen. Maar uiteindelijk komt meer dan 50% van de Franse export in Afrika terecht. Bron: herbewerking van douanecijfers.
3 Analyse op basis van wereldwijde handelsstatistieken (bron).
1. De (droevige) staat van de kledingindustrie in Frankrijk
Als je zo'n honderd kledingstukken bezit, zou je ongeveer… drie labels moeten tellen. Misschien een paar sokken, of een onderbroek of trui. Ja echt: slechts 3% van de kleding die in Frankrijk verkocht wordt, is ook daadwerkelijk in Frankrijk gemaakt1.
Met andere woorden: de kledingindustrie in Frankrijk, degene die ons dagelijks aankleedt, is vandaag de dag bijna volledig verdwenen2.
Toch is dat niet wat je in de krant leest. Je hoort soms spreken van een “wedergeboorte van de textielsector” die meer dan 100.000 banen zou tellen3 (een cijfer dat zelfs zou stijgen4) met kledingexport die zou zijn gestegen tot meer dan 14 miljard euro5… Helaas zijn deze cijfers misleidend.
Als je goed kijkt, blijken deze 100.000 banen alle werknemers te omvatten van bedrijven waarvan de “hoofdactiviteiten” bestaan uit “textielproductie, confectie, leer en schoeisel”. Maar hoeveel van deze bedrijven maken nu echt de kleding die we dagelijks dragen? Nou, niet veel. Zo zijn de 109.000 banen in de sector kleding, textiel en leer eigenlijk verdeeld6 :
We komen dus uit op:
42.000 banen in de leerindustrie, die de belangrijkste oorzaak is van de waargenomen banengroei (+14.000 banen sinds 20067). Maar deze bedrijven maken vrijwel geen kleding: een beetje gechargeerd gezegd maken ze vooral luxe handtassen, en daar kun je je dagelijks niet echt mee aankleden8.
36.000 banen in de eigenlijke textielindustrie, dat wil zeggen de productie van stoffen (spinnen, weven, enz.). Maar deze industrie is grotendeels gericht (voor twee derde9) op de productie van technisch textiel (bekleding voor autostoelen, werkkleding, stoffen voor meubels of de medische sector), maar ook op stoffen voor meubels of huishoudtextiel. Dit ecosysteem rond technisch textiel is gelukkig behoorlijk levendig in Frankrijk, maar het maakt vrijwel geen kleding.
31.000 banen in de kledingconfectie. Maar als je goed kijkt, blijken de grootste bedrijven in deze categorie (hier of daar) in werkelijkheid opdrachtgevers te zijn die het merendeel van hun kleding in het buitenland laten maken: het gaat dus niet om banen voor naaisters & naaiers, maar vooral om administratief personeel en inkopers - niets te maken dus met een lokale industrie. En voor de rest gaat het vooral om confectieateliers die voor de luxe-industrie werken (die tot 90% van hun klanten uitmaakt). Van deze 31.000 werknemers zijn er dus maar heel weinig die daadwerkelijk kleding maken...
In feite zijn er van deze 109.000 banen maar een paar duizend (waarschijnlijk niet meer dan 10.00010) die echt bedoeld zijn om Frankrijk dagelijks te kleden.
Als we de confectieateliers buiten beschouwing laten, die tegenwoordig vooral voor de luxe-industrie werken, blijven er in Frankrijk nog maar een stuk of vijftig kleine fabrieken over die daadwerkelijk kleding maken: een handvol spinners, wevers, breiers en ververs in nichesegmenten (we hebben er een lijst van gemaakt op dit document, voel je vrij om er nog meer aan toe te voegen als je die kent). Ter vergelijking: Bangladesh telt meer dan 8.000 fabrieken die zich toeleggen op kleding11, dat is bijna 200 keer zoveel…
En dit zijn dan ook steeds diezelfde fabrieken die je in tv-reportages ziet, als bewijs dat er nog steeds kleding gemaakt kan worden in Frankrijk. Ze dragen vaak het label “Entreprises du Patrimoine Vivant” (levend erfgoed), en terecht: ze zijn de hoeders van een vakmanschap dat met de dag verdwijnt. Maar voor hoe lang nog? Veel van deze fabrieken verkeren tegenwoordig in grote moeilijkheden, zoals Velcorex in de Vosges, in het oosten van Frankrijk, of Lemahieu in de regio Nord, in het noorden van Frankrijk12.
En waar komen die 14 miljard aan kledingexport vandaan die soms in de media worden genoemd? Een deel is te danken aan de luxesector, maar voor de rest gaat het vooral om wederuitvoer van kleding: grote Franse merken (Kiabi, Décathlon, enz.) slaan in het buitenland gemaakte kleding op in hun Franse magazijnen en sturen die vervolgens naar hun winkels in het buitenland om ze daar te verkopen. Zoals INSEE (het Franse bureau voor statistiek) aangeeft13, komt 75% van de Franse textielexport eigenlijk uit import.
Met andere woorden: de Franse industrie voor alledaagse kleding is bijna volledig verdwenen… en veel van de overgebleven fabrieken verkeren in grote moeilijkheden. Kortom, we hebben een industrie die nochtans voorziet in een op het eerste gezicht fundamentele behoefte van de bevolking - het zich kleden - vrijwel volledig naar het buitenland verplaatst.
Waarom zijn we onze industrie kwijtgeraakt? Vooral omdat een kledingstuk… slap is.
2. Waarom we geen kledingindustrie meer hebben in Frankrijk
De textielindustrie maakt zachte, buigzame producten, en dat verandert alles. Waarom? Omdat we, als materialen slap zijn, de menselijke hand niet door een robot kunnen vervangen.
Even ter herinnering: om een stof of een kledingstuk te maken, moet je een aantal stappen doorlopen:
Al deze stappen gebeuren natuurlijk met machines. Maar bij de laatste stap, de confectie, is de machine op zijn… bescheidenst:
De grootste machine in een confectieatelier… is de naaimachine.Fotocredits Rio Lecatompessy
Ja, het is de naaimachine, en die heeft een vaardige naaister of naaier nodig om hem te bedienen. In tegenstelling tot stugge metalen of plastic materialen die robots kunnen vastpakken en verplaatsen, kunnen alleen mensen stoffen samenvoegen om ze aan elkaar te naaien. Het is niet dat het niet geprobeerd is: de geschiedenis staat vol met mislukte pogingen om robots te bouwen die het naaiwerk van mensen overnemen. De Japanse staat investeerde er in de jaren 80 zelf al meer dan 100 miljoen dollar in14. Zelfs DARPA (het Amerikaanse agentschap voor defensieonderzoek) investeerde in start-ups die probeerden robots te bouwen om t-shirts te naaien15. Maar telkens weer liepen deze pogingen op niets uit.
Er is geen ontkomen aan: om een kledingstuk te maken, is menselijk werk nodig, vooral bij de confectiestap. Een t-shirt naaien duurt bijvoorbeeld 5 minuten. Voor een spijkerbroek is het bijna onmogelijk om onder de 15 minuten te komen16. Kleding was dus de perfecte kandidaat om te verplaatsen naar het buitenland: het is makkelijk te vervoeren, niet bederfelijk en, omdat er nogal wat handwerk voor nodig is, leverde het een enorm concurrentievoordeel op om de productie te verplaatsen naar landen met heel lage lonen.
Vanaf de jaren 60-70, zodra vrachtschepen het mogelijk maakten om goederen relatief goedkoop te vervoeren, was de textielsector dan ook een van de eersten om zijn productie te verplaatsen. Een trend die je in de meeste westerse landen terugziet.
Ontwikkeling van de werkgelegenheid in de textiel- en kledingsector tussen 1970 en 2000, in verschillende westerse landen17.
Genadeklap: in 2005 (dat is nog niet zo lang geleden!) lopen de Multivezelakkoorden af: deze regeling had een plafond gezet op de import van kleding om de industrieën van westerse landen te beschermen. Daarna schoot de import vanuit Azië omhoog18, en tegenover die concurrentie viel wat er nog over was van de Franse textielindustrie helemaal uiteen.
Zelfs de Franse tv-zender TF1 besteedde er in 2005 aandacht aan in het journaal, dat zegt genoeg!
En de gevolgen zijn ernstiger dan je zou denken.
3. De gevolgen van het verdwijnen van de kledingindustrie
Voordat we het over de gevolgen voor Frankrijk hebben, eerst een open deur: het probleem van het verplaatsen van de productie treft in de eerste plaats de landen waar we die productie naartoe verplaatsen.
We spreken keurig van produceren in “lagelonenlanden”, maar het is de moeite waard om goed te kijken wat dat precies betekent: bedrijven hebben hun productie verplaatst naar landen waar de lonen bij lange na niet genoeg zijn om waardig van te leven. In Bangladesh bijvoorbeeld bedraagt het minimummaandloon, ook al werkt men er 60 uur per week, slechts 38% van het leefbaar loon19, het inkomen dat nodig is om in alle basisbehoeften te voorzien. Concreet betekent dit dus dat de arbeiders en arbeidsters die daar een t-shirt maken, ondanks hun immense werkuren, geen fatsoenlijk onderdak kunnen betalen, niet genoeg te eten hebben of niet de school van hun kinderen kunnen betalen: het is werk waarmee je net kunt overleven, maar niet kunt leven. De arbeidsomstandigheden zijn er zo desastreus dat de bevolking er onlangs zelfs tegen in opstand kwam - protesten die door de regering met geweld werden neergeslagen20.
En dan hebben we het nog niet over het feit dat we met het verplaatsen van de productie ook de vervuiling verplaatst hebben (sterker nog: we hebben haar vergroot, want de milieunormen in die landen zijn vaak minder streng en worden minder goed gehandhaafd dan bij ons). Dat is de afgelopen jaren door meerdere schandalen pijnlijk duidelijk geworden: rivieren die vervuild raakten door ververijen21, de lozing van hormoonverstorende stoffen in het milieu22, te hoge loodgehaltes in kleding23, om er maar een paar te noemen.
Dat is misschien wel het belangrijkste probleem van die verplaatsing: ze beschadigt de mensen en het milieu in de landen die nu produceren. En omdat dat niet bij ons gebeurt, voelen we ons er op het moment dat we onze kleding kopen niet echt bij betrokken. Uit het oog, uit het hart.
Dat gezegd hebbende, en ook al is het een beetje op onszelf gericht, laten we het toch over de gevolgen voor Frankrijk hebben.
A- De sociale problemen: werkloosheid, maar niet alleen dat
In tegenstelling tot dienstverlenende bedrijven, die zich concentreren in de grote steden, hebben fabrieken ruimte nodig en een lagere huur. Ze creëren hun banen dus eerder op het platteland, in kleine en middelgrote steden. Tot in de jaren 70-80, lagen de Franse regio's dan ook bezaaid met fabrieken die gespecialiseerd waren in uiteenlopend vakmanschap : spinnerijen in de regio Nord, in het noorden van Frankrijk, tricotage in de Aube, in het noordoosten, weverijen in de Vosges, in het oosten…
Kaart uit 1956 met de verschillende textielregio's in Frankrijk (in de tijd dat Fransen nog hoeden en ochtendjassen droegen, maar waarschijnlijk niet tegelijk).
Toen de fabrieken sloten, verdwenen de banen en kwamen ze niet meer terug: in de meeste voormalige textiel-industriegebieden (behalve de regio rond Lyon en Roanne) ligt de werkloosheid tot op vandaag hoger dan in de rest van Frankrijk24. Temeer omdat met de sluiting van de fabrieken ook de bakkers, de cafés, de postkantoren - kortom een groot deel van de lokale economie - de deuren sloten.
Roubaix, in het noorden van Frankrijk, de voormalige “stad met de duizend schoorstenen” en ex-hoofdstad van de Franse textielindustrie, kent tegenwoordig een werkloosheid van bijna 30%25
Maar het gaat niet alleen om werkloosheid: er is ook het probleem van de precarisering van de banen. De arbeidsomstandigheden in de textielfabrieken waren vaak zwaar, maar ze leverden wel relatief stabiele banen op (vaste contracten dus) en soms carrièreperspectieven - naast de sociale voordelen die voortkwamen uit bepaalde vormen van industrieel paternalisme26 (onderwijs, huisvesting, medische zorg…). Tegenwoordig zijn de beschikbare beroepen in deze voormalige industriegebieden sterk veranderd, met vaak kortere en onzekerdere contracten27. Industriële banen zijn vervangen door dienstverlenende banen, die minder aanzien hebben, minder betalen en vaak onzekere arbeidsomstandigheden kennen. Zo zien we bijvoorbeeld een sterke toename van banen in logistiek en transport in het noorden en oosten van Frankrijk 28 (kort door de bocht: in plaats van producten in Frankrijk te maken, slaan we op en leveren we producten die uit het buitenland komen), met lage lonen, een groot aandeel uitzendcontracten en zzp'ers, wisselende diensten voor chauffeurs... En zoals in veel plattelandsgebieden met een vergrijzende bevolking werken steeds meer mensen in de zorg en de thuiszorg, met zeer lastige arbeidsomstandigheden (versnipperd werk, zeer lage lonen…)29.
En naast deze precarisering is er ook het verlies van sociale status. In de fabrieken kon je echt waardevol technisch vakmanschap ontwikkelen30. Deze beroepen gaven echte trots en een plaats in de lokale samenleving, zeker omdat de gemaakte kleding en stoffen tastbare, voor iedereen zichtbare producten waren. En dat alles binnen een rijk lokaal leven, gestructureerd door de aanwezigheid van de fabrieken in deze streken: een dicht netwerk van cafés en kroegen, arbeidersvoetbalclubs, volksonderwijsverenigingen opgericht door vakbonden, enzovoort. Benoît Coquard, een socioloog die een langdurig onderzoek uitvoerde31 in de regio Grand Est, in het oosten van Frankrijk, waar veel textielfabrieken gesloten zijn, geeft daar een mooi voorbeeld van: “De industriële activiteit [...] bood een manier om een gemeenschappelijke identiteit te koesteren waar je “trots” op kon zijn. Je was van dit of dat dorp, er waren cafés en kroegen, verenigingen, een fabriek op steenworp afstand.” Tegenwoordig hebben beroepen in de zorg, de thuiszorg of de logistiek, ondanks hun cruciale rol, minder sociaal aanzien: ze zijn minder zichtbaar en geven niet meer diezelfde plek in de lokale samenleving. Al deze problemen hebben uiteindelijk verdeeldheid gezaaid binnen deze streken zelf: mensen zonder werk of die van het ene tijdelijke baantje naar het andere hoppen, worden sterk gestigmatiseerd. Benoît Coquard geeft het voorbeeld van het voetbalteam uit het dorp dat op uitwedstrijd gaat en dat “het dorp van de zielenpoten” wordt genoemd.
Naast de sociale gevolgen is er ook de ecologische kant van het verhaal. We hadden het eerder over lokale vervuiling zoals lozingen in rivieren of de verspreiding van hormoonverstorende stoffen, maar dan zouden we een vorm van vervuiling vergeten die geen grenzen kent: broeikasgassen.
B- De ecologische problemen: vergeet de CO2 niet
Een kledingstuk dat in het buitenland gemaakt wordt, stoot vaak veel meer CO2 uit dan wanneer het in Frankrijk gemaakt zou worden, want de energie die de machines in lagelonenlanden aandrijft, stoot doorgaans veel meer broeikasgassen uit dan in Frankrijk en Europa. Een kledingstuk dat in China wordt gemaakt, waar de elektriciteit vooral uit kolencentrales komt, stoot bijvoorbeeld twee keer zoveel broeikasgassen uit als hetzelfde kledingstuk gemaakt in Frankrijk32.
Maar vooral is er, naast de vervuiling per kledingstuk, het probleem van de toename van het aantal geproduceerde kledingstukken. “Dankzij” de verplaatsing van de productie zijn de prijzen van kleding gedaald en is de kledingconsumptie in Frankrijk sinds het begin van de jaren 80 meer dan verdubbeld33 tot 40 kledingstukken die een Fransman of Française per jaar koopt34.
Ontwikkeling van de prijsindex voor kleding (in de Verenigde Staten): in één generatie tijd is de relatieve prijs van kleding (ten opzichte van andere producten) door drie gedeeld, wat de toename van de consumptie ervan verklaart35.
Maar produceren is vervuilen: de broeikasgasuitstoot van de textielsector is ongeveer even snel gestegen als de productievolumes. Deze toename van het aantal geproduceerde kledingstukken is de belangrijkste reden waarom de textielindustrie er niet in slaagt haar broeikasgasuitstoot te verminderen.
Oké, de deïndustrialisatie van de textielsector was dus catastrofaal vanuit sociaal en ecologisch oogpunt, maar het heeft onze economie toch goed gedaan, of niet?
We zouden tevreden kunnen zijn met het feit dat we een niet zo strategische industrie hebben verplaatst. In tegenstelling tot bijvoorbeeld de voedings- of de farmaceutische industrie is de textielindustrie niet echt essentieel. Als we ons niet meer kunnen voeden, gaan we dood. Als we ons niet meer kunnen verzorgen, gaan we ook dood. Maar bij een ernstige crisis hebben we in onze kledingkasten ruim genoeg kleding om jarenlang mee te overleven, en dan kunnen we die ook nog altijd repareren36. De episode met het mondkapjestekort tijdens de Covid-19-pandemie heeft textielfabrieken misschien een schijn van strategisch belang gegeven. Maar over het algemeen zijn modeproducten, zoals dit rapport van het Haut Commissariat au Plan (het Franse regeringsorgaan voor toekomstverkenning) in herinnering brengt, niet van levensbelang.
Maar in feite geldt: hoewel kleding op zich niet strategisch is, wordt het handelstekort dat ermee gepaard gaat dat uiteindelijk wel.
C- De problemen voor onze economie: het tekort en de bijbehorende risico's
In 2023 hebben we zo veel kleding uit het buitenland geïmporteerd dat de textiel- en kledingsector Frankrijk meer dan 10 miljard euro handelstekort heeft opgeleverd, bijna 20% van het totale tekort van het land buiten energie37.
Als we terugkijken, is het beeld nog somberder, want de textielsector draait al heel lang met een tekort: sinds 1993 heeft Frankrijk alleen al door de kledingsector meer dan 240 miljard euro aan handelstekort opgestapeld38…
En deze steeds terugkerende handelstekorten zijn niet zonder gevolgen: om ze te financieren, moet Frankrijk schulden maken. En na verloop van tijd loopt dat aardig op. In 2023 bedroeg onze netto schuld ten opzichte van de rest van de wereld 793 miljard euro39 : als die blijft stijgen, kan dat solvabiliteitsrisico's voor Frankrijk opleveren en een ernstige financiële crisis veroorzaken40 (we naderen trouwens de alarmdrempel van 35% van het bbp die is vastgelegd in de Europese procedure voor macro-economische onevenwichtigheden). Met zijn opgestapelde tekort van 240 miljard sinds 1993 draagt de kledingsector historisch gezien bijna een derde van die schuld. Kleding is dus op zich geen “vitaal” of “strategisch” product, maar het ontbreken van een kledingindustrie in Frankrijk genereert een schuld die onze economie op termijn bedreigt.
Oké, we snappen het: het verdwijnen van de textielindustrie heeft een hoop sociale, ecologische en economische drama's veroorzaakt… Maar betekent dat automatisch dat de oplossing is om de productie terug naar Frankrijk te halen?
De handelsbalans hoeft immers niet post voor post in evenwicht te zijn. Je zou liever andere economische sectoren “met een hogere toegevoegde waarde” willen herindustrialiseren en de textielsector, die van nature arbeidsintensiever is, overlaten aan de “lagelonenlanden”.
Je zou kunnen denken: we exporteren toch gewoon Rafale-gevechtsvliegtuigen en importeren H&M-t-shirts. Een adviseur van de toenmalige Franse minister van Economie Bruno Le Maire zei trouwens dat “de industriële toekomst niet in kleren zit, maar in het opschuiven naar een hoger segment”41 42.
Moeten we ons er dan maar bij neerleggen dat onze textielindustrie definitief ten dode is opgeschreven?
4. Moeten we de productie van onze kleding terughalen naar Frankrijk?
Om deze vraag te beantwoorden, moeten we terug naar de basis van de industrie: de machines. We hadden het eerder over naaimachines, die veel handwerk vereisen. Maar dat geldt alleen voor de laatste stap in het maken van kleding. Voor de stappen daarvoor gebruikt de textielindustrie veel indrukwekkendere machines. Bijvoorbeeld:
Een rondbreimachine om je t-shirts te breien.
Een machine om stoffen te “sanforiseren” en zo te stabiliseren.
Een spinnerijmachine om katoenen garen te maken (een Zwitserse machine, die kunnen er wat van) (behalve op het voetbalveld).
En jaar na jaar worden deze machines steeds verder verfijnd. Het gevolg: in de eerdere stappen van de kledingproductie wegen de arbeidskosten niet meer zo zwaar ten opzichte van de kosten van grondstoffen, machines en de energie om ze te laten draaien.
Vandaag de dag zijn de kostenverschillen tussen westerse landen en lagelonenlanden in theorie niet meer zo enorm. In een studie uit 201843heeft de federatie van fabrikanten van textielmachines het theoretische kostenverschil berekend van een stof tussen verschillende landen, in het geval de fabrieken over de meest recente machines zouden beschikken. Onder die omstandigheden zou een meter stof gemaakt in China vandaag de dag maar 24% goedkoper zijn dan in Italië. Want zelfs in Italië, waar arbeid duur is, zou die maar een klein deel van de totale kosten uitmaken:
Vergelijking van de theoretische productiekosten voor een stof (exclusief algemene kosten) in 2018: ja, het is duurder om in Italië of Korea te produceren, maar niet zo veel duurder…
In de toekomst zal dat verschil, door de voortdurende verbetering van de machines, de stijgende energiekosten en de oplopende arbeidskosten in sommige opkomende landen, alleen maar kleiner worden.
Onder deze omstandigheden lijkt de textielindustrie vandaag de dag niet zo veel te verschillen van andere sectoren zoals de chemie, de auto-industrie of de luchtvaart: arbeidskosten vormen een deel van de kosten, maar niet het grootste deel. Met overal de beste machines in elke productiestap zou het dus mogelijk moeten zijn om het lagere “prijsconcurrentievermogen” van westerse landen te compenseren met een beter “niet-prijsconcurrentievermogen”: bijvoorbeeld via een betere kwaliteit, een snellere reactiesnelheid, een grotere geografische nabijheid of een betere marktkennis. En dat is nu precies wat Italië heeft weten te doen, dat nog altijd over een zeer solide textielindustrie beschikt voor het maken van stoffen voor kleding.
Zeker, er is nog altijd de laatste confectiestap die veel handwerk vraagt (weet je nog, die met de naaimachines), en die nog altijd voor grote verschillen in prijsconcurrentievermogen kan zorgen. Het naaien van overhemden of broeken kost bijvoorbeeld zo veel tijd dat het heel moeilijk is om in Frankrijk tot acceptabele kosten te komen44. Maar niet alle kledingstukken vragen evenveel confectietijd: truien, sokken of zelfs t-shirts kunnen bijvoorbeeld lokaal gemaakt worden zonder dat de kosten daardoor de pan uit rijzen. En bovenal is het zeker mogelijk om stoffen voor de confectiestap naar het buitenland te sturen, zoals sommige merken al doen, bijvoorbeeld in Portugal (dat doen we bij Loom bijvoorbeeld voor onze chino's ). Vanuit ecologisch oogpunt is dat zinvol: de machines in de eerdere productiestappen verbruiken de meeste energie. Stoffen maken in Frankrijk of Europa, met minder koolstofintensieve energie, helpt om de broeikasgasuitstoot van de textielindustrie te verminderen.
Kortom, het zal die adviseur van Bruno Le Maire niet bevallen, maar denken dat textiel een industrie uit het verleden is die moet verdwijnen, en dat we alleen maar hoeven te “opschuiven naar een hoger segment” om raketten of halfgeleiders te bouwen, is eerder een slecht idee. Al decennia lang wordt ons trouwens verteld dat de Franse industrie zich moet specialiseren in hoogtechnologie om het te redden: we moeten wel vaststellen dat dit een vrij weinig renderende strategie is gebleken. Het is waarschijnlijk illusoir om je te willen specialiseren in industrieën “met een hoge toegevoegde waarde” als je de basisvaardigheden niet beheerst en geen brede industriële cultuur meer hebt. En is het niet een beetje naïef om te denken dat opkomende landen genoegen zullen nemen met het maken van goedkope producten? China en India laten zien dat ze kunnen slagen in de meest geavanceerde technologieën (bijvoorbeeld: luchtvaart of elektrische voertuigen in China, ruimtevaart of halfgeleiders in India).
In werkelijkheid moet Frankrijk ook weer een industrie opbouwen voor massaproducten (niet alleen voor luxeproducten), door voldoende te investeren in automatisering en robotisering. Dat kan in de voedingsindustrie of de auto-industrie, maar ook in de textielindustrie: of het nu gaat om technisch textiel of om de eerdere stappen in de kledingproductie, het is haalbaar. Dat kan helpen om ons handelstekort te verkleinen: in plaats van te willen “opschuiven naar een hoger segment” en producten aan het buitenland te verkopen (zoals vliegtuigen of handtassen), kunnen we ook lokaal maken wat we zelf consumeren.
Maar hoe pak je dat dan aan?
Om de textielsector weer een kans te geven, moeten we vooral eerlijkere spelregels invoeren. We leggen je uit waarom.
5. Hoe geven we de textielindustrie weer een kans?
In de talloze artikelen en rapporten over de herindustrialisering van Frankrijk lees je vaak hetzelfde: we moeten “de blokkades van de bureaucratische doolhof” wegnemen45, “de productiebelastingen verlagen”46, “overheidsopdrachten gericht inzetten”47...
Dat klopt allemaal deels. Maar in de textielsector mogen we de olifant in de kamer niet vergeten: kledingfabrieken in China of Bangladesh produceren tegen zeer lage prijzen, vooral omdat mensen er hongerlonen krijgen, de milieunormen er minder streng zijn, of zelfs helemaal ontbreken, en de fabrieken draaien op goedkope, zeer vervuilende energie (bijvoorbeeld: Russisch gas in China of Bangladesh). Dat alles vertekent de eerder getoonde vergelijking van productiekosten per land: ook al draaien Franse fabrieken met de nieuwste machines, de verschillen in sociale en milieunormen zijn zo groot dat het kostenverschil te groot blijft.
Kortom, er bestaat een “premie op wangedrag”, een concurrentievoordeel voor wie het fout doet.
De premie op wangedrag: een illustratie.
Als we ooit weer een textielindustrie in Frankrijk willen zien opbloeien, moeten we dus eerst de voorwaarden voor eerlijke concurrentie met andere landen herstellen. Idealiter zouden lagelonenlanden sociale en milieunormen invoeren die net zo ambitieus zijn als de onze (of zelfs beter!), maar dat gaat waarschijnlijk heel, heel lang duren... Dus in de tussentijd moeten we de import van kleding die geproduceerd wordt in landen die het sociaal en ecologisch minder nauw nemen, bestraffen - of zelfs verbieden.
Dat is ook een van de conclusies van het recente rapport over herindustrialisering dat Bruno Le Maire liet opstellen door industrie-expert Olivier Lluansi: “Onze industrie [...] lijdt aan een groot concurrentietekort. Niet door haar eigen toedoen, maar door oneerlijke concurrentie met andere continentale grootmachten, Noord-Amerika of Azië. Deze situatie alleen met kostenbesparingen oplossen zou betekenen dat we ons sociale model of onze milieuambities - of allebei - moeten opgeven. Dat is niet acceptabel. Om weer eerlijk te kunnen concurreren, en tegelijk trouw te blijven aan onze waarden, moeten we rechtvaardige regels in de internationale handel herinvoeren.”
Concreet, in termen van regelgeving, wat zou dat dan betekenen? Alles moet nog bedacht worden, maar hier alvast een paar voorbeelden:
Het toepassingsgebied verruimen van de Franse zorgplichtwet, die multinationals financieel bestraft wanneer ze mensenrechten en het milieu schenden. Op basis van deze wet hebben ngo's in Frankrijk een klacht ingediend tegen bepaalde merken die katoen gebruikten dat door Oeigoeren werd geoogst, onder omstandigheden die dicht bij slavernij komen. Zouden we het toepassingsgebied van deze wet niet moeten verruimen om ook merken te raken die produceren in fabrieken waar de betaalde lonen te ver afstaan van het leefbaar loon?
Strengere toegangsnormen voor de Europese markt dan vandaag. De REACH-normen maken het al mogelijk om de import te verbieden van kleding die bepaalde chemische stoffen bevat. Maar zouden we deze normen niet kunnen uitbreiden door de introductie op de Europese markt te verbieden van kleding waarvan de productie het meest vervuilend is (of het meest “uitbuitend”)? Dat is het doel van de toekomstige Europese ESPR-verordening over ecologisch ontwerp van producten, al moet die dan nog wel ambitieus genoeg zijn…
Een “bonus-malussysteem” op basis van het verschil tussen minimumloon en leefbaar loon, een soort “mechanisme voor sociale grenscorrectie”. Voorbeeld: als een merk produceert in een fabriek waar het loon slechts 30% van het leefbaar loon bedraagt, zou het merk een malus moeten betalen om de resterende 70% te dekken. Deze malus zou worden doorgesluisd naar merken die produceren in fabrieken met betere sociale omstandigheden. En dat zou een einde maken aan de druk die merken uitoefenen om de lonen laag te houden.
Een ecologisch “bonus-malussysteem”, om kleding die het minst duurzaam is financieel te bestraffen en kleding die het meest ecologisch is te bevoordelen, op basis van de milieu-impactscore van kleding (die de impact van kleding beoordeelt op vlak van CO2-uitstoot, toxiciteit, waterverontreiniging, enz.). Maar eigenlijk... weet je wat? Deze wet bestaat al en werd afgelopen maart zelfs unaniem aangenomen door de Nationale Vergadering! Het probleem: om aangenomen te worden, moest deze wet ook nog door de Senaat worden gestemd... en ondertussen werd de Nationale Vergadering ontbonden. Deze wet dreigt dus in de vergetelheid te raken, maar met de beweging En Mode Climatproberen we ervoor te strijden dat ze weer boven water komt.
Resultaten van de stemming over de wet met het ecologische bonus-malussysteem voor kleding in de Nationale Vergadering: voor één keer waren de parlementsleden het ergens over eens…
Zou dit soort regelgeving op zich volstaan om een kledingindustrie in Frankrijk te doen herleven? Nee. Het is een absoluut noodzakelijke voorwaarde om onze kledingindustrie concurrerender te maken, maar het zal helaas niet genoeg zijn.
Als een bos bijna helemaal is gekapt, groeit het niet van de ene op de andere dag weer aan. Om te herleven, heeft de kledingindustrie ook goed opgeleide arbeiders en arbeidsters nodig, ondernemers die fabrieken oprichten of overnemen, ambtenaren die overheidsopdrachten sturen, merken die meespelen door made in France te kopen, terreinen die door gemeenten beschikbaar worden gesteld om fabrieken te vestigen, enzovoort. We zullen ook veranderingen in onze consumptiecultuur nodig hebben: want zelfs met de nieuwste machines en geharmoniseerde sociale en milieunormen zal een kledingstuk maken in Frankrijk duurder blijven dan in Bangladesh. We zullen dus soberder moeten worden, minder kleding moeten kopen en die vaker moeten repareren.
Dat zal jaren kosten, waarschijnlijk zelfs decennia. Om dat voor elkaar te krijgen, moeten zo veel mogelijk mensen dezelfde visie delen: het is zeer wenselijk, maar ook heel goed mogelijk om de kleding die we dragen, weer bij ons te maken. Frankrijk kan opnieuw leren om zichzelf te kleden, en het heeft er alle belang bij om dat te doen. Waar wachten we nog op?
Illustratiecredit: Matthieu Lemarchal @tamieuh En dank aan alle proeflezers en proeflezeressen van dit artikel: Olivier Lluansi, Anaïs Voy-Gillis, Antoine Camous, Karine Renouil Tiberghien, Flore Berlingen, Pierre Condamine, Maxime Froissant.
Wie zijn wij om dat te zeggen?
Je bent op La Mode à l’Envers, een blog van het kledingmerk Loom. Het gaat niet best met de textielindustrie, en de planeet betaalt het gelag. Dus alles wat we over de branche te weten komen, proberen we je hier uit te leggen. Want duurzame kleding maken is goed, maar dingen blootleggen, delen en anderen inspireren heeft nog veel meer impact.
Maken we bij Loom trouwens zelf kleding in Frankrijk? Ja, een paar! In ieder geval voor de stukken waarvoor we acceptabele prijzen kunnen aanbieden, zelfs met de Franse arbeidskosten, dat wil zeggen: - Stukken waar relatief weinig handwerk in zit: sokken, mutsen, sjaals, riemen, bepaalde truien, bepaalde onderhoudsproducten. - Stukken waarop andere merken van oudsher een hele grote marge hanteren, en waarop we dus competitief blijven met made in France door onze eigen marge te verlagen: zonnebrillen. - Stukken waarvan de stoffen in Frankrijk gemaakt worden en die vervolgens in Portugal in elkaar worden gezet: chino's, jasjes, overhemdjacks van velours, zwemshorts. - Ten slotte hebben we bepaalde producten die gedeeltelijk gemaakt zijn met Frans linnen, de enige textielgrondstof die we lokaal produceren (samen met wol): hemd van katoen-linnen, hemd met officierskraag.
Het doel is natuurlijk om er steeds meer van te kunnen aanbieden. Maar om dat voor elkaar te krijgen, hebben we de nieuwe regelgeving nodig die we hierboven in het artikel noemden! Trouwens, we maken nooit reclame: vind je wat we schrijven leuk en wil je meer? Klik dan hier om je in te schrijven voor onze nieuwsbrief. Beloofd: we mailen je hooguit één keer per maand.
Noten
1 : Bron FIMIF. Schatting bevestigd door deze studie van DEFI IFM in 2024. 2 : Terwijl we in de jaren 60 nog vrijwel al onze kleding in Frankrijk maakten (de douanestatistieken laten destijds zeer weinig kledingimport zien). 3 : Ouest France 2020 4 : Les Echos 2024 5 : Fashion Network 2024 6 : Cijfers van URSSAF (de Franse instantie die sociale premies int) voor de textiel-APE-codes (bron). Soms lees je ook het cijfer van 60.000 banen voor de textiel- en kledingindustrie in Frankrijk (exclusief leer). Dat komt niet precies overeen met wat we hier vinden met de cijfers van URSSAF (36.000 + 31.000 = 67.000 banen). Dit cijfer komt uit een berekening van het OPCO (het Franse opleidingsfonds), waarvan de afbakening niet helemaal hetzelfde is: het combineert alle APE-codes met de identificaties uit de cao's voor de textielsector. Dat is dus preciezer, maar het levert niet de uitsplitsing textiel/confectie die we hier nodig hadden voor de onderbouwing. 7 : Bron URSSAF 8 : 64% van de in Frankrijk gemaakte lederwaren zijn handtassen (bron INSEE). 9 : Le Monde 2019 10 : Verderop hebben we het over de 50 fabrieken die aan alledaagse kleding werken. Als we uitgaan van 200 mensen per fabriek, wat al erg optimistisch is, komt dat neer op 10.000 werknemers. 11 : 8000 fabrieken volgens dit rapport. 12 : Bronnen Fashion Network en La Voix du Nord. 13 : Rapport INSEE Made in France. 14 : Bron: Textile et vêtement : Faire face aux mutations, rapport van de OESO, 2005. 15 : Why Robots Can't Sew Your T-Shirt, Harris Quinn voor Wired 16 : What is SMV in garments industry, Textile Scholars. 17 : Textile et vêtement : Faire face aux mutations, rapport van de OESO, 2005. 18 : UE : hausse de 15 % des importations d’habillement de Chine en janvier-février, Fashion Network (23/05/2006) 19 : Bron: The industry we want 20 : Bron: France 24 21 : Asian rivers are turning black. And our colorful closets are to blame, CNN 2020. 22 : Les Dessous Toxiques de la Mode, Greenpeace 2012. 23 : Reportage van Martin Weill “Victimes de la Mode”, TMC 2022: gemeten loodgehalte 4 keer hoger dan de REACH-normen in een Shein-kledingstuk dat in Frankrijk werd geïmporteerd. 24 : Werkloosheidscijfer 3e kwartaal 2021 volgens INSEE : 10,0% in de regio Nord, 10,2% in de Aube, 8,5% in de Vosges tegenover 7,9% in continentaal Frankrijk. 25 : Bron INSEE 2020: 29,7% werkloosheid onder de 15-64-jarigen in Roubaix. En met de sluiting van Camaïeu, dat er zijn hoofdkantoor had, blijft het noodlot de stad achtervolgen - meer dan ooit slachtoffer van de goedkope textielindustrie. 26 : Bijvoorbeeld bij Boussac textile : oprichting van scholen, opening van kinderdagverblijven in de buurt van de fabrieken, bouw van woningen en zelfs huishoudscholen en leerlingscholen. 27 : “In 2017 had 44% van de werknemers in de industrie een vast contract, tegenover 28% in de dienstensector. De industriële sector geeft de middenklasse zo banen die zowel beter betaald als stabieler zijn” Bron: Désindustrialisation (accélérée) : le rôle des politiques macroéconomiques, François Geerolf en Thomas Grjebine. 28 : Revue DARES 2020 Travail et Emploi : “Gezien de vereisten op het gebied van arbeidskrachten worden gebieden [...] met industriële neergang bij voorrang geviseerd, waarbij logistiek zo een bevoorrechte ontwikkelingsas wordt voor de revitalisering van de zogenaamde getroffen gebieden. In het noorden van Frankrijk, in het grensgebied in het oosten, in de grote Parijse agglomeratie of het Rhônebekken zijn zo arbeidersbekkens ontstaan met een sterke logistieke component. 29 : « Faire du domicile » à la campagne : identités professionnelles des aides à domicile pour personnes âgées dans les mondes ruraux, 2023. 30 : Professionnels du textile : se construire une conscience fière, Françoise Faye, 2005. 31 : Benoît Coquard, Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin (La Découverte, 2019). 32 : Assessment of Carbon Footprint for the Textile Sector in France, Cycleco, februari 2021: 20,90 kilo CO2eq per kilo textiel volledig gemaakt in Frankrijk tegenover 43,43 kg in China. 33 : In 1984 bedroeg de kledingconsumptie in Frankrijk 1,3 miljard stuks, dus 23 kledingstukken per Fransman/Française. Bron: INSEE-enquête 1984 onder 7500 huishoudens. Vandaag de dag is dat 2,7 miljard kledingstukken, volgens de eco-organisatie Refashion. 34 : Bron: Jaarverslag Refashion 2022. 3,3 miljard * 83% kledingstukken / 67,8 miljoen inwoners * 99% = 40 kledingstukken per inwoner. Als je schoenen en huishoudtextiel meetelt, kom je op bijna 50 textielstukken per Fransman. 35 : Bron Fred Economic Data. 36 : Trouwens, het repareren van kleding werd door regeringen in oorlogvoerende landen sterk aangemoedigd, zie de campagne Make Do and Mend in het Verenigd Koninkrijk tijdens de Tweede Wereldoorlog 37 : Cumulatief tekort textiel + kleding sinds 1993 volgens de Franse douane (exclusief leer) (bron). 38 : Bronnen Franse douane, berekeningen op basis van dit document. 39 : Onze handelstekorten dragen bij aan het uitdiepen van onze lopende-rekeningtekorten (die onder meer de handel in diensten meetellen). En na verloop van tijd creëert dat een buitenlandse schuld, technisch de “netto externe positie” van Frankrijk genoemd. Dat die negatief is, betekent dat buitenlanders meer bezittingen in Frankrijk hebben dan Franse ingezetenen bezittingen in het buitenland hebben. Meer informatie op de website van de Banque de France. 40 : “De externe positie maakt het mogelijk om voor een land het risico in te schatten op een financiële crisis op korte termijn (plotselinge liquiditeitskrapte) of op lange termijn (insolventierisico), in overeenstemming met de analysemethoden die internationale organisaties doorgaans hanteren". Bron: La position extérieure : éléments de mesure et utilité pour la politique monétaire et la stabilité financière, Banque de France, 2003. 41 : Marine Le Pen et Eric Zemmour esquissent leurs propositions économiques au salon du Made in France, Ivanne Trippenbach voor Le Monde (15/11/2021). 42 : Deze overtuiging dat het opschuiven naar een hoger segment de juiste weg is, sluit aan bij het standpunt van het Gallois-rapport uit 2012, “Pacte pour la compétitivité de l’industrie française”, waarvan het tweede deel “Une ambition industrielle, la montée en gamme” heet. 43 : Bron IPCC 2018 44 : Om een idee te geven: een overhemd kost ongeveer 30 minuten naaitijd, en aangezien het uurloon voor arbeid in Frankrijk bijna 40 euro bedraagt, komt dat neer op 20€ productiekosten alleen al voor de Franse arbeid. Als je de klassieke merk-multiplier toepast (x5), kom je dus op 100€ alleen al voor deze stap.45 : Réindustrialisation : pourquoi la France a tout pour réussir ? Augustin de Romanet voor Le Cercle des Economistes (27/11/2023) 46 : Bruno Le Maire: «Baisser les impôts de production est une des conditions pour réindustrialiser la France», L'Opinion (07/10/2022) 47 : La réindustrialisation de la France d'ici 2035 s'annonce comme une guérilla plus qu'une «Blitskrieg», Solène Davesne voor L'Usine Nouvelle (08/06/2024)
Dit artikel is oorspronkelijk in het Frans geschreven (onze moedertaal). Excuses bij voorbaat als sommige zinnen wat stroef lopen. Mail ons gerust op hello@loom.fr om ons te helpen deze vertalingen te verbeteren.
Dans cet article, on vous raconte comment nos désillusions sur la “patine” des jeans bruts nous ont amenés à développer un jean qui ne délave pas. Attention, cette histoire va vous faire presque autant voyager qu’un jean de fast fashion : on vous emmène depuis Hollywood jusqu’à Shanghai, puis depuis l’Italie jusqu’à l’Égypte.
Bien qu’il ait la particularité de délaver, le jean est le pantalon le plus vendu au monde.
Si on aime tellement cette esthétique du denim qui change de couleur au fil du temps et des portés, c’est sans doute parce que Levi’s et Hollywood nous la vendent depuis bientôt 80 ans.
Le rêve américain version blue jeans
Et c’est vrai que ça peut être très beau un jean délavé : les marques de décoloration racontent l’histoire de la personne qui le porte.
Un jean de la marque Bonnegueule qui a joliment patiné (tiré de cet article de vrai denim head)
On peut dire que c’est un vêtement qui patine : on voit son vieillissement et on le trouve encore plus beau comme ça.
Sauf que, dans la vraie vie, la décoloration des jeans peut être moins glamour. Voici le genre de problèmes qu’on reçoit nous, au SAV chez Loom.
Problème n°1 : les marbrures. Si le jean est lavé sur l’endroit et/ou que la machine est très chargée, le tissu reste plié aux mêmes endroits et frotte contre le tambour : il en ressort avec de vilaines traces claires.
Problème n°2 : la marque du téléphone. Problemo classico de l’époque moderne quand il reste toute la journée dans la poche.
Problème n°3 : les décolorations des “vélotaffeurs”. Pour ceux qui pédalent beaucoup, c’est les frottements contre la selle qui font une décoloration localisée dans une zone… pas évidente à assumer.
Problème n°4 : les genoux. Décolorations symptomatiques des jeunes parents et des gens qui travaillent dans le bâtiment (deux activités qui impliquent d’être pas mal à genoux).
Difficile de parler de patine qui embellit le vêtement dans ces cas : en général, nos clients et clientes sont dégoûtés parce qu’ils trouvent que leur jean est devenu moche et/ou ne peut plus être porté dans un contexte un peu formel.
Pour être tout à fait honnête, on aurait pu le prédire (lol). Avant de construire notre premier jean il y a quelques années, on avait fait un petit sondage. Et à la question “c’est quoi le problème avec vos jeans ?”, environ 20% des répondants avaient déjà évoqué les problèmes de décoloration : “la teinture ne tient pas bien”, “la couleur part trop vite”, “le tissu se décolore”, etc.
À l’époque, comme on était encore bercés par le mythe du jean qui patine (et qu’on n’avait pas encore reçu toutes les photos ci-dessus), on ne l’avait pas vraiment considéré comme un problème à résoudre. 6 ans plus tard, on a décidé de lancer (aussi) un jean qui ne décolore pas.
Mais avant de vous expliquer comment on a fait, on doit faire un petit détour par la technique et vous expliquer pourquoi les jeans décolorent contrairement aux autres pantalons (eh oui : vous avez sûrement remarqué que la couleur tient beaucoup mieux sur vos chinos que sur vos jeans).
Colorant indigo vs. colorants réactifs
D’abord, une petite explication technique. Un jean (bleu) c’est un tissu avec des fils verticaux bleus (la “chaîne”) et horizontaux blancs (la “trame”).
Ces fils bleus sont teints avec un colorant un peu spécial : l’indigo, qui a la particularité de ne pas pouvoir se lier chimiquement avec la cellulose du coton. Pour une teinturerie, c’est donc très difficile de faire pénétrer ce colorant jusqu’au cœur du fil. Ça demanderait des bains beaucoup plus longs et concentrés, bien trop chers en termes industriels. Les fils bleus ne sont donc teints qu’en surface.
Si on faisait une coupe d'un fil bleu de jean, voilà ce qu'on verrait.
Alors pourquoi un jean délave ?
D’abord, les frottements lors des lavages et des portés finissent par laisser apparaître le coeur blanc à l’intérieur des fils.
En plus, avec les lavages, le colorant indigo migre des fils bleus vers les fils blancs, qui prennent une teinte légèrement bleutée.
C’est ça, le mécanisme derrière la “patine”. Ce n'était pas forcément voulu à la base : c’est surtout une conséquence des caractéristiques techniques de l’indigo.
À gauche : un denim ‘brut’, non lavé. On voit qu’il y a des fils très bleus et des fils très blancs qui s'entrecroisent. À droite : un denim délavé. On ne distingue plus vraiment le fil blanc du fil bleu.
Donc nous, si on veut un jean qui ne décolore pas avec le temps, il faut qu’on choisisse un colorant qui se lie chimiquement à la cellulose du coton pour pénétrer jusqu’au cœur du fil. Bonne nouvelle, ça existe depuis les années 50 : ce sont les colorants dits réactifs. Et ils sont utilisés sur la plupart des tissus en coton aujourd’hui.
Sauf, bien sûr, sur les jeans. Peut-être parce que l’esthétique hollywoodienne des jeans délavés a trop pénétré les esprits ? Peut-être parce que les usines de teinture d’indigo ont demandé beaucoup d’investissements et qu’on veut les rentabiliser ? Peut-être parce que les colorants réactifs sont légèrement plus chers que l’indigo ? C’est probablement un mélange de toutes ces raisons.
Du coup, pas évident pour nous de développer un jean teint avec des colorants réactifs : il fallait qu’on trouve un tisseur de jeans capable de teindre avec ces colorants alors qu’ils sont tous spécialisés dans la teinture indigo.
Heureusement, on a eu un petit coup de pouce, venu de loin : celui des consommateurs chinois.
La Chine, le pays des vêtements qui ne décolorent pas
Si l’esthétique hollywoodienne des jeans patinés et délavés a profondément marqué les consommateurs occidentaux, c’est beaucoup moins vrai en Chine. Au contraire : les Chinois se méfient des tissus qui déteignent. Et l’histoire du pays aide à comprendre pourquoi.
Dans les années 30, l’entreprise de chimie allemande IG Farben cherche des débouchés pour un colorant bleu très solide dit “indanthrène” : elle fait alors des campagnes de pub massives pour pousser son adoption en Chine. À Shanghai, la robe de coton bleu devient alors l’uniforme des étudiantes et des femmes modernes, et le tissu bleu indanthrène qui ne déteint pas devient presque le “tissu national”.
Pub des années 30 pour les tissus teints avec le colorant indanthrène. À droite, il est écrit “pourquoi est-elle si joyeuse ?”. La réponse est à gauche : parce que sa robe “ne passe pas, même en plein soleil”.
Ça ne s’arrête pas avec l’arrivée du communisme, au contraire. Dans les années 50, l’industrie textile est mise sous tutelle de l'État, qui impose des contraintes fortes aux usines pour éviter les pénuries. Par exemple, à la fin des années 50, les teintureries généralisent la teinture des tissus à cœur pour faire disparaître le “défaut du cœur blanc qui existait depuis longtemps” (exactement le phénomène qui fait la patine des jeans). Une obsession qui se lit jusque dans les affiches de propagande.
Affiche de 1972. Son titre : “La couleur ne passera jamais”
Cette exigence pour la solidité des couleurs n’a pas disparu avec l’ouverture au capitalisme : depuis 2003, une norme chinoise interdit même la vente de vêtements qui décolorent trop avec les frottements. Autrement dit, un jean avec un beau tissu japonais, qui bleuit un peu les doigts ou le canapé, serait probablement interdit à la vente en Chine.
Ces dernières années, l’absence de décoloration est même devenue un argument de vente pour les marques de jeans chinoises. Sur les sites Taobao ou JD (les Amazon chinois), on lit souvent des promesses pour les jeans du type bù yì tuì sè (“ne passe pas facilement”) ou encore bù diào sè (“ne déteint pas”).
Une fiche produit typique de jean sur le site JD.com. Pour les (rares) non-bilingues qui nous lisent, ça dit que c’est un denim haut de gamme qui ne déteint pas facilement grâce à une teinture réactive.
Notre premier prototype
Pourquoi on vous raconte tout ça ? Parce qu’il y a un an, l’usine italienne Candiani (notre principal fournisseur de tissus denim) a lancé un tissu de jean “stay blue”, c’est-à-dire teint avec des colorants réactifs pour… le marché asiatique.
Quand on l’a appris, on leur a tout de suite demandé quelques mètres de ce tissu pour faire monter un prototype. Et le résultat nous a ravi.
D’abord, la couleur est très belle, et elle fait très “jean”. Et ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, car il n’existe pas de colorant réactif qui reproduise exactement le même spectre lumineux que l’indigo. Ce dernier est un bleu sombre légèrement violacé (le fameux “red cast” que cherchent les amateurs de denim). Il faut donc créer un mélange de colorants réactifs qui s’approchera le plus possible de l’indigo, avec notamment un peu de colorant rouge pour reproduire ses reflets typiques. Avec en plus une contrainte : trouver des colorants réactifs qui ont tous à peu près la même solidité au lavage ou à la lumière, pour que la couleur du jean ne "vire" pas avec fil du temps.
Ensuite le tissu aussi est beau : ses fils comportent des “slubs”, c'est-à-dire de légers épaississements par endroits qui lui donnent de la texture et du caractère.
Maintenant, reste à savoir comment ce jean va tenir dans la durée : est-ce que le brut restera bien brut ? Est-ce qu’il n’y a pas d’autres problèmes qu’on n’a pas anticipés ?
Pour répondre à ces questions, le juge de paix, c’est de beaucoup porter et laver le vêtement. Et ça, on a l’habitude de le faire chez Loom.
Suivi des vêtements qu’on teste “au porté”. Ou pourquoi Guillaume n’achète jamais de vêtements.
Résultat : après des mois à le porter souvent et le laver n’importe comment (à 60°C, sur l’endroit, avec une machine remplie – cascade à ne pas reproduire chez vous) :
À gauche notre jean “stay blue” neuf, à droite le même jean, mais porté et lavé pendant 10 mois par Guillaume.
La tenue de la couleur, et en général la qualité du jean, sont bluffantes. On décide donc de lancer la fabrication. Hélas, la vie n’est pas un long fleuve tranquille.
L’heure du compromis
Quand on a écrit à Candiani pour passer commande du tissu, coup dur : ils nous annoncent que leur partenaire italien qui faisait la teinture réactive a fermé. En plus, la période est compliquée pour les usines italiennes et le prix de la teinture a beaucoup augmenté : ils envisagent d'arrêter de produire ce tissu de jean “stay blue”.
On leur écrit un mail pour les supplier de continuer à le proposer, en leur expliquant qu’on penserait sûrement en vendre un paquet et que notre jean pourrait peut-être même donner envie à d’autres marques de développer aussi un jean stay blue avec leur tissu. Ils nous répondent alors que la seule manière de continuer à proposer ce tissu, c’est d’aller le produire dans une grosse usine qui sait faire du denim teint en réactif… en Egypte. Cette grosse usine a l'avantage d'être plus solide financièrement : elle ne risque pas de mettre la clef sous la porte dans les prochains mois.
Pour nous, il y a un premier deuil à faire : bien sûr, la confection de notre jean sera toujours faite au Portugal mais cette impossibilité de faire tisser et teindre notre denim en Europe est un signal inquiétant pour l’avenir de l’industrie de notre continent.
Autre renoncement : le coton. Sur cette première production, le tissu ne sera pas fait avec du coton bio certifié GOTS mais avec du coton dit “régénératif”, une certification un peu bullshit. Si vous trouvez que ça n’est pas si grave, vous pouvez lire ou relire cet article : la question du coton bio n’est pas un détail en termes d’impact sur l’environnement et la santé.
Malgré tout, on a décidé de passer commande du tissu. D’abord, le renoncement au coton bio est, on espère, seulement temporaire : si nos jeans se vendent bien et que le tissu tient ses promesses, on pourra commander de plus grosses quantités de tissu et atteindre les minimums de production pour passer au coton bio. Et en ce qui concerne la production en Égypte, on doit être lucide : la fermeture des usines européennes comme cette teinturerie italienne est une lame de fond qu’on ne pourra pas freiner avec nos seules commandes. Et qui sait, peut-être qu’un jour, si le “stay blue” se démocratise en France, Candiani décidera de réimplanter une unité de teinture réactive en Italie.
À quoi ressemble notre premier jean “stay blue”
Pour cette première production de denim “stay blue”, on lance une nouvelle coupe dans le vestiaire homme : le jean large.
C’est une coupe plus ample que notre jean droit, mais pas baggy non plus (et assez stylée si vous voulez notre avis absolument pas biaisé).
Et c’est surtout une coupe qui marche très bien avec ce tissu stay blue 100% coton (sans élasthanne) et épais (14 ¾ oz) : pas besoin d'élasthanne ou d’un tissu léger s’il y a suffisamment de place pour les jambes. Disponible uniquement en coloris brut (puisque c’est principalement cette couleur qui pose des problèmes de décoloration).
Attention, on ne veut pas vous faire de surpromesse : aucun colorant n’est éternel. Les lavages, les UV, les frottements attaquent la teinture. Dans cinq ans, le jean ne sera probablement pas aussi bleu qu'au premier jour (et vous ne serez probablement jamais aussi beau que Brad Pitt, même si votre jean est plus bleu que le sien). Mais vous pourrez toujours le reteindre (le jean, pas Brad) pour une dizaine d’euros (notre tuto ici).
Et la suite ?
On attend d’avoir les retours des acheteurs de ce jean large, après plusieurs mois (voire années ?) de portés. Si tout se passe bien, on pourra rajouter la couleur “stay blue” à la gamme de notre jean droit (à la place du brut), voire de notre jean large femme (il arrive bientôt) et passer ce tissu en coton bio. Bref, maintenant on attend et on vous écoute.
On entend parfois parler de "pigments" indigo mais en fait, c'est bien un "colorant" car il passe par une phase soluble dans le bain avant d'être piégé dans la fibre.
Ces colorants se lient à la cellulose du coton par une liaison dite "covalente" très résistante
Notamment parce qu'il y a plus de pertes en colorants réactifs (alors qu'un bain d'indigo peut se réutiliser à l'infini) et parce que le rinçage des bains de colorants réactifs demande beaucoup d'eau chaude.
C'est décrit dans cet article de Sina News de 2017, « Qipao fengyun : Minguo shiqi zui shou nüxing huanying de fushi » [Le charme du qipao : le vêtement le plus apprécié des femmes à l’époque républicaine], https://k.sina.cn/article_2810373291_a782e4ab0340053l9.html (en chinois)
Ca vient des annales de l’industrie textile de Shanghai, partie III « Procédés et équipements », chap. 2 « Impression-teinture », sect. 2 « Teinture », Bureau des annales locales de Shanghai. http://www.shtong.gov.cn/dfz_web/DFZ/Info?idnode=56768&tableName=userobject1a&id=49888 (en chinois)
Norme chinoise GB 18401 : c'est une norme nationale obligatoire de sécurité des textiles, qui classe tout vêtement en catégories A (bébés), B (contact peau), C (sans contact). Un jean est en B et doit tenir ≥ 3/5 aux solidités à l’eau, à la transpiration acide et alcaline et au frottement à sec.
Le tissage et la filature aussi sont délocalisée là-bas, seule la finition reste en Italie.
Les minimums de commande pour un tissu en coton bio sont très élevés, ce qui serait un trop gros pari pour nous : si on commande des milliers de jeans avec cette matière et qu’ils ne se vendent pas, ça peut nous faire mettre la clef sous la porte.
Elle n’interdit pas les pesticides de synthèse mais demande seulement une trajectoire d’amélioration
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